Après plus de cinq ans en tant que patron d'Airbus Defence and Space et membre du comité exécutif d'Airbus, Dirk Hoke a décidé de saisir des opportunités en dehors de la société, selon le communiqué d'Airbus.Le coup est parfait pour Airbus et son patron Guillaume Faury : aucune fuite avant l'annonce lundi du remaniement du comité exécutif du groupe (Comex) en raison du départ d'Airbus d'un poids lourd, Dirk Hoke, remplacé à partir du 1er juillet par Michael Schoellhorn ; l'arrivée d'un Espagnol au Comex de l'avionneur (Alberto Gutiérrez nommé directeur des opérations d'Airbus) et, enfin, le maintien de deux femmes (Julie Kitcher et Sabine Klauke) mais dans un comex réduit, qui passe de 12 à 11 membres (suppression du poste directeur technique groupe). Ce remaniement a semble-t-il été préparé de longue date pour cocher autant d'objectifs clairement affichés. Et puis il y a les objectifs cachés de ce remaniement.
Dirk Hoke, un départ différé ?
Le départ de Dirk Hoke a été vraisemblablement envisagé depuis plusieurs mois, peut-être même avant le premier confinement de mars 2020. Mais la crise brutale générée par le Covid-19 et le début des négociations sur le programme SCAF (Système de combat aérien du futur) pourraient avoir retardé le processus. L'urgence était clairement ailleurs et le départ du patron d'Airbus Defence & Space pouvait bien attendre quelques mois de plus. Cela donnait du temps à Dirk Hoke, qui avait rêvé un temps du poste de président d'Airbus après le départ de Tom Enders, de trouver un poste à la mesure de son ambition. Il devrait a priori rebondir rapidement.
La réflexion d'un départ de Dirk Hoke pourrait avoir cheminé dans les esprits au moment de la restructuration de la division Defence and Space annoncée en février 2020 lors de la présentation des résultats 2019. "Nous sommes en train d'opérer une restructuration pour retrouver de la rentabilité et de la compétitivité pour notre activité spatiale mais aussi, plus largement, pour l'ensemble de la division Defence and Space", avait alors expliqué Guillaume Faury dans une interview accordée à La Tribune. Cela pouvait sonner comme un désaveu de la gestion de Dirk Hoke. D'autant que Guillaume Faury avait estimé que "sur l'ensemble de la division Defence and Space, nous avons globalement constaté un sujet de compétitivité et une baisse de notre volume d'activités. Depuis trois ans, le book-to-bill (ratio chiffre d'affaires sur prises de commandes, ndlr) est inférieur à 1".