Exportations d'armes : Qatar, Belgique et Arabie Saoudite, le top 3 des pays clients de la France

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Le contrat de 12 Rafale supplémentaires au Qatar (1,1 milliard d'euros) est entré en vigueur en 2018
Le contrat de 12 Rafale supplémentaires au Qatar (1,1 milliard d'euros) est entré en vigueur en 2018 (Crédits : Abhishek Chinnappa)
Les prises de commande d'armes Made in France se sont élevées en 2018 à plus de 9,1 milliards d'euros (9,118 milliards d'euros), en augmentation de 30% par rapport à 2017. Ce sera l'un des thèmes abordés lors du Paris Air Forum, organisé par La Tribune et qui se déroulera le 14 juin à la Maison de la Mutualité. Le général Stéphane Abrial, directeur général délégué chez Safran, Thierry Carlier, directeur du développement international de la direction générale de l'Armement (DGA) et Pascale Sourisse, directeur général Développement International de Thales débattront sur le thème "Armement : pourquoi la France doit exporter".

En 2018, la France a réalisé sa troisième meilleure performance depuis 20 ans en termes de ventes d'armes. Les prises de commande se sont élevées à plus de 9,1 milliards d'euros (9,118 milliards d'euros), en augmentation de 30% par rapport à 2017. Il est marqué par quelques contrats emblématiques à destination de la Belgique (véhicules blindés), du Qatar (Rafale et hélicoptères NH90), de l'Espagne (NH90) et de l'Arabie saoudite (patrouilleurs). Ce résultat s'explique en partie par la conclusion de grands contrats : six contrats d'un montant supérieur à 200 millions d'euros, dont cinq supérieurs à 500 millions d'euros. Soit un montant de 3,5 milliards d'euros, en hausse de près de 30% par rapport à 2017.

"Ces résultats sont obtenus dans un contexte de concurrence particulièrement vive avec la confirmation de la suprématie américaine et l'émergence de nouveaux grands exportateurs (Chine notamment)", a expliqué le ministère des Armées dans le rapport au Parlement sur les exportations d'armes.

Enfin, le montant des exportations françaises repose pour une large part sur un socle de contrats inférieurs à 200 millions d'euros, qui constitue la partie stable et récurrente de la performance des entreprises françaises à l'exportation. Ce socle d'un montant de près de 4 milliards d'euros apparaît, à l'instar de 2017, légèrement supérieur à la moyenne enregistrée ces dernières années. Ce bilan, qui consolide la place de la France dans le top 5 des vendeurs d'armes mondiaux, traduit également "l'orientation européenne prise par la  politique d'exportation" de Paris, a fait valoir le ministère des Armées dans le rapport au Parlement sur les exportations d'armements. Ainsi, la part représentée par l'Europe a dépassé l'année dernière pour la première fois 25%. Mais est-ce un résultat exceptionnel ou qui sera récurrent à l'avenir ?

Qatar, Belgique et Arabie Saoudite

Une large part de ce bilan 2018 repose sur les deux contrats majeurs à destination du Qatar (2,37 milliards d'euros au total) : la vente, par Leonardo Helicopters de 28 NH90 au Qatar - un contrat évalué à plus de 3 milliards d'euros, dont un peu plus de 1,5 milliard pour Airbus Helicopters - ainsi que l'entrée en vigueur du contrat pour 12 Rafale supplémentaires (1,1 milliard d'euros). L'affermissement, en 2017, de cette option au contrat de vente, en 2015, des 24 premiers appareils illustre le crédit porté par le Qatar à la qualité des matériels français.

Au deuxième rang, on trouve la Belgique avec un montant exceptionnel de 1,12 milliard d'euros. Bruxelles, qui n'avait jamais acheté pour plus de 50 millions d'euros d'armes à Paris depuis dix ans, a acheté à la France plus de 400 véhicules blindés (60 Jaquar et 382 Griffon) dans le cadre du programme belge CaMo (Capacité motorisée) pour un montant de 1,6 milliard d'euros (1,1 milliard pour la part française). Enfin, l'Arabie Saoudite complète le podium (949,3 millions). Dans le top 15, l'Espagne (583 millions d'euros) fait une entrée fracassante, Madrid n'ayant jamais acheté pour plus de 85 millions d'armes à la France. Viennent ensuite l'Inde (409,7 millions), la Thaïlande (321,9 millions), l'Egypte (287,4 millions), l'Argentine (272,3 millions), le Koweït (265,4 millions), les Emirats Arabes Unis (191,4 millions), l'Ouzbékistan (190 millions), les Etats-Unis (158,1 millions), l'Italie (115,1 millions), l'Indonésie (114 millions).et, enfin, le Royaume-Uni (111,7 millions).

Le Proche et Moyen-Orient, première région pour les armes françaises

Le Proche et le Moyen-Orient restent la première région d'exportation de la France, avec un peu plus de 50% des prises de commandes (contrats signés et entrés en vigueur), en recul toutefois de 10 points par rapport à 2017, a précisé le rapport. Les livraisons à l'Arabie saoudite et aux Emirats arabes unis restent très controversées en France en raison de l'implication de ces deux pays dans la guerre au Yémen. Le conflit a tué des dizaines de milliers de personnes depuis 2015, dont de nombreux civils, selon diverses organisations humanitaires. L'Arabie Saoudite est restée en 2018 un bon client de la France en matière d'armement avec des prises de commandes proches d'un milliard d'euros en 2018, loin devant les Emirats Arabes Unis (environ 200 millions). Elle n'est devancée seulement par le Qatar et la Belgique.

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Commentaires
a écrit le 06/06/2019 à 16:01 :
on gagne de l'argent en tuant les innocents au yemen , en syrie .....en irak , vive l'argent de la mort
a écrit le 05/06/2019 à 23:26 :
''Madrid n'ayant jamais acheté pour plus de 85 millions d'armes à la France.'' ?

AMX-30, hélicoptères Puma et Mirage F1 , ne jamais dire jamais :)
a écrit le 05/06/2019 à 8:37 :
Nous eussions aimés que la Belgique nous achete aussi des avions.
Est ce que l'attitude de Trump n'y serait pas pour quelque chose ?
Vu les niveaux d'équipements en armes de par le Monde, il va bien falloir un jour les essayer "pour de vrai".

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