Airbus : intox, manipulation et coups tordus entre Tom Enders et Fabrice Brégier

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(Crédits : Airbus)
Selon nos informations, Tom Enders n'aurait pas encore pris sa décision de quitter le groupe en 2019. En revanche, Fabrice Brégier serait sur le départ.

C'est un duel à mort entre deux grands fauves de l'industrie européenne, Tom Enders et Fabrice Brégier, respectivement les numéros un et deux d'Airbus. Deux grands fauves aujourd'hui blessés à mort par les affaires qui tournoient et rôdent autour du groupe. Une chose est sure, comme l'avait révélé La Tribune, ils sont tous les deux condamnés à plus ou moins brève échéance. Le mandat de Tom Enders se termine en 2019, celui de Fabrice Brégier en avril 2018, selon nos informations. En 2019, Airbus saura enfin ce qu'il devra payer comme amende à la Grande-Bretagne et à la France à l'issue des enquêtes du Serious Fraud Office (SFO) et du Parquet national financier (PNF).

Une source a récemment confirmé à La Tribune qu'un accord entre Berlin et Paris a été négocié pour pousser dehors l'actuelle direction d'Airbus. Et les déclarations début novembre de la Chancellerie en faveur d'un statu quo au sein de l'avionneur, n'ont pas vraiment trompé les initiés. Dans une période politique compliquée et difficile avec la constitution d'une coalition, Angela Merkel ne voulait surtout pas ouvrir ce dossier explosif à ce moment-là. C'est toujours le cas.

Manipulation et coups tordus en tout genre?

En attendant le retour d'Angela Merkel sur ce dossier, Tom Enders et Fabrice Brégier sont encore bien à leur poste et aussi dangereux que peuvent l'être des fauves blessés. Aussi, tous les coups sont permis. Tom Enders va-t-il partir à l'issue de son troisième mandat en 2019 comme l'affirme Le Figaro? Selon nos informations, le patron d'Airbus hésiterait encore à rempiler et annoncerait sa décision en 2018. Ce serait du 60-40 pour un départ. Mais "aucune décision n'est prise", assurent ainsi deux sources proches du dossier. La survie du directeur financier Harald Wilhelm, qui a gardé la confiance des marchés, reste conditionnée à la présence de Tom Enders dans le groupe.

Est-ce alors une manipulation de l'entourage de Fabrice Brégier et/ou de l'Elysée, qui aimerait une concomitance des départs? A qui profite le crime sinon à ceux qui veulent voir Tom Enders partir? L'ambiance dans le groupe est profondément délétère. "C'est pire que jamais", observe-t-on en interne. Et jeudi, le conseil d'administration d'Airbus, sur lequel les Etats français et allemands n'ont aucun contrôle, se réunit. Selon nos informations, ni la succession de Tom Enders, ni celle de Fabrice Brégier ne devraient être abordées.

Fabrice Brégier sur le départ?

Depuis plusieurs jours, Fabrice Brégier s'active en coulisse et dans la presse. Une sorte de baroud d'honneur car il se sait condamné à brève échéance. Très brève échéance. Il a fait le tour des lieux de pouvoir en France (Elysée, Matignon...) pour obtenir du soutien qu'il n'a, semble-t-il, pas eu. Il n'a pas démérité mais on lui a expliqué la situation : une opération "main propre" à la tête d'Airbus impliquerait le départ de tout le comité exécutif du groupe, Français compris. Dans ces conditions, il aurait déjà négocié les conditions de son départ, qui doit être officiellement annoncé en février. C'est le scénario écrit. Fabrice Brégier va-t-il le faire dérailler? A suivre.

Qui pour remplacer Fabrice Brégier? Le président du conseil d'administration Denis Ranque soutiendrait Guillaume Faury, qui souhaite se tenir éloigné des règlements de compte à Toulouse. Le patron d'Airbus Helicopters n'a aucune envie de prendre une balle perdue. C'est une position qui se défend au vue de l'ambiance au sein d'Airbus à Toulouse...

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a écrit le 17/12/2017 à 9:59 :
Le départ de deux dirigeants de haut niveau cher Airbus est regrettable, mais se ne sont pas eux qui fabriquent les avion?
Le changement de direction vas permettre le devellopement d'une nouvelle stratégie, une opportunité de rééquilibrer cette entreprise, de renforcer la production militaire du groupe....
Personnellement au lieu de construire une nouvelle usine en Chine ( la premiere n'est toujours pas Tres performent, d'après certain article) , nous ferions mieux de nous implanter en Ukraine, pays qui construisaient des gros porteur au temps de l'URSS.
a écrit le 14/12/2017 à 6:18 :
C'est clair que la France va aussi se détruire l'industrie aéronautique si ça continue comme ça avec toutes ses histoires de copinage, de réseau et de vouloir briller dans le prestige. Dommage que ça peut entrainer la disparition de cette industrie en europe. Donnez Airbus aux allemands et vous aurez Mercedes. Là Airbus est en train de devenir Renault. Merci la France...
Réponse de le 14/12/2017 à 9:37 :
Alors quand je lis Airbus dans un article, on ne parle que d'avions. Pour avoir bossé 17 ans dans la branche Défense, qui comptait tout de même 20000 salariés, c'est pénible de voir à quel point les journalistes et commentateurs en tout genre ne connaissent pas le groupe Airbus.
Maintenant quant à dire que le copinage et le réseautage à la française vont tuer le groupe, c'est assez drôle et prouve bien que vous ne connaissez pas l'histoire du groupe.
D'une, depuis la fusion Aérospatiale-Matra/Daimler-Benz (majoritairement, j'ai laissé de côté les Espagnols minoritaires), il y a eu une direction bicéphale puis une alternance jusqu'en 2012 à la fin du mandat de Louis Gallois.
La direction est ensuite revenue à Tom Enders, un Allemand, qui au passage a fait multiplier son salaire par 1.5. A partir de là, fin de l'alternance, Tom Enders a pu faire deux mandats et se préparait à en entamer un 3ème.
Il aura finalement cassé tout ce qui avait été fait par son prédécesseur afin d'augmenter la profitabilité du groupe aux dépends d'une véritable politique industrielle.
Annoncer 10% d'EBIT en 2013 était tout sauf une politique industrielle et le seul moyen d'y arriver a été d'opérer des coupes dans les sites et effectifs.
La branche Défense, après fusion avec la branche Espace, a connu une réduction d'effectifs de 15% et la fermeture de plusieurs petits sites en France et en Allemagne.
Sachant que la branche Défense était historiquement sous direction allemande, j'ai du mal à y voir une erreur française ou une histoire de copinage, je n'y vois qu'une politique de profit et c'est plutôt ça qui risque de faire la peau d'Airbus.
a écrit le 13/12/2017 à 23:13 :
Et dire qu'il y a de bons esprits pour souhaiter un Airbus du ferroviaire, un Airbus du maritime, un Airbus des blindés, un Airbus du yaourt à la fraise, un Airbus ligne Maginot/ligne Siegfried, de ceci de cela...
a écrit le 13/12/2017 à 18:18 :
Effectivement ce genre d'histoire ne peut qu'aider à renforcer la crédibilité d'Airbus sur le marché international....ces types devraient être virés tout simplement....et leurs sbires avec....
a écrit le 13/12/2017 à 13:20 :
De toute manière, Airbus sera racheté un jour par les chinois. Just a matter of time...
a écrit le 13/12/2017 à 9:12 :
Les resultats de Airbus sont desastreux. Il faut restaurer cette culture de "Resultat", contrairement a ce que le leadership Hollande/Ayrault/Walls a montre pendant 5 ans. Il est donc naturel que Ton Enders, Fabrice Bregier s'en aillent.
Réponse de le 13/12/2017 à 15:05 :
'Les resultats de Airbus sont desastreux', vraiment, racontez nous cela factuellement pour voir? Qu'est ce que le trio Hollande/Ayrault/Walls a à voir dans cette histoire? A ce stade, consulter un médecin serait salutaire...
Réponse de le 14/12/2017 à 10:01 :
"Dans le détail des ventes 2017, sans surprise c'est l'A320 qui arrive en tête avec 607 exemplaires. L'A330 a engrangé 83 commandes contre 41 pour l' autre avion long-courrier de la gamme, l'A350 XWB. En revanche, Airbus n'a vendu aucun super jumbo A380"
Rappelez-vous que l'A320 a ete concu en 1987. Pas de resultats pour l'A330, A350, A380...
Réponse de le 14/12/2017 à 10:48 :
D'une part Airbus ne vend pas que des avions....d'autre part les chiffres que vous évoquez ne concernent en rien les résultats de la société mais le nombre de ventes. Reportez vous au compte de résultat et au cours de l'action avant d'asséner des affirmations fondées sur des fantasmes.

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