En mauvaise posture, Boeing lance les premiers licenciements
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Le groupe a annoncé le 12 octobre son intention de réduire ses effectifs mondiaux de 10% dans les prochains mois (photo d'illustration).
David Ryder
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Le groupe a annoncé le 12 octobre son intention de réduire ses effectifs mondiaux de 10% dans les prochains mois (photo d'illustration).
David Ryder
Boeing a commencé à licencier. Le groupe, en proie à des problèmes de qualité de sa production et qui vient de subir une grève de plus de 50 jours ayant paralysé deux usines cruciales, a annoncé le 12 octobre dernier son intention de réduire ses effectifs mondiaux de 10% dans les prochains mois. Au 31 décembre 2023, il employait 170.688 personnes.
Dans le seul État de Washington, l'avionneur américain a décidé de licencier 2.199 personnes à partir du 20 décembre. Au 31 décembre 2023, il employait 66.797 personnes dans cet État où il a vu le jour en juillet 1926 et où se trouvent notamment les chaînes d'assemblage du 737 à Renton - son avion le plus vendu -, du 777, du 767 et de plusieurs programmes militaires à Everett.
Ces deux usines, situées près de Seattle, ont été bloquées par la grève de plus de 33.000 membres de la branche locale du syndicat des machinistes (IAM) dans le contexte des négociations du nouvel accord social.
Selon Boeing, la plupart des employés recevant notification de licenciement cette semaine quitteront Boeing mi-janvier, avec des indemnités et une assurance santé pendant trois mois.
Par ailleurs, le géant de l'aéronautique a l'intention de licencier 50 employés dans l'Oregon (effectif de 1.282 personnes fin 2023) et 63 dans le Colorado (effectif de 1.574 personnes fin 2023). En Caroline du Sud (près de 7.900 employés fin 2023), où se trouve l'usine dont la production est consacrée au modèle 787 Dreamliner, 220 personnes vont perdre leur emploi à compter du 17 janvier.
Aucun détail n'était encore disponible concernant trois Etats où le groupe est très présent : le Missouri (près de 17.000 employés), la Californie (14.400) et le Texas (près de 7.100).
Le syndicat des ingénieurs SPEEA (Society of Professional Engineering Employees in Aerospace) a été prévenu jeudi soir que 438 de ses membres allaient être licenciés, selon un porte-parole. Il compte plus de 19.000 adhérents aux États-Unis, dont environ 16.500 travaillant chez Boeing (Washington, Oregon, Californie et Utah).
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La grève au sein de Boeing, entamée mi-septembre, a pris fin le 4 novembre, avec un vote des salariés validant l'accord signé entre la direction et le syndicat des machinistes (IAM). Mais le conflit social a coûté plus de dix milliards de dollars à l'entreprise et ses fournisseurs. Le mouvement social a eu de telles répercussions qu'elle a freiné la production industrielle américaine d'environ 0,2% en octobre.
Boeing a indiqué avoir mis en place un plan pour que le redémarrage des opérations se fasse en toute sécurité et méthodiquement. Il faudra toutefois plusieurs semaines pour une reprise complète de la production. Le groupe a évoqué plusieurs étapes nécessaires au redémarrage des chaînes d'assemblage.
Boeing a néanmoins pu livrer quelques appareils sortis des chaînes d'assemblage avant la grève, grâce à son personnel non syndiqué, donc non gréviste. Sur les dix premiers mois de l'année, 305 avions ont été livrés, contre 405 sur la même période de 2023. Le constructeur américain perçoit environ 60% du prix à la livraison.
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Par ailleurs, Boeing est rattrapé depuis début 2024 par des problèmes de qualité de sa production, qui ont relancé des poursuites judiciaires, entraînées un bouleversement hiérarchique et une supervision réglementaire accrue. L'avionneur a ainsi enregistré en octobre sa pire perte en quatre ans au troisième trimestre : plus de 6 milliards de dollars.
(Avec AFP)
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