Avec l'installation d'une usine 4.0 de 6.000 m² prévue pour la fin de l'année 2023, à Avrillé, dans le Maine-et-Loire, ce sera la première implantation industrielle de la startup Expliseat. Et du même coup, un vrai changement de modèle pour cette entreprise parisienne forgée à la R&D et à l'innovation. A l'origine d'une centaine de brevets pour développer un siège d'avion en carbone et en titane (Ti-Seat), certifié pour être, avec ses 6 kilos, le plus léger du monde, Expliseat vient de lever dix-sept millions d'euros pour accélérer son développement. Ce tour de table a été mené auprès du fonds SPI (Sociétés de Projets Industriels), géré pour le compte de l'État par Bpifrance dans le cadre de France 2030, de Go Capital, du fonds NCI et de BNP Paribas Développement, actionnaire historique d'Expliseat. Forte de sa technologie innovante, l'entreprise revendique avoir déjà commercialisé plus de 10.000 sièges ultra légers en Amérique du Nord, en Inde, en Chine... auprès de constructeurs d'avions (Airbus, Boeing, Dassault Aviation, Bombardier...) et de compagnies aériennes (Air Méditerranée, Air Tahiti, Cebu Pacific...). A ce jour, aucun des principaux acteurs du marché (l'allemand Recaro, le français Safran et l'américain Collins, repreneur de B/E Aerospace) ne produirait un siège descendant sous les huit kilos.
Selon Expliseat, sa technologie permettrait de réduire la masse des avions de 600 à 1800 kilos, en fonction du type d'appareils, de limiter la consommation de carburant et, par conséquent, les émissions de CO2 de 3% à 7% par passager. Un enjeu primordial pour le transport aérien mais aussi pour le ferroviaire, le maritime, le transport routier et surtout la mobilité électrique où Expliseat entend renforcer sa diversification engagée depuis 2020. Objectif : prendre une part croissante du marché des sièges destinés aux nouveaux moyens de transport public à motorisation électrique, « principalement dans les trains, les cars et les bateaux mais aussi dans l'industrie du cycle. L'accélération du développement des mobilités propres, que ce soit pour l'électrique ou l'hydrogène, a accentué le besoin de réduction de masse car les technologies actuelles de stockage d'énergie ne permettent pas d'atteindre facilement les performances (autonomie, masse d'emport...) nécessaires aux usages », précise Amaury Barberot, devenu PDG d'Expliseat, en juillet dernier, suite aux retrait opérationnel des fondateurs historiques. Diplômé de l'école des Mines de Paris, il avait jusque-là en charge les opérations industrielles et le développement commercial d'Expliseat et en maîtrise les arcanes. Celui-ci pourrait annoncer prochainement la signature de deux nouveaux partenariats, liée à cette diversification. « Les ingénieurs travaillent dessus. Ces productions pourraient concerner des milliers ou des dizaines de milliers d'unités et accompagner la montée en puissance du site d'Angers », dit-il.