Industrie aéronautique : "C'est la période de tous les dangers" (Marwan Lahoud, Ace Capital Partners)
Propos recueillis par Michel Cabirol
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Photo d'illustration
DR
Propos recueillis par Michel Cabirol
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Photo d'illustration
DR
LA TRIBUNE - Comment analysez-vous l'état actuel de la filière aéronautique en tant qu'investisseur ?
C'est la période de tous les dangers. Pourquoi ? Après avoir bénéficié des PGE (prêt garanti par l'Etat, ndlr) et mis les salariés en chômage partiel - des mesures qui ont permis d'anesthésier la filière et d'éviter les défaillances en chaîne -, les entreprises aéronautiques doivent actuellement remettre les gaz avec la reprise de l'activité. Elles doivent à nouveau dépenser et investir pour redémarrer les chaînes. C'est aujourd'hui qu'elles ont besoin d'un soutien, qui n'est plus un soutien type PGE, mais un soutien en capital. C'est là que nous devons intervenir avec Ace Capital Partners, filiale de Tikehau Capital.
MARWAN LAHOUD - Par rapport aux crises précédentes, quel est votre regard sur les impacts inédits de cette crise ?
La nouveauté concerne le long-courrier, dont la reprise est beaucoup plus lente que le moyen-courrier. En fonction de leur exposition sur ce segment de marché, les sous-traitants français qui fournissent Boeing, sont plus exposés.
À lire également
Le directeur général de la branche française de la Banque Lazard Jean-Louis Girodolle avait estimé en novembre 2020 au Paris Air Forum qu'il y avait beaucoup d'argent en France pour investir dans la filière aéronautique. Est-ce toujours le cas?
Je confirme. Le problème n'a jamais été la disponibilité de l'argent ; le problème est de faire coïncider l'argent et les idées, l'argent et les projets, l'argent et les promesses de retour sur investissement. Ce n'est donc pas une question d'argent mais de projet industriel. C'est pour cela que j'ai constitué autour de moi une équipe avant tout d'industriels de l'aéronautique, et pas juste un fonds de private equity, qui met un ticket dans une société et sort en ayant réalisé un multiple. Investir dans un bas de cycle demande de l'exigence mais, en tant qu'industriel, nous savons quelle entreprise pourra rebondir. C'est pour cela que je dis aussi que nous sommes une entreprise aéronautique avant d'être un fonds d'investissement.
Propos recueillis par Michel Cabirol