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Entreprises & FinanceAéronautique & Défense

Défense : France, Allemagne, Espagne, Suède… à chacun son plan d’investissement

Photo de Agathe Perrier

Agathe Perrier

Publié le 26 mars 2025 à 18:29 - Mis à jour le 28 mars 2025 à 07:27

La Commission européenne prévoit de mobiliser quelque 800 milliards d'euros pour le secteur de la défense d'ici à 2030, dont 150 milliards sous forme de prêts.

La Commission européenne prévoit de mobiliser quelque 800 milliards d'euros pour le secteur de la défense d'ici à 2030, dont 150 milliards sous forme de prêts.

Amir Cohen

Le Quotidien Numérique

25 juin 2026

Photo d'illustration de l'article
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Après la France, l’Allemagne, la Pologne ou encore le Royaume-Uni, ce sont l’Espagne et la Suède qui ont annoncé ce mercredi une hausse de leurs dépenses de défense. Des décisions qui s’inscrivent dans le cadre des efforts réclamés par l'Union européenne face à la menace russe et au désengagement américain.

C'est au tour de l'Espagne d'investir dans sa défense. Le Premier ministre espagnol, Pedro Sánchez, a promis, ce mercredi, un plan national destiné à stimuler l'industrie de sécurité et de défense de son pays. « Le gouvernement (le) lancera avant l'été », a-t-il assuré lors d'une allocution au Parlement. Ce programme « concentrera le gros de l'investissement supplémentaire exigé par nos partenaires européens », a-t-il ajouté, sans fournir de détails à ce stade sur son contenu.

Il faut dire que l'Espagne a du retard en la matière. Selon les données de l'Otan, elle affiche les dépenses militaires les plus basses en pourcentage du PIB (produit intérieur brut) parmi les pays membres de cette alliance. Elle y a consacré 1,28 % de son PIB en 2024, alors que ce niveau devrait être au moins à 2 %.

À ce sujet, la Suède, dont le gouvernement a également annoncé, ce mecredi, vouloir augmenter le budget alloué à ce secteur, est déjà dans les clous puisque le pays scandinave y consacre actuellement 2,4 % de son PIB à sa défense.

Mais il ambitionne d'atteindre 3,5 % d'ici 2030. Et va pour cela accroître ses dépenses de défense à hauteur de 300 milliards de couronnes (environ 28 milliards d'euros) sur les dix prochaines années, comme l'a fait savoir le Premier ministre suédois Ulf Kristersson. Un investissement qui sera financé par des prêts et qui constitue le « plus important réarmement depuis la guerre froide », a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse.

L'Espagne et la Suède rejoignent ainsi la liste des pays de l'Otan qui ont fait des annonces en ce sens ces dernières semaines. Tour d'horizon en huit articles de ces engagements.

✍800 milliards d'euros pour réarmer l'Europe

Les Européens ont donné ce mois de mars leur feu vert au plan « réarmer l'Europe », initié par la Commission européenne. Dans le contexte de la guerre menée par la Russie en Ukraine depuis plus de trois ans et du rapprochement opéré par le président américain Donald Trump entre les États-Unis et la Russie, il vise à renforcer les capacités de défense des Vingt-Sept. Concrètement, quelque 800 milliards d'euros pourront être mobilisés d'ici à 2030, dont 150 milliards sous forme de prêts. Ils serviront en priorité à investir dans les domaines où les besoins sont les plus urgents comme la défense antiaérienne, les missiles, les drones et les systèmes anti-drones ou encore les systèmes d'artillerie.

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Si l'objectif est ambitieux, sa mise en œuvre repose sur l'engagement des États membres. Pour les inciter à augmenter leurs dépenses, Bruxelles a proposé de les autoriser à consacrer jusqu'à 1,5 % de leur PIB aux dépenses militaires pendant quatre ans, sans contrevenir aux règles budgétaires limitant les déficits publics. Chaque pays qui souhaite en profiter doit pour cela solliciter, d'ici fin avril, une exemption aux règles budgétaires en vigueur.

📰 Notre dernière actualité. L'Europe lance officiellement son processus de réarmement

📰 Notre décryptage. Défense : le palmarès des pays européens qui dépensent le plus

✍La France mise sur le privé et l'épargne populaire

Du côté de l'Hexagone, les dépenses militaires devraient passer de 2 % actuellement à 3,5 % du PIB à horizon 2029. Or, le pays faisant face à des difficultés budgétaires et industrielles, le gouvernement n'entend par, pour autant, demander l'exemption aux règles budgétaires européennes. « Nous ne souhaitons pas que cet effort de guerre augmente la pression sur nos finances publiques. Ce qui veut dire concrètement que la France devra faire des choix pour financer cet effort de défense », a prévenu la semaine dernière le ministre de l'Économie, Éric Lombard.

📰 Notre décryptage. Dépenses militaires : Paris veut rester dans les clous du Pacte de stabilité européen

Selon Bercy, les entreprises de la base industrielle et technologique de la défense (BITD) devront mobiliser entre 5 et 7 milliards d'euros, dont 1 à 3 milliards d'euros de fonds propres dans les cinq prochaines années. Problème : les banques sont parfois frileuses pour financer ce secteur, pourtant hautement stratégique. Pour amorcer la pompe, les investisseurs publics vont mettre « 1,7 milliard d'euros sur la table », a annoncé Éric Lombard.

Le reste devrait venir des investisseurs privés et de l'épargne populaire. Dans cette optique, la banque publique d'investissement Bpifrance va lancer un nouveau fonds de capital investissement (aussi appelé private equity) de 450 millions d'euros. Chaque Français pourra y contribuer à partir de 500 euros à placer, sachant que les sommes allouées seront bloquées pour au moins cinq ans.

📰 Notre dernière actualité. Financement de la défense : un placement de 500 euros sera proposé aux Français

📰 Notre analyse. Financement de la défense : quels produits votre banque pourrait vous proposer ?

✍Le « bazooka » budgétaire de l'Allemagne

Championne depuis des décennies de l'orthodoxie budgétaire, l'Allemagne a longtemps négligé les dépenses militaires au profit du parapluie américain qui la protégeait depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. Un temps révolu : la semaine dernière, les parlementaires allemands du Bundestag ont voté en faveur d'un colossal plan d'investissement de 500 milliards d'euros dans les infrastructures. Ce dernier s'appuie largement sur la création d'une dérogation au frein à l'endettement, qui pourra s'appliquer à l'avenir également à de futurs investissements dans la défense.

Mais attention : « Pour la défense par exemple, l'argent ne fera pas tout », prévient Paul Maurice, chercheur à l'Institut Français des Relations Internationales (IFRI), dans une interview à La Tribune. « Il faudra que les Allemands sachent pourquoi ils investissent et avec quels objectifs stratégiques ».

📰 Notre dernière actualité. Allemagne : feu vert pour le plan d'investissement géant et un soutien à l'Ukraine

✍En Pologne, un objectif à 4 % du PIB : du jamais vu

Le président polonais Andrzej Duda a annoncé début mars avoir proposé un amendement visant à inscrire dans la Constitution de son pays le niveau minimum de dépenses dans la défense à hauteur de 4 % du PIB chaque année. Soit le double de ce que demande jusqu'à présent l'Otan.

Cet objectif s'explique par la situation géographique de la Pologne : le pays est le seul membre de l'Otan à partager une frontière à la fois avec la Russie et l'Ukraine.

📰 Notre dernière actualité. La Pologne veut graver dans sa Constitution un budget de défense jamais vu

✍Branle-bas de combat aussi au Royaume-Uni

Le Premier ministre britannique Keir Starmer a pris les parlementaires de cours fin février. Dans un discours surprise devant la Chambre des communes, il a déclaré que son gouvernement porterait le budget de la défense à 2,5 % du PIB en 2027, contre 2,3 % actuellement. Une hausse des dépenses inédite « depuis la fin de la guerre froide », a-t-il précisé.

« Nous sommes dans un monde où tout a changé » depuis l'invasion russe de l'Ukraine en 2022. « La nature de la guerre a considérablement changé. C'est une évidence quand on regarde le champ de bataille en Ukraine, et nous devons donc nous moderniser et revoir nos capacités », a défendu le dirigeant britannique.

À lire également

  • « L'Europe de la défense devient une réalité », annonce Emmanuel Macron
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  • Défense : la Bretagne s’organise pour répondre aux besoins militaires

📰 Notre dernière actualité. Le Royaume-Uni augmente son budget défense de manière inédite

Agathe Perrier

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