LA TRIBUNE - Le renforcement de la taxe de solidarité sur les billets d'avions (TSBA, dite « taxe Chirac »), a suscité de vives réactions de la part du secteur aérien. Y a-t-il, comme l'affirme ce dernier, un risque de limiter la croissance du trafic, voire de faire baisser le nombre de passagers ?
FRANÇOIS DUROVRAY - Cette taxe s'explique dans un contexte où nous devons lutter, comme l'a dit le Premier ministre, à la fois contre la dette budgétaire et la dette climatique. Nous avons abandonné l'idée de la TVA, qui n'aurait touché que les compagnies aériennes françaises et aurait pénalisé nos destinations touristiques, pour nous concentrer sur la taxe de solidarité sur les billets d'avion en distinguant les différents types de vol suivant les destinations et les catégories de service.
Je ne pense pas que, pour les vols en Europe, une taxe à 9,50 euros remette en cause les équilibres. De même que 120 euros sur un Paris-New York en classe affaires, proposé à plusieurs milliers d'euros. Et je fais toujours la comparaison entre le prix du billet de train et le prix de certains billets d'avion : beaucoup de Français ne comprennent pas pourquoi le premier est plus cher que le second dans le cas d'un certain nombre de compagnies low-costs. Ce surcoût de 9,50 euros restera absorbable par rapport au prix du billet.
En est-il de même pour les jets d'affaires, où les montants peuvent aller jusqu'à 3.000 euros par passager ?