Défense, sécurité, espace : les trois clés de la résilience de Thales en 2020

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Thales a été contraint de faire une pause dans sa folle croissance lors de ces dernières années, crise du Covid-19 oblige.
Thales a été contraint de faire une pause dans sa folle croissance lors de ces dernières années, crise du Covid-19 oblige. (Crédits : PHILIPPE WOJAZER)
Les activités de défense de Thales ont très bien résisté à la crise du Covid-19. Avec 9,92 milliards d'euros, les prises de commandes dans le secteur Défense & Sécurité atteignent "un nouveau record historique".

Pour beaucoup d'industriels duaux, 2020 est l'année où les activités de défense ont été un formidable antidote à la crise brutale et violente qui a secoué le secteur aéronautique civil. Et Thales a pu apprécier à nouveau tout le charme de ses activités de défense, qui lui ont permis de passer sans trop de casse le cap de 2020, année maléfique pour tant d'entreprises. C'est également le cas du du secteur Identité & Sécurité numériques, qui a enregistré des commandes en hausse de 18% l'année dernière, et, à un degré moindre, le spatial, qui a apporté de très belles satisfactions commerciales à Patrice Caine, qui a toujours défendu cette activité comme cœur de métier au sein de son groupe.

Pour autant, Thales a été contraint de faire une pause dans sa folle croissance lors de ces dernières années, crise du Covid-19 oblige. Ainsi les prises de commandes sont en légère baisse de 3% à 18,5 milliards d'euros. Mais le book-to-bill (ratio commandes sur chiffre d'affaires) est supérieur à un (1,09). Le chiffre d'affaires a quant à lui reculé de 7,7 % à 17 milliards d'euros. En revanche, l'EBIT a pris une bonne claque, en chute de 33% à 1,35 milliard d'euros. Tout comme le résultat net ajusté en baisse de 33%, à 937 millions d'euros.

Un carnet de commande historique

Fin décembre, le carnet de commandes consolidé, bien alimenté par les commande de 2020, a atteint 34,4 milliards d'euros. "Un record historique", qui va permettre à Thales de retrouver rapidement une dynamique de croissance rentable. Avec 9,92 milliards d'euros, les prises de commandes dans le secteur Défense & Sécurité atteignent là aussi "un nouveau record historique". Le ratio de book-to-bill dans cette activité atteint 1,23 contre 1,20 en 2019 et 1,09 en 2018. "Ce niveau élevé s'explique par l'enregistrement de 14 contrats de plus de 100 millions d'euros, dont un contrat majeur, d'une valeur supérieure à 1,5 milliard d'euros,en Allemagne : le projet MKS180". Ce contrat est l'un des plus importants jamais signés par Thales. Le carnet de commande de la défense atteint ainsi 23,2 milliards d'euros, soit 2,9 années de chiffre d'affaires.

A 3 milliards d'euros (contre 2,57 milliards en 2019), les prises de commandes du secteur Identité & Sécurité numériques dépassent très légèrement le chiffre d'affaires. Enfin, Thales Alenia Space (TAS) a enregistré de nombreux succès commerciaux dans les domaines de l'observation de la terre et de l'exploration spatiale même si les prises de commandes spatiales s'inscrivent en baisse sur l'année (- 5 %). TAS a obtenu la construction de deux satellites de télécoms pour l'opérateur luxembourgeois SES. La filiale commune Thales et Leonardo a signé le contrat de développement de Space Rider, le futur système européen de transport spatial non habité, autonome et réutilisable. Enfin, TAS a engrangé des travaux complémentaires sur la mission Exomars 2020 et sur le segment sol et le centre de sécurité de la constellation Galileo.

Par zones géographiques, les prises de commandes dans les marchés émergents ont plongé à 3.56 milliards d'euros, en baisse de 32%. En revanche, les prises de commandes dans les marchés matures se maintiennent à un niveau élevé (14,9 milliards) ont légèrement progressé (+ 3 %). Elles ont notamment été tirées par 12 grands contrats militaires dans cinq pays (France, Allemagne, Etats-Unis, Australie et Grande-Bretagne).

Retour du dividende

Thales a affiché pour 2020 un EBIT de 1,35 milliards d'euros, soit 8 % du chiffre d'affaires, contre 2 milliards (10,9 % du chiffre d'affaires) en 2019. Un EBIT plombé par le secteur Aérospatial qui a enregistré un EBIT négatif de 76 millions d'euros (- 1,8 % du chiffre d'affaires). Toutefois, le plan global d'adaptation à la crise a généré des économies estimées à environ 850 millions d'euros. Soit 100 millions d'euros au-dessus de l'objectif. Le conseil d'administration a décidé de proposer aux actionnaires la distribution d'un dividende de 1,76 euros par action. Ce niveau correspond à un taux de distribution de 40% du résultat net ajusté, par action.

En dépit d'un environnement global affecté par la crise sanitaire du Covid-19,Thales prévoit cette année encore un book-to-bill supérieur à 1, comme en 2019 et en 2020, et un chiffre d'affaires dans la fourchette de 17,1 à 17,9 milliards d'euros, en tenant compte des perturbations toujours importantes dans l'aéronautique civile. Enfin, le groupe table sur une marge d'EBIT comprise entre 9,5% et 10%, "en hausse de 150 à 200 points de base par rapport à 2020, grâce au plein effet du plan global d'adaptation, à la poursuite des initiatives de compétitivité mises en œuvre dans le cadre du plan Ambition 10 et à la montée en puissance des synergies de coûts liées à l'acquisition de Gemalto", selon Thales.

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a écrit le 04/03/2021 à 9:27 :
C'est louche ce changement de nom, c'est Thomson déguisé en Thales.
Ils ont honte d'avoir eut à ce point à pomper toutes leurs technos des découvertes du complexe militaro industriel américano-britannique ?

Un exemple récent, leur fameux Cloud européen (sic) de défense.
Toutes les briques de ce cloud proviennent d'aquisition aux US et au UK.
Ce cloud de défense est basé sur la techno Azure de Microsoft, des technos de Oracle pour les bases de données et leur sécurisation, des technos de big data ou data analytics rachetés à une startup US et des éléments Hardware de connexions sécurisées rachetées à une startup anglaise.

Cette boite est la façon cachée qu'à l'état françois pour rattraper sans cesse ses retards technologiques liées à l'inanités des développements indigènes, de l'imagination, de la créativité technique en France. Et le pire c'est qu'ils se croient exceptionnels, un tel écart entre la réalité et leurs prétentions est ahurissant, ils sont sous ecsta !
Réponse de le 04/03/2021 à 13:57 :
"Moi pas comprendre", pourquoi parlez vous de cloud? C'est leur spécialité à Thales?
Pouvez vous développer?
Réponse de le 04/03/2021 à 18:53 :
C'est quand même ahurissant que des types aussi nuls, français de surcroît, enfin sans doute pas tous, arrivent à vendre quelque chose...étonnant non. Qu'est ce que le monde est gentil avec eux....
Comme disait l'autre, il y en a qui n'ont pas fini de tourner....
Réponse de le 05/03/2021 à 3:24 :
On appelle ça du business. Et s'approprier des technologies venues d'ailleurs pour les adapter à nos besoins, c'est de la stratégie.
Les yankees n'ont pas d'état d'âme pour tenter de pomper les technologies étrangères, dt par ex, le dernier en date étant le secteur optronique français, raté d'un cheveu ou la mainmise réussie sur Latécoère et sa maitrise des systèmes d'interconnexion aéronautiques.
Du reste, la NSA yankee n'est elle pas un formidable outil d'espionnage industriel et économique à l'échelle du monde ??? Faut de tps en tps, remettre son logiciel à jour.
Réponse de le 05/03/2021 à 9:45 :
ADN, pourquoi la DARPA fait appel à DNA script (Le Kremlin-Bicêtre) ?
Pourquoi la BARDA (Biomedical Advanced Research and Development Authority) fait appel à Crossject Medical Technology (Arc-Les-Gray) : système d’injection sans aiguille (~ 400 brevets).
Pourquoi les mémoires magnétiques MMRAM développées à Santa Clara dépendent de brevets français ?
La technologie Li-Fi (communication optique par la lumière) n'est elle pas plus française qu'américaine?
Pourquoi les Etats-Unis ont insisté fortement pour nous acheter Photonis ?
Pourquoi les Tesla, les IPhone et SpaceX embarquent de l'électronique française?
Pourquoi le VTOL « Nexus », l’hélico taxi présenté par Bell (Textron) au CES 2019, embarque le SPHE (Système de Propulsion Hybride Electrique) conçu par Safran et les batteries d'Electric Power Systems (Paris, Engie) ?
Réponse de le 05/03/2021 à 14:29 :
Arrêtez votre propagande pseudo nationaliste à deux balles, leur cloud est vérolé dès le départ avec des backdoor de la NSA et autres précisément !
Sans compter que c'est une privatisation de ces technos auxquelles les universités n'ont pas accès, donc une distorsion du marché du travail avec des happy few, fils de qui bénéficient grace à l'argent de tous des formations "comprehensive" en anglais par ce que c'est dans cette langue que les concepts technos sont inventés !
Y'en a marre des niakoués des US, des gallo-ricains !

Regardez l'avance des russes sur les US, c'est autre chose, c'est pas le même niveau ! Guerre électronique, missiles hypersoniques, torpilles MHD, on a l'air fin avec nos suppositoires aux trajectoires ascensionnelles prévisibles.

Les allemands ne sont pas dupes, pas question de brancher leurs armes sur ce cloud US !
Bientot les armées francaises seront téléguidés du pentagon !
Vous êtes complétement sous contrôle, une armée de réserve de BHL et néocons !

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