Europe de la Défense: Barnier veut prélever 4 milliards sur le budget européen

Aline Robert, EurActiv

Aline Robert, EurActiv
« Nous avons accumulé un retard d'investissement énorme ! », a assuré l'ex-candidat à la présidence de la Commission, en assurant qu'il fallait de façon urgente utiliser tous les outils disponibles dans l'arsenal européen pour développer une vraie politique de défense. Un point de vue a priori soutenu par l'opinion publique française : 6 Français sur 10 se disent convaincus que l'Europe apporte des solutions sur la question de la sécurité.
Le premier enjeu, celui du financement, est selon lui crucial. Il prendrait la forme d'un fonds européen de défense, réalisé dans l'esprit du plan Juncker.
Aux États-Unis, ce sont 18 milliards d'euros qui sont consacrés à la recherche en matière de défense, a rappelé le Républicain, en reconnaissant que l'Europe n'arriverait pas au même résultat, mais pourrait au moins se dire autonome sur les composants clés.
« Aujourd'hui, nous avons 6 pays européens qui construisent des frégates militaires, et 23 modèles d'hélicoptères. Il faut mutualiser les efforts budgétaires et les concentrer » assure l'ancien commissaire, qui déplore que les budgets de défense en Europe se consacrent à 55% en dépenses de ressources humaines, contre seulement un tiers aux États-Unis.
Or, selon lui, la création de brigades communes pourrait répondre à cet éclatement des capacités militaires. La coopération structurée est un des outils disponibles pour les États qui le souhaitent, qu'il serait possible de mettre en place entre Allemands, Italiens, Français et Polonais.
>Lire : "L'Europe n'a plus de temps à perdre sur la défense" (Jorge Domecq, Agence européenne de défense)
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À propos du Brexit, l'ancien commissaire Michel Barnier, qui est aussi membre de la task-force sur le Brexit mise en place par la Commission, a indiqué que son équipe se préparait "sans agressivité, sans esprit de revanche, sans idéologie et sans naïveté ".
« Sur la défense, c'est à la fois grave et à la fois avec moins de conséquences que pour les autres sujets, pour eux et pour nous », estime le spécialiste, rappelant que les Anglais n'ont jamais voulu être dans des opérations communautaires, et se sont toujours opposés à l'idée d'un QG militaire européen, dont l'idée a été remise sur la table le 14 septembre dernier lors du discours sur l'État de l'Union.
Les Britanniques sont en effet membre de l'agence de défense, qui n'est pas une agence communautaire, mais intergouvernementale.
Sur la question, évoquée par Jean-Claude Juncker, de la création d'une "armée européenne", Michel Barnier a indiqué que le mot avait été prononcé pour tâter le terrain, mais que le sujet n'était pas d'actualité pour une question de souveraineté : il faudrait en effet pour cela changer les traités. En revanche, il a estimé que l'Eurocorp, à Strasbourg, qui participe régulièrement à des opérations de l'Otan, est la bonne formule.
L'ancien commissaire a clos son intervention en faisant référence à la déclaration de Saint-Malo signée par Tony Blair et Jacques Chirac en matière de défense, qui faisait référence à une stratégie « autonome et solidaire »:
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Par Aline Robert, EurActiv.fr
(Article publié le 15 oct. 2016, mis à jour le 17.10 à 12:35)

Aline Robert, EurActiv
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