• La Tribune
  • La Tribune Dimanche
  • La Tribune Afrique
  • Air&Cosmos
  • |
  • Événements
  • L'instant Sélection
Une du journal La Tribune

Dernière édition

Flèche menu déroulant
Newsletters
Logo La Tribune
  • Économie
  • Finance
  • Tech & IA
  • Énergie & industrie
  • Transports
  • Défense & aérospatiale
  • Climat
Logo La Tribune
  • Économie
  • Finance
  • Tech & IA
  • Énergie & industrie
  • Transports
  • Défense & aérospatiale
  • Climat

Sélectionnez votre région

Logo La Tribune

RECHERCHER

Loupe

LTD
La Tribune Dimanche
Ouvrir dans une nouvelle fenêtre
Air&Cosmos icon
Air&Cosmos
Ouvrir dans une nouvelle fenêtre

À la une
  • Finances publiques
  • Fiscalité
  • Immobilier
  • Consommation
  • Distribution
  • Politique internationale
  • Finances personnelles
  • Banque & assurances
  • Marchés financiers
  • Intelligence artificielle
  • High tech
  • Télécoms
  • Start-up
  • Énergie
  • Politique industrielle
  • Chimie & pharmacie
  • Automobile
  • Mobilités
  • Aéronautique
  • Défense
  • Spatial
  • Environnement
  • Agriculture & agroalimentaire
Idées & débats
Kiosque numériqueNewsletters
La Tribune DimancheLa Tribune AfriqueAir&Cosmos
  • La Tribune Now
  • Votre argent avec Finance Héros
  • Construire les mobilités de demain
  • Fonction Finance 2.0 avec Cegid
  • Transformations durables avec Forvis Mazars
  • Accélérer avec le Cloud par AWS
  • Fisher Investments
  • Au coeur du business
  • VisionAir avec Bpifrance
  • Adaptabilité permanente : Le pouvoir d’agir avec IBM Consulting
  • Succès d'entreprises avec Deloitte
  • L'Œil sur vos Finances
  • Les Rencontres de Roissy Meaux Aéropôle
  • France Travail accompagne le Salon des Maires
  • La CCI Paris Ile-de-France, le réflexe des entrepreneurs
  • #La Tribune Business Interviews
  • #La Tribune Business Dossiers
  • #La Tribune Business TV
  • Instant Sélection
Événements
Entreprises & FinanceAéronautique & Défense

"Sur SCAF, cela serait bien qu'Airbus prenne le leadership" (Dirk Hoke, Airbus DS)

Photo de Michel Cabirol

Michel Cabirol

Publié le 18 octobre 2018 à 04:00 - Mis à jour le 13 décembre 2024 à 00:24

Dirk Hoke Airbus Defence & Space SCAF EuroMale A400M

Dirk Hoke Airbus Defence & Space SCAF EuroMale A400M

Airbus

L'essentiel de l'actualité

mercredi 8 juillet

  • Les États-Uniens ont lancé des frappes contre l’Iran et rétablissent leurs sanctions
  • Wall Street bondit après la reprise du conflit au Moyen-Orient
  • Le pétrole bondit après la fin du cessez-le-feu
  • Moyen-Orient : les taux flambent en Europe, la dette française au plus haut depuis 2009
  • Les Bourses européennes reculent
Voir plus

Le Quotidien Numérique

09 juillet 2026

Photo d'illustration de l'article
LireS'abonner

Les plus lus

  • 1

    « On ne joue pas avec la cybersécurité » : Bruxelles attaque la France en justice pour son retard sur la directive NIS 2

  • 2

    Le Burkina Faso mobilise plus de 457 millions d'euros pour moderniser ses infrastructures routières

  • 3

    500 plus grandes fortunes de France : de nouveaux milliardaires propulsés grâce à l'intelligence artificielle

  • 4

    Détroit d'Ormuz : comment l'Iran a bâti son péage, entre « frais de services » et droit contesté

  • 5

    CAP, bac, master, grandes écoles… Quel salaire rapporte vraiment chaque diplôme sur le marché du travail

  • 6

    Le taux de la dette française propulsé au plus haut depuis 2009 après la reprise de la guerre en Iran

Régions

  • Auvergne-Rhône-Alpes
  • Bourgogne-Franche-Comté
  • Bretagne
  • Centre-Val de Loire
  • Corse
  • Grand Est
  • Hauts-de-France
  • Île-de-France
  • Normandie
  • Nouvelle-Aquitaine
  • Occitanie
  • Pays de la Loire
  • Provence-Alpes-Côte d'Azur

La Tribune +

  • Espace abonné
  • Kiosque numérique
  • Annonces légales
  • Déposer vos annonces légales

Services

  • Supplément
  • La Tribune now

Evénements

  • ACT50
  • Aéroforum
  • AIM
  • Bordeaux Solar Summit
  • Family & Business Forum
  • Forum Europe Afrique
  • Impacts Santé
  • Les Lauréates
  • Paris Air Forum
  • Sommet Aéronautique & Spatial de Bordeaux
  • Sommet Économique de la Corse
  • Tech For Future
  • World News Media Congress
  • Tous nos événements en régions

Pour gérer vos consentements,

Suivez-nous sur les réseaux sociaux

YouTube
LinkedIn
Facebook
Instagram
X

Application mobile

App Store
Google Play

  • Nous Contacter
  • Charte d'indépendance et de déontologie
  • Mentions Légales
  • CGU
  • CGU Pro
  • Gestion des cookies
  • Exercez vos droits
  • Politique de confidentialité

Droits de reproduction et de diffusion réservés @LaTribune

Partenaire digital de confiance - Certification de qualité
  • La Tribune
  • La Tribune Dimanche
  • La Tribune Afrique
  • Air&Cosmos
  • |
  • Événements
  • L'instant Sélection
Google icon
Ajouter La Tribune à vos sources préféréesAjouter La Tribune à vos sources préférées
Le patron d'Airbus Defence & Space Dirk Hoke est droit dans ses bottes. Si Airbus a accepté de laisser le manche de "l'avion de 6e génération" à Dassault Aviation, il estime en revanche que sur le système de systèmes "cela serait bien pour le développement du projet et de son équilibre qu'Airbus prenne le leadership". Sur les programmes EuroMale, Patmar, A400M, MRTT, le patron d'Airbus Defence & Space est offensif. Très offensif.

La Tribune : Quels sont vos objectifs pour faire croître la division défense et espace ?
DIRK HOKE :
Nous avons effectué une remise à plat de notre stratégie et de nos objectifs à mon arrivée à la tête d'Airbus Defence and Space il y a trois ans. Nous avons constaté plusieurs points intéressants : tous les marchés, où Airbus Defence and Space est présent, vont augmenter. Nous allons pouvoir réaliser de la croissance grâce à notre portefeuille de produits, qui est très bien positionné. Aujourd'hui, notre chiffre d'affaires est d'environ 11 milliards d'euros après la cession de certaines activités (électronique, JV dans les lanceurs avec Safran, soit entre 3 et 4 milliards d'euros en moins). Nous avons l'ambition de doubler notre chiffre d'affaires dans les dix ans.

Quels sont vos axes de croissance ?
Nous pouvons développer notre portefeuille produits dans trois domaines. Premièrement, les « smarter products », qui seront à l'avenir équipés avec de plus en plus de capteurs pour créer encore plus de données. Deuxièmement, les services où Airbus doit faire beaucoup plus. Nous faisons 30% de notre chiffre d'affaires dans les services dans la division défense et espace alors que d'autres sociétés réalisent jusqu'à 40% de leur chiffre d'affaires, et quelques fois jusqu'à 45% comme Airbus Helicopters. Troisièmement, nous devons digitaliser nos produits. Avec les produits et les systèmes que nous fabriquons, nous créons beaucoup de données, mais nous ne les avons pas vraiment utilisées pour créer des services pour les clients. Nous sommes en train de développer ces services grâce à des plateformes digitales qui utilisent ces données pour offrir aux clients des services additionnels.

Avez-vous un exemple concret ?
Notre produit « smart force » utilise des capteurs présents dans les avions pour donner des informations qui peuvent être utilisées pour réaliser de la maintenance prédictive. Nous pouvons donc optimiser nos services MRO pour les clients. Nous l'utilisons pour les hélicoptères et les avions militaires.

Et dans l'espace ?
Le discours de la ministre des Armées Florence Parly sur la stratégie de la France dans le spatial militaire est très important. Notamment au regard des évolutions dans le monde et pas seulement aux Etats-Unis, mais aussi dans des pays comme la Russie ou la Chine. Airbus doit aller dans cette direction. Nous avons plusieurs idées mais nous sommes déjà bien positionnés dans plusieurs domaines. Nous sommes leaders dans l'observation spatiale avec les satellites géostationnaires. Nous allons lancer des satellites avec une résolution d'images de 30 centimètres. Nous participons également à la constellation OneWeb, qui va déployer 900 satellites. Nous pouvons aujourd'hui adapter cette expertise acquise pour de futures constellations.

Avez-vous réfléchi à de nouveaux programmes pour la surveillance de l'espace ?
Dans son discours, Florence Parly a révélé qu'un satellite militaire français avait été approché par un satellite russe. Cela nous donne la direction vers laquelle Airbus doit aller dans le futur. Nous réfléchissons à un projet de Space Tug (remorqueur de l'espace, ndlr). Nous avons comme projet de créer des méthodes de production dans l'espace. Par exemple, la fabrication additive. Nous pouvons créer des structures dans l'espace vers lesquelles nous pourrions transporter des matériaux pour réparer des satellites LEO et GEO. Nous faisons des essais. Nous pourrions également équiper un satellite d'un bras robotique qui permettrait de réalimenter des satellites pour augmenter leur durée de vie, c'est le concept du Space Tug. Enfin, équiper les satellites avec des caméras à 360 degrés serait utile pour surveiller ce qui se passe dans des orbites différentes.

Newsletter

Industrie et service

Chaque jour à 13h, l’essentiel de l’actualité industrielle.

Illustration de la newsletter Industrie et service

Mais ce n'est qu'un gadget...
... C'est plus qu'un gadget. On ne sait pas vraiment ce qui se passe sur l'orbite GEO. La situation, que Florence Parly a décrite, est bien réelle. Avec ces caméras, on saura ce qui se passe. Cela permettra de réagir. Au-delà, nous sommes ouverts pour réfléchir collectivement à de nouvelles idées. Car la montée en puissance de la défense dans l'espace est inévitable.

Après des années difficiles, la coopération franco-allemande dans le domaine de la défense est-elle inscrite dans le marbre ?
C'est une période extraordinaire que nous vivons depuis l'élection d'Emmanuel Macron à la présidence de la République il y a 18 mois. Dès son élection, nous avons senti un changement de relations entre la France et l'Allemagne. La déclaration du 13 juillet 2017 entre la France et l'Allemagne est un tournant historique. Pour moi, c'est la première fois qu'il y a vraiment une volonté partagée des deux côtés du Rhin pour développer l'Europe de la défense avec des projets concrets. La France et l'Allemagne ont notamment confirmé leur volonté de développer le système de combat aérien du futur (SCAF) pour leurs armées de l'air. C'est bien plus que des études, il y a déjà des projets concrets. C'est pour moi un moment vraiment spécial et je suis ravi qu'Airbus puisse y contribuer.

Mais de quoi êtes-vous sûr comme programme ? Où en êtes-vous avec Dassault Aviation par exemple sur le drone EuroMale ? Y a-t-il un contrat qui va être signé?
Il n'y a pas encore de contrat signé. Cela reste ouvert. Apres une phase de concept que nous venons d'achever avec succès, nous sommes en train de préparer la définition de l'EuroMale. Nous voulons commencer la phase de développement au plus tard au troisième trimestre 2019, puis lancer la phase de production et l'entrée en service. Aujourd'hui, nous finissons tous les préparatifs...

... Il y aura bien deux moteurs sur l'EuroMale.
Airbus était neutre sur ce sujet. C'est surtout aux clients de dire ce qu'ils souhaitent. Les Allemands ont demandé deux moteurs afin de disposer d'un drone certifié pour une intégration dans le trafic aérien en Europe. C'est un point important pour eux. C'est aussi un critère de sécurité supplémentaire.

Ce programme est-il voué à l'échec à l'exportation ?
Non, bien au contraire, et il y a déjà quelques pays intéressés. Ils se sont déclarés après la présentation du drone MALE lors du salon aéronautique de Berlin (ILA) en avril dernier. Ce drone joue dans une autre division que le Reaper américain. Il a un grand potentiel de croissance en termes de charge utile, notamment grâce à la réserve de puissance venant des deux moteurs. Nous allons vraiment fabriquer un drone qui a des capacités très spécifiques. Et ce sera un drone « 100% Made in Europe » pour l'Europe et au-delà.

Parmi les pays intéressés, y a-t-il des européens en dehors de l'Espagne ?
Oui.

Est-ce un achat sur étagère ou veulent-ils participer au programme?
Les deux.

Pouvez-vous dire lesquels ?
Malheureusement, non.

C'est dommage ! On va donc passer de l'EuroMale au SCAF. Dassault Aviation et Airbus ont entretenu une longue histoire tumultueuse. Avez-vous l'impression que tout le monde travaille aujourd'hui sans arrière-pensée ?
Il faut analyser nos relations avec Dassault Aviation et Eric Trappier de la manière suivante : je n'ai pas une histoire ancienne avec Dassault Aviation. Je suis un homme neuf dans cette industrie. C'est pour cela que je suis très pragmatique. Je me focalise simplement sur comment nous pouvons créer ce projet. Parce que c'est un projet d'une envergure inégalée, inaccessible pour un seul pays et qui nous engage pour l'avenir. Bien sûr, il y a des risques à créer un projet de cette ampleur-là. Il faut savoir être pragmatique, et être prêt à faire des compromis pour réaliser un projet vraiment européen. L'Europe a les compétences. Seulement si nous savons créer une solution européenne, nous saurons être compétitifs.

Comment se déroule votre coopération avec Dassault Aviation ?
Dès le début, j'étais ouvert à une coopération avec Dassault Aviation. C'est la condition nécessaire pour avoir un projet franco-allemand. Quand nous avons commencé à discuter de ce type de projet et travailler avec Dassault Aviation, chacun avait sa position. Mais après quelques réunions, nous avons bien compris que les deux sociétés devaient réunir leurs forces autour de ce projet commun. Il faut à tout prix éviter de recréer une situation de compétition telle que celle que nous avons entre le Rafale et l'Eurofighter. Nous avons beaucoup travaillé ensemble pour développer notre stratégie commune pour la réalisation de ce projet. Nous avons présenté notre coopération à Berlin durant le salon ILA. Si vous m'aviez demandé une semaine avant ILA ce que j'en pensais, j'aurais émis des doutes sur la faisabilité d'un tel projet. Tom Enders ainsi que d'autres personnes chez Airbus en doutaient aussi. Mais nous avons tenu le cap avec Dassault et notre coopération est honnête, très structurée et très constructive. Il n'y a aucune arrière-pensée : nous sommes tournés vers le même avenir.

Pouvez-vous expliquer pourquoi la France estime qu'elle a le leadership sur le programme SCAF et qu'elle n'approuve pas le partage industriel entre Airbus et Dassault ?
Nous, les industriels, nous ne pouvons pas faire un projet sans les clients étatiques. S'ils décident d'une certaine manière, nous suivons. C'est très clair. Dans le cadre du programme SCAF, je constate qu'il y avait une demande de la France et de l'Allemagne pour que les deux industriels désignés comme leader par chacun des pays coopèrent, et donc pour qu'Airbus et Dassault travaillent ensemble. C'est ce que nous avons fait. Si demain, il y a une autre demande, nous nous adapterons. Mais qu'avons-nous aujourd'hui ? Il y a un «accord de haut niveau» (HL Coord) signé à Berlin, avec d'un côté les chars et de l'autre un avion de chasse de 6e génération (NGWS). Cela concerne l'avion, pas le système aérien de combat du futur (SCAF), pas le système global.

Peut-on dire qu'il y a un blocage ?
Sur le futur avion de combat, nous sommes prêts à travailler avec Dassault, avec un leadership de ce dernier. Le partage industriel se fera selon les investissements des pays. Maintenant, il faut poursuivre dans l'ambition et la construction du projet jusqu'au SCAF dans sa globalité, car c'est plus qu'un avion. Qu'est-ce que cela veut dire si on lance ce programme de système de systèmes ? Pour le système de systèmes, je souhaiterais qu'il y ait la même chose. Nous pensons que cela serait bien pour le développement du projet et son équilibre qu'Airbus prenne le leadership. Nous travaillerons bien sûr étroitement avec de grands partenaires incontournables comme Thales, Hensoldt, MBDA, et d'autres encore ; les discussions sont d'ailleurs déjà engagées. Nous n'avons pas vocation à tout faire tout seul. Tant que les pays participants auront une répartition équilibrée, il n'y a pas de raison que cela bloque.

Donc il y a blocage.
Non, tant que la répartition n'est pas achevée, on ne peut pas parler de blocage. Il faut continuer à travailler et c'est ce que nous faisons. Si dans un an ou deux, Paris arrive avec une proposition franco-française pour un projet qui va atteindre une valeur de 100 milliards d'euros, voire peut-être plus, l'Allemagne, qui va mettre beaucoup d'argent dans ce projet, ne l'acceptera pas. Elle aura l'impression que 80 ou 90 % du programme n'ont été définis qu'en France. Cela ne serait pas acceptable. Dans l'"accord de haut niveau",  il est clairement évoqué un NGWS, qui veut dire Next Generation Weapon System. C'est un avion, ce n'est pas le SCAF.

Comment fait-on pour lancer ce projet ?
Moi, je suis pragmatique. Je veux qu'on développe ce projet, parce que l'Europe a besoin de ce projet. S'il faut faire des compromis pour le leadership, nous trouverons des solutions. Mais il faut être clair : si un projet arrive avec une proposition franco-française pour le SCAF, cela ne va jamais être accepté au Parlement allemand. Si les clients décident que c'est comme ça, nous jouerons le jeu. Mais il faut être clair : il y a un grand risque que cela tue le projet. La coopération, c'est aussi savoir travailler avec les perceptions qui existent, les perceptions dans la population française et les perceptions dans la population allemande.

En espérant que ça ne finisse pas comme le projet franco-anglais FCAS.
Non. J'espère que non. Les deux pays ont besoin de renouveler leur aviation de combat et d'avoir une industrie européenne qui réponde à leurs besoins.

Airbus Allemagne revendique le leadership du système de systèmes...
Ce n'est pas Airbus Allemagne. Nous sommes Airbus, une société européenne unique en son genre.

Airbus revendique le leadership sur le système de systèmes. Estimez-vous que cette activité est le domaine qui a le plus de valeur ?
Sur le système de systèmes, il y a une confusion. Premièrement, avoir le leadership ne signifie pas qu'Airbus va faire tout, tout seul. Deuxièmement, concernant les systèmes existants (tels que Rafale ou Eurofighter), Airbus ne va pas faire l'intégration du système national français. Cela pourrait être Thales avec Dassault et, en Allemagne, ce serait Airbus en s'appuyant sur les équipementiers comme Hensoldt. En revanche, pour les systèmes futurs (futur avion de combat, drone MALE ou de combat), cela va dépendre de la définition du programme, de la manière dont on veut intégrer l'intelligence artificielle dans les systèmes d'informations... Tout cela, nous devons le définir ensemble, et pour cela nous souhaitons le lancement au plus vite d'une étude de concept sérieuse sur ce système global entre la France et l'Allemagne.

Qu'est-ce que vous proposez pour remplacer les Atlantique 2 français et les Orion allemands ?
Nous n'avons que deux alternatives, soit un Falcon, soit un A320. Nous pensons que nous avons une plateforme qui répond très bien aux besoins des Français et des Allemands. Mais cela doit être une plateforme à vocation européenne. Au début, Berlin a imaginé acheter une plateforme japonaise, mais il était clair que les Français n'allaient pas accepter cette proposition. Nous préparons donc notre capacité et attendons de connaître les orientations des clients.

Quels sont les jalons de ce programme ?
Ils ne sont pas encore définis même si nous souhaitons avancer rapidement. Les discussions vont donc continuer.

En France, il y a toujours une crainte sur les questions d'exportation dans les armements pour les programmes franco-allemands. Quelle votre analyse ?
C'était déjà une erreur de mettre cette question dans le projet de la coalition allemande. Il y a beaucoup de réactions très négatives. J'ai fait passer des messages à beaucoup de parlementaires et de membres du gouvernement allemand : si on veut créer des projets franco-allemands, si on veut créer des projets européens, l'Allemagne doit trouver une solution qui ne dépendra pas des prochaines élections. Nous développons des idées autour d'un accord Debré/Schmidt 2.0. Il faudra des règles claires.

Avez-vous l'impression qu'en Allemagne la situation peut évoluer ?
La plupart des responsables politiques ont bien compris le sujet. Mais cela reste difficile de faire évoluer les conditions que l'Allemagne a créées. Les responsables allemands ont besoin d'un coup de pouce de la France pour créer cette discussion et trouver des solutions.

En dépit de votre coopération sur le SCAF et l'EuroMale avec Dassault, les affaires continuent. Ainsi, le Rafale et l'Eurofighter s'affrontent dans trois pays européens : Finlande, Belgique et Suisse. Comment ça se passe pour vous ?
Effectivement, nous restons des compétiteurs. Airbus joue toutes les compétitions.

En Belgique, avez-vous l'impression que l'appel d'offres est fléché pour le F-35 ?
Ce n'est pas encore décidé. Avec l'Eurofighter, nous avons un avion très compétitif, surtout après les développements que nous avons réalisés lors des deux dernières années. D'autres sont prévus dans les années qui viennent. Nous pensons que nous sommes encore bien placés en Belgique. Nous saurons très prochainement si notre offre a convaincu. Il faut que le gouvernement de Belgique décide. Nous avons beaucoup de soutien des pays européens pour aider l'Eurofighter. Nous avons fait une bonne offre. En Finlande, c'est encore trop tôt pour connaître la tendance. Mais, là aussi, nous croyons  également en nos chances.

Les Finlandais sont proches des Américains.
C'est un aspect de la situation. Beaucoup de pays sont très proches des Américains. Mais il y a des processus en Europe qui sont assez stables pour garantir une compétition juste. Après, les clients décident.

Et en Suisse ?
La Suisse, c'est un peu différent parce que c'est un accord de gouvernement à gouvernement. L'Allemagne supporte beaucoup l'Eurofighter, ce soutien donne des avantages pour une telle offre. L'Allemagne propose de partager les simulateurs, de collaborer dans le support et les services. Cette proposition génère beaucoup de synergies et réduit de façon significative les coûts. Je suis optimiste, nous allons vraiment avoir une bonne offre.

Etes-vous intéressé par une éventuelle vente de ThyssenKrupp Marine Systems ?
Non, pas du tout. Cette opération ne rentre pas dans notre stratégie.

Sur l'exportation, avez-vous des prospects pour l'avion tanker MRTT, l'A400M ou les avions CASA ?
Pour l'A400M bien sûr, pour le C295 aussi. Sur l'export, pour le moment, cela se développe bien. Malheureusement, nous avions envisagé signer en début d'année un contrat pour l'A400M mais cela a été un peu retardé. Il y a beaucoup de prospects qui avancent bien et nous restons optimistes pour l'A400M...

Allez-vous réussir à vendre l'A400M à l'export ?
Nous allons le vendre. C'est sûr. Je vous l'assure : c'est le meilleur produit du monde.

Certes mais cet avion est passé par beaucoup de points bas.
Vous avez raison mais cet avion va être le nec plus ultra des avions de missions pour les clients. Nous avons réalisé une mission humanitaire avec les Malaisiens pour l'Indonésie. C'est le seul avion qui peut faire des missions aussi pointues.

Justement vous évoquez l'Indonésie qui est intéressée par l'A400M. Comment faites-vous pour mener des campagnes avec une compliance aussi sévère que la vôtre chez Airbus ?
Nous faisons vraiment très attention. Nous avons une politique de risque zéro avec la compliance. Nous n'utilisons pas de « business partner », nous avons des négociations directes. Soit nous trouvons des conditions qui sont acceptables, soit nous n'y allons pas.

Sur l'A400M, y aura-t-il de nouvelles provisions ?
Je ne souhaite pas spéculer sur le sujet. Nous avons stabilisé la production, et les discussions en cours avec nos clients européens sur le contrat vont nous permettre de réduire significativement les risques sur le long terme. C'est tout ce que je peux vous garantir. Il est clair que l'A400M reste un programme complexe et comme vous l'avez vu avec le problème du « Propeller Gear Box » l'an dernier, certains sujets doivent être traités de façon conjointe avec nos fournisseurs. Mais notre priorité est clairement de minimiser les risques pour l'avenir.

Le standard définitif arrivera-t-il comme prévu à l'heure ?
Nous allons livrer un appareil qui va être au meilleur standard du monde. Nous avons bien avancé. Nous avons défini sept standards, nous sommes aujourd'hui au cinquième. Nous sommes dans les temps. Nous n'aurions pas pu livrer un A400M au standard définitif parce que les spécifications exigées il y a 20 ans sont irréalisables. On arrive vraiment à des limites physiques. Mais cette décision n'est pas motivée par le souci de faire des économies.

Le gouvernement allemand, qui a été dur avec l'A400M, a-t-il compris cette décision ?
Nous avons également trouvé un bon accord avec les Allemands. Avec les Allemands, un élément de complexité supplémentaire est que tout ce qu'ils signent doit passer par le Parlement même si un ministre l'a déjà approuvé.

À lire également

  • A quoi ressemblera le combat aérien collaboratif du futur ?
  • Les trois défis majeurs du futur avion de combat européen
  • La France prend le manche du futur avion de combat européen
  • Berlin et Paris pilotent ensemble le futur avion de combat européen mais qui va tenir le manche

Quelle est votre relation avec Guillaume Faury et comment voyez-vous votre coopération future?
Nos relations de travail sont excellentes. Depuis mon arrivée chez Airbus DS nous avons collaboré très étroitement sur de nombreux sujets alors qu'il était PDG d'Airbus Helicopters, comme les drones par exemple. Nous travaillons aussi ensemble sur les sujets défense en France et je suis ravi de pouvoir continuer ce travail d'équipe avec Guillaume lorsqu'il succédera à Tom l'an prochain.

Michel Cabirol

Sur le même sujet

Maud Bregeon, ministre de l’Énergie et porte-parole du gouvernement, a dressé hier un point d’étape du plan d’électrification.

« 100 territoires d’électrification » : les nombreuses inconnues d’un chantier clé du gouvernement

Mesure phare du plan d’électrification, le dispositif visant à accélérer la sortie du gaz, du fioul et le déploiement de la mobilité électrique dans 100 territoires reste entouré de nombreuses zones d’ombre. Règles du jeu peu lisibles, financement incertain, couac de communication et arbitrages encore en cours… Plongée dans les coulisses d’un chantier gouvernemental loin d’être achevé.

Premium
Energie
Dans le port de Port-la-Nouvelle, les premières éoliennes des fermes-pilotes avant leur départ pour la haute mer.

Le toulousain Bohr Énergie lève 10 millions d'euros pour accélérer son déploiement européen

La plateforme d'agrégation et d'optimisation des énergies renouvelables a bouclé un nouveau tour de table. Elle compte doubler de taille en un an.

Premium
Energie
Olivier Tainturier est chargé de mener à bien les 150 projets industriels inscrits dans la méthode "Notre-Dame".

Stratégie « Notre-Dame » : un coordinateur nommé pour accélérer la construction de 150 usines stratégiques en France

Afin de mettre en œuvre la stratégie « Notre-Dame », qui consiste à accélérer fortement l’implantation de 150 usines stratégiques en France, le ministre de l’Industrie sera désormais épaulé par une personnalité qu’il connaît bien. L’ancien sous-préfet de Chalon-sur-Saône Olivier Tainturier va ainsi être nommé coordinateur de cette stratégie, selon des informations de La Tribune.

Premium
Politique industrielle
Pascal Portelli est président d’Ignes depuis 2025.

Pascal Portelli (Ignes) : pour électrifier le territoire, « il ne suffira pas de prononcer des discours depuis Paris »

Alors que la ministre de l’Énergie, Maud Bregeon, s’apprête à réunir « l’équipe de France de l’électrification », le président de l’alliance des industriels des solutions électriques et numériques du bâtiment (Ignes), Pascal Portelli, sort de son silence et dévoile, à La Tribune, l’ancrage territorial de ses adhérents. Au-delà des annonces, la filière réclame des critères de souveraineté et un soutien accru aux équipements produits localement.

Premium
Energie
Pour les véhicules électriques, "l’électrification convainc davantage que quand elle est vécue que lorsqu’elle est seulement décrite".

Pompes à chaleur, radiateurs, véhicules électriques… Près de deux Français sur trois voient l'électrification d'un bon œil

La Tribune révèle un sondage de l’Ifop sur l’électrification des usages, « perceptions, équipements et acceptabilité » commandé par la Fédération des industries électriques, électroniques et de communication (Fieec). La ministre de l’Énergie, Maud Bregeon, reçoit, ce mardi, « l’équipe de France de l’électrification ».

Premium
Energie
Nouveauté : l'exigence d'inclure au moins une solution de pompes à chaleur air-eau réversible, capables aussi bien de chauffer les logements en hiver que de les rafraîchir en été.

Après les voitures, l’État décline le « leasing social » aux pompes à chaleur

Pour massifier le remplacement des chaudières au gaz par des pompes à chaleur (PAC) auprès des ménages modestes, le gouvernement dévoilera mardi 7 juillet le cadre technique de son « leasing » social. L’objectif : une offre « tout-en-un » mensualisée, disponible dès le mois d’octobre. Mais le calendrier paraît serré, et les artisans émettent des réserves.

Premium
Energie
Mathieu Levieille, directeur général chez Combat Holding.

Sauvetage de Fibre Excellence : l'audience de la dernière chance fixée le 27 juillet

Le tribunal de commerce de Toulouse a donné trois semaines pour finaliser l'offre de reprise de Fibre Excellence, conduite par Matthieu Pigasse. Les repreneurs attendent des garanties de l'Etat pour éviter la liquidation judiciaire.

Premium
Politique industrielle
Le nouveau siège de Cap Ingelec, à Mérignac, près de Bordeaux.

Industrie : comment Cap Ingelec se prépare à l'arrivée massive de centres de données

Spécialiste de la conception et construction de grands projets industriels, Cap Ingelec vise un milliard d'euros de chiffre d'affaires annuel en 2030. Les centres de données doivent peser la moitié de cette croissance effrénée.

Politique industrielle