La guerre en Ukraine n'y est absolument pour rien. Pour autant, les dépenses de défense des 26 pays européens membres de l'Agence européenne de défense (AED) ont dépassé en 2021 pour la première fois la barre des 200 milliards d'euros. Elles ont atteint très précisément 214 milliards d'euros de dépenses, selon le rapport annuel de l'AED de 2021, qui arrive... fin 2022. C'est une croissance de 6% par rapport aux dépenses enregistrées en 2020, soit le taux de croissance annuel le plus élevé depuis le rebond amorcé en 2015 après un point très bas en 2014 (163 milliards). C'est donc la septième hausse consécutive des dépenses de défense.
En dépit de cette nouvelle hausse, les dépenses de défense augmentent moins vite que la croissance du PIB en Europe. Elles correspondent toujours à 1,5 % du PIB des 26 États membres de l'AED. Soit le même qu'en 2020 (1,4% en 2019) mais loin derrière les États-Unis (3,5%) et la Russie (3,7%), la Chine étant proche des pays européens (1,6%). Les États-Unis étaient de loin le pays qui a le plus dépensé en matière de défense en 2021 (686 milliards d'euros), suivis par la Chine (241 milliards d'euros), les 26 États membres de l'AED (214 milliards d'euros) et, enfin, la Russie (56 milliards d'euros).
Les États membres de l'AED auraient « encore besoin de dépenser 68 milliards d'euros supplémentaires pour atteindre la ligne directrice consistant à consacrer 2 % du PIB à la défense », a écrit l'AED dans son rapport. La Finlande, la Grèce et la Slovénie sont les trois pays qui ont le plus augmenté leurs dépenses de défense, respectivement de 42%, de 33% et de 27%. L'Italie a quant à elle investi quatre milliards d'euros de plus dans son outil de défense. En 2021, 18 États membres de l'AED ont augmenté leurs dépenses de défense, dont six d'au moins 10 % alors que huit autres les ont baissées (15% pour la plus forte réduction).