Hervé Morin : « Nous allons lancer un fonds pour les sous-traitants de la défense »
Nathalie Jourdan
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Hervé Morin a été ministre de la Défense de 2007 à 2010.
Gonzalo Fuentes
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Hervé Morin a été ministre de la Défense de 2007 à 2010.
Gonzalo Fuentes
LA TRIBUNE - Le président de la République appelle à réarmer la France dans le contexte de la guerre en Ukraine pour laquelle les Etats-Unis de Trump affichent une volonté de se désengager militairement. En prend-on le chemin ?
Hervé MORIN - En 2022, Emmanuel Macron nous a affirmé que nous entrions en économie de guerre. Mais la formule est impropre. Si nous étions réellement dans ce cas de figure, c'est toute l'économie civile qui se mettrait en tension aux côtés du complexe militaro-industriel. Or, nous n'en sommes pas là. Certes, la nouvelle Loi de programmation militaire acte une augmentation des crédits. Mais en réalité, peu de nouvelles commandes ont été passées entre 2022 et aujourd'hui.
La Normandie abrite une petite centaine de sous-traitants, la plupart de rang 2 ou 3, qui travaillent pour le secteur de la défense. Sont-ils prêts à absorber une montée en cadence ?
À ce stade, j'en doute. Pour que les PME soient en capacité de répondre au choc de production qui s'annonce, il faut leur donner plus de visibilité. En clair, elles ont besoin de commandes fermes, pas seulement sur un rythme annuel mais sur un terme plus lointain comme j'ai eu l'occasion de le dire à Eric Lombard (ministre de l'Économie et des Finances, ndlr). Faute de cela, elles seront dans l'incapacité de faire financer les investissements nécessaires par leurs banques mais aussi de lancer les recrutements et les plans de formation ad hoc.
Que préconisez-vous pour y remédier ?
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Lorsque la DGA, la Direction générale de l'armement, passe commande aux grands donneurs d'ordre, il faut qu'elle veille à ce que ces commandes soient simultanément fléchées vers les sous-traitants pour que ceux-ci ne restent plus dans le brouillard. De leur côté, les industriels doivent s'efforcer d'offrir plus de visibilité à leurs fournisseurs. Après tout, Airbus est bien parvenu à le faire avec sa supply chain, même si c'est encore imparfait. Pourquoi n'appliquerait-on pas le même modèle dans la défense ?
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Nathalie Jourdan