Le rapport d'information sur la Coopération structurée permanente des deux députées Natalia Pouzyreff (LREM) et Michèle Tabarot (LR) est édifiant... et malheureusement consternant sur les renoncements, voire les bras d'honneur, de certains pays européens en matière d'Europe de la défense soutenue à bout de bras par la France. Pourtant peu suspectes d'euroscepticisme, les deux parlementaires ont été contraintes de lister lors de leur mission flash, les insuffisances graves de la Coopération structurée permanente (CSP), qui relèvent, expliquent-elles, de "la responsabilité des États participants". Ainsi des engagements ne sont "pas tous respectés, notamment deux des plus importants d'entre eux" : les acquisitions d'armements auprès des États-Unis se sont multipliées, en contradiction avec plusieurs engagements de la CSP, et le respect des engagements opérationnels se heurte aux réticences des États-membres. Le constat est dur et accablant mais réaliste.
En dépit des ratés de la CSP, les deux députées gardent une bienveillance à l'égard de l'Europe de la défense relancée en septembre 2016 par la France et l'Allemagne lors du sommet de Bratislava. Parmi toutes les initiatives, la CSP occupe une place centrale et poursuit à la fois un objectif de développement capacitaire dans le domaine de l'armement ainsi que dans le domaine opérationnel. Lancée en décembre 2017 et rassemblant tous les États-membres (à l'exception de Malte et du Danemark), elle est le cadre de coopération pour la mise en œuvre de 47 projets. La CSP, qui est fondée sur 20 engagements contraignants auxquels ont souscrits les États-membres participants, "symbolise la volonté politique de construire ensemble l'Europe de la défense", expliquent-elles.