Fabrice Brégier : départ d'un responsable historique d'Airbus

 |   |  700  mots
Le numéro deux d'Airbus Fabrice Brégier a été poussé dehors alors qu'il n'a pas démérité
Le numéro deux d'Airbus Fabrice Brégier a été poussé dehors alors qu'il n'a pas démérité (Crédits : Reuters)
Le patron d'Airbus Tom Enders ne briguera pas de nouveau mandat après avril 2019 tandis que le numéro deux du groupe et président d'Airbus Commercial Aircraft, Fabrice Brégier, quittera ses fonctions. Il sera remplacé par Guillaume Faury, actuel PDG d'Airbus Helicopters.

Comme La Tribune l'annonçait jeudi soir, le patron d'Airbus Tom Enders ne briguera pas de nouveau mandat après avril 2019 tandis que le numéro deux du groupe et président d'Airbus Commercial Aircraft, Fabrice Brégier, quittera ses fonctions en février 2018. Il sera remplacé par Guillaume Faury, l'actuel PDG d'Airbus Helicopters, qui prendra le poste de président d'Airbus Commercial Aircraft. "Le conseil d'administration d'Airbus SE a décidé de remanier la direction de l'entreprise afin d'assurer une succession en bon ordre au sein du top management d'Airbus", a expliqué vendredi matin le groupe dans un communiqué, qui confirme les informations de La Tribune.

Fabrice Brégier se retire

Selon le communiqué, Fabrice Brégier (56 ans) a fait savoir au conseil d'administration qu'il ne souhaitait pas prendre part au processus de sélection du nouveau patron pour 2019 et qu'il quitterait ses fonctions en février 2018 pour saisir de nouvelles opportunités. Très clairement, il a été poussé dehors alors qu'il n'a pas démérité. "Après 25 ans au sein de l'entreprise, dont cinq comme CEO de MBDA, quatre comme CEO d'Eurocopter et onze en tant que COO, CEO ou président d'Airbus Commercial Aircraft, le temps est venu pour moi de saisir de nouvelles opportunités", a expliqué Fabrice Brégier, cité dans le communiqué.

Fabrice Brégier a précisé que jusqu'à son départ l'année prochaine, il s'emploiera "à respecter les engagements d'Airbus vis-à-vis des toutes ses parties prenantes et à assurer une transition harmonieuse" avec Guillaume Faury. Sur le départ de Fabrice Brégier, la déclaration de Tom Enders vaut son pesant d'or : "Je comprends la décision de Fabrice et ses motivations et, sincèrement, je n'aurais pas agi autrement". "Nombre des succès qui ont fait la fierté de cette entreprise au cours des dix dernières années ont été conjointement menés par Fabrice et moi-même", a-t-il expliqué.

Sur l'arrivée de Guillaume Faury, Tom Enders a estimé que "Guillaume représente notre nouvelle génération de leaders". "À la direction de nos activités hélicoptère, il a démontré qu'il possédait une vaste expérience des affaires et de l'industrie ainsi qu'un état d'esprit tourné vers l'international, et il a clairement mis l'accent sur la création de valeur", a déclaré Tom Enders. La succession de Guillaume Faury à la direction d'Airbus Helicopters sera décidée et annoncée dans les prochaines semaines. Selon nos informations, le nom du directeur des ressources humaines Thierry Baril est évoqué pour succéder à Guillaume Faury. Ce dernier a réagi immédiatement : « je ne suis pas candidat à la succession de Guillaume Faury en tant que CEO d'Airbus Helicopters. J'ai encore de nombreux défis à relever dans mes fonctions actuelles en tant que Chief HR Officer d'Airbus. Mon rôle est avant tout d'accompagner la transition managériale au sein d'Airbus », a-t-il dit.

Tom Enders partira en 2019... en principe

De son côté, Tom Enders (59 ans) a informé le conseil qu'il ne souhaitait pas briguer un nouveau mandat de PDG au terme de son mandat actuel qui prendra fin au moment de l'assemblée générale des actionnaires en avril 2019. Il n'est pas non plus impossible que le patron n'aille pas aux termes de son mandat. "Le privilège de diriger cette formidable entreprise va de pair avec la responsabilité d'assurer une succession sans heurts le moment venu", a-t-il expliqué dans le communiqué. En 2019, Tom Enders aura passé 14 ans à la tête d'Airbus et d'EADS.

"L'aventure a été longue et passionnante, mais il est temps à présent d'initier un changement de leadership. Nous avons besoin d'esprits neufs pour les années 2020. Au cours des 16 prochains mois, je collaborerai avec le conseil d'administration afin d'assurer une transition fluide avec le prochain CEO et une nouvelle génération de dirigeants", a déclaré Tom Enders.

Au cours de l'année 2018, le conseil d'administration évaluera des candidats potentiels en interne et en externe pour le poste de PDG d'Airbus en vue de désigner le successeur de Tom Enders dans les délais requis pour une validation lors de l'assemblée générale en 2019.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 24/12/2017 à 16:35 :
Il était temps que cet empêcheur de tourner en rond de Brégier s'en aille. Sortir les avions tant en qualité qu'à temps ça va un moment, mais ça fait de l'ombre sur ceux qui, au plus haut niveau, n'ont été capables que de monter de minables opérations de corruptions ! Et faire de l'ombre à un Kaiser corrompu appelle forcement des représailles sur tous les français qui ont eu le malheur de montrer, par opposition, leur compétence.

Aucun des français sacqués dans cette affaire n'a quoi que ce soit à se reprocher, bien au contraire. Malheureusement cette pure agression contre la composante française historique d'Airbus ne trouve qu'un ventre mou chez nos politiques pour la contrer.

De Gaulle lève-toi, les Pétains, Laval, Ranque, Macron et consorts sont de retour et plus obséquieux que jamais envers l'oppresseur.
a écrit le 18/12/2017 à 9:42 :
Je pense que ct article est plein de sous-entendus et de non-dits. Pourquoi la direction de la recherche développement de Suresnes à fermé? Que sont devenus ceux qui y travaillaient? Plusieurs magazines se sont fait l'écho d'un profond désaccord ente T Enders et F Brègier qui porterait sur "l'atlantisme" de T Enders
Airbus n'a apparemment plus aucun programme d'avion nouveaumême au stade d'avant projet. Inquiétant, non?
a écrit le 16/12/2017 à 3:09 :
Faut lui faire une cagnotte de départ ? Celui-là ou un autre dans la réalité ça ne changera pas grand chose à ce qui se décidé en haut lieu ...
a écrit le 15/12/2017 à 20:42 :
La moquette est savonneuse. C'est pour ça.
a écrit le 15/12/2017 à 12:25 :
Ils ne pouvaient pas méconnaître les actions de corruption actuellement reprochées à Airbus. C'est la vraie raison de ces départs forcés.
A la SNCF il est incompréhensible que Guillaume Pépy n'ait pas été congédié depuis longtemps alors que cette entreprise a connu plusieurs accidents mortels.
a écrit le 15/12/2017 à 10:24 :
Apparemment le seul reproche qui puisse être fait à F. Brégier c'est un manque de loyauté envers Enders à propos de problèmes de corruption (dont Brégier n'est pas responsable a priori). Sinon, Brégier a quand même quelques réussites éclatantes à son actif, notamment le programme A350XWB qui est une réussite technique et industrielle (mérite à partager avec le chef de projet Didier Evrard qu'il a été recruté chez MBDA, c'était là qu'ils s'étaient connus) et les lancements des A320 Neo et A330 Neo, avec le succès commercial que l'on sait (surtout pour le premier). Cela contraste avec les déboires de la période antérieure (A380 et A350 première version). Si on devait le juger que sur la "création de valeur", les actionnaires d'Airbus devraient applaudir des deux mains (l'action a plus que triplé en 5 ans). Hormis l'intérêt des actionnaires (dont l'Etat français c'est à dire nous tous), celui de l'entreprise et de ses salariés a été bien servi avec un carnet de commandes rempli pour 10 ans ce qui est tout à fait exceptionnel dans l'industrie.
Réponse de le 15/12/2017 à 18:11 :
Un manque de loyauté, pour tout collaborateur et surtout au plus haut niveau, c'est un des pires reproches que l'on puisse faire, donc quand bien même ce serait le seul à adresser à F. Brégier cela justifierait totalement un départ qui est sans doute tout sauf volontaire.
a écrit le 15/12/2017 à 10:04 :
C’est la fin des matra’s / lagardere’s boys qui s’etaient toujours méfier de leur partenaires d’outre Rhin, enfin parvenus ce jour à leur fin ... mais dans quel paysage! Plus de business développement, une fonction commerciale figée car vendre est devenu risqué et très peu de français dans les coursives.. reste à créer un site pour e-vendre les avions ou à sous traiter leur commercialisation chez Amazon, les normes OCDE auront alors lavé plus blanc que blanc et lessivé l’entreprise..
Réponse de le 15/12/2017 à 14:07 :
Il y a beau temps qu'il n'y a plus de Lagardère's boys au pouvoir chez Airbus avion. Le ménage a été fait au profit des Aérospatiale. C'est un vieux mythe qui arrange bien ceux qui sont en place que de toujours accuser Lagardère et Matra. Quant aux Germains, rassurez vous, ils sont toujours en place.
a écrit le 15/12/2017 à 8:56 :
TOM ENDERS aidé par DENIS RANQUE ont gagné et ont fait démissionner le plus compétent FABRICE BREGIER qui n'a eu aucun soutien du gouvernement français car ce dernier privilégie la sacro sainte alliance FRANCE ALLEMAGNE. Nous verrons à mon sens l'influence française dans AIRBUS continuer de diminuer et les emplois partir de FRANCE également . Bon courage à mes anciens copains de Toulouse
Réponse de le 15/12/2017 à 15:03 :
apparement c est un francais qui replacera Tom Enders. donc on est pas franchement perdant. apres il faut surtout qu il soit competant, la nationalite est quand meme pas le crieter decisif. sinon je propose de nommer Segolene, avec elle c est sur que Airbus est en faillite en moins de 5 ans

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :