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Entreprises & FinanceAéronautique & Défense

Fincantieri/Naval Group : un programme de frégates légères attendu vers 2020?

Photo de Michel Cabirol

Michel Cabirol

Publié le 23 avril 2018 à 04:56 - Mis à jour le 23 avril 2018 à 11:04

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Naval Group souhaitait lancer un nouveau programme de frégates de 4.000 tonnes dans le cadre du rapprochement avec Fincantieri. L’État s'y est opposé. Les deux groupes navals préparent un programme conjoint de frégates légères (3.000 tonnes).

Dur, dur la coopération européenne... Pour apporter de la substance au projet Poséidon (rapprochement entre Fincantieri et Naval Group), les deux chantiers navals avaient comme projet de lancer un nouveau programme commun de frégates de 4.000/4.500 tonnes adaptées à l'export, baptisé ELF (European Light frigate). Il devait dans l'esprit des deux industriels se substituer en partie aux programmes français de frégates de taille intermédiaire (FTI) et italien de patrouilleurs polyvalents hauturier de type PPA, précise-t-on à La Tribune. Deux programmes déjà pourtant lancés par les deux pays : la France a inscrit dans la future loi de programmation militaire (LPM) cinq FTI alors que l'Italie a commencé le programme PPA commandés à sept exemplaires. Fincantieri a d'ailleurs mis sur cale en janvier 2017 dans le chantier de Muggiano la tête de série du programme.

Tirs de barrage

Toutefois, Naval Group et son PDG Hervé Guillou se sont heurtés à un tir de barrage fourni et uni. Après avoir bataillé pour affermir les FTI dans le cadre de la LPM, la Marine nationale s'est logiquement opposée à ce projet, considérant "Un tiens vaut mieux que deux tu l'auras". "Ce projet a été très mal vécu par la Marine nationale", explique-t-on à La Tribune. Pour les marins, les quinze frégates de premier rang qui composent la flotte, seront à termes les huit FREMM, les cinq FTI et les deux frégates Horizon. Ils ont tenu le cap. Point final. Aussi la direction générale de l'armement (DGA) et son homologue italienne ont donc décidé de ne pas donner suite à ce projet.

Surtout l'Élysée et le ministère des Armées ont également fermé la porte à un tel projet dans la future LPM, assure-t-on de sources concordantes. La démarche de Naval Group a par ailleurs agacé, voire irrité dans les couloirs de l'État sur le thème : "On nous a vendu des FTI et maintenant on nous propose un nouveau programme. Il ne faut pas non plus nous prendre pour des..." D'autant que Naval Group a semble-t-il expliqué que la FTI n'était pas finalement le meilleur bâtiment pour l'export, explique une source proche du dossier. Et pourtant ce programme avait pourtant été vendu à l'équipe Le Drian entre autre pour cette caractéristique importante.

Des frégates légères de 3.000 tonnes en 2020?

Dans la corbeille du rapprochement, Naval Group et Fincantieri devront donc se contenter lors de l'annonce de cette opération d'un programme commun de pétroliers ravitailleurs, dont quatre bâtiments vont être commandés par la France (FlotLog). Ces bâtiments seront fabriqués par les deux chantiers sur la base du programme italien Vulcano, un navire de 165 mètres et 23.500 tonnes de déplacement. Pour autant, les deux industriels ont décidé de poursuivre leurs discussions sur le segment des frégates. "Le projet ELF n'est pas mort et n'est pas enterré par la Marine nationale et la DGA", assure-t-on à La Tribune.

Dans l'interview qu'elle a accordée à La Tribune, la ministre des Armées, Florence Parly, a évoqué ce projet :"Nous avons fixé à l'automne puis en février à Rome un calendrier de travail et demandé aux industriels de nous présenter une feuille de route en juin 2018 afin d'évaluer la pertinence à coopérer sur les bâtiments de surface, notamment les frégates légères".

Pour convaincre les deux marines, Naval Group et Fincantieri ont finalement changé de fusil d'épaule. Ce n'est plus une frégate de 4.000/4.500 tonnes mais une frégate légère de 3.000 tonnes sur laquelle travaillent les deux industriels. Ainsi, ils visent à termes le remplacement des cinq frégates de type Lafayette (3.200 tonnes) et des six de type Floréal (2.950 tonnes) en France et, en Italie, celui des OPV de la classe Comandanti.

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La marine italienne compte remplacer ce type de frégates en 2025 tandis que le besoin de la Marine nationale est attendu à l'horizon de 2030. "Les deux pays auraient accepté" le principe de ce programme conjoint, assure-t-on à La Tribune. Pour répondre aux besoins de l'Italie dès 2025, le développement de ce programme doit être lancé "en 2020/2021 au plus tard", affirme-t-on de source proche du dossier. Naval Group espère même convaincre la DGA de la lancer même plus tôt, en 2019/2020.

Quels financements?

Pour le programme de frégates légères, rien n'empêche les deux industriels de commencer à autofinancer les études en attendant le financement par la France et l'Italie, souligne-t-on au ministère des Armées. En tout cas, Paris n'a prévu aucun crédit pour ce projet dans la future LPM. "La LPM, rien que la LPM", assure-t-on de source proche du dossier. Sur ce projet, "on encourage bien sûr les industriels mais oralement", explique-t-on à La Tribune. Ce qui n'est pas encourageant pour financer les études de développement des ELF. Naval Group réfléchit "le cas échéant à simplifier la FTI pour faire des économies et dégager des ressources" pour son nouveau programme. Sinon, le groupe fera le forcing en 2021 dans le cadre de la clause de revoyure de la LPM pour dégager des ressources.

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"Il y a certainement des segments spécifiques, sur lesquels il y a une grande valeur pour que Fincantieri et Naval Group conjuguent leurs efforts", précise-t-on au sein du gouvernement. Notamment à moyen ou long terme sur les frégates légères, qui seraient finalement complémentaires des FTI. Les deux industriels poursuivent leurs discussions. C'est le moins qu'ils puissent faire...

Michel Cabirol

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