LA TRIBUNE - Que représente IRIS² en termes de business mais aussi en termes d'image globale pour un opérateur de satellites comme Eutelsat ?
EVA BERNEKE - Eutelsat, qui fait partie d'un consortium à trois opérateurs (avec SES et Hispasat, ndlr), signe un contrat avec la Commission européenne pour développer et lancer une constellation européenne dans le cadre le cadre d'un partenariat public privé. L'objectif est de fabriquer une constellation souveraine pour l'Europe et qui porte également beaucoup de capacités commerciales.
Quel intérêt avez-vous à lancer cette constellation en partenariat public privé ?
Les pouvoirs publics européens financent ce projet, notamment les coûts de développement et des nouvelles technologies, à hauteur de plus de 60 %. Cette nouvelle constellation va porter toutes les nouvelles technologies cruciales pour l'avenir comme la 5G, les charges utiles (payload) régénératives et les communications entre satellites. Ces coûts de développement sont extrêmement élevés. Si les opérateurs avaient été les seuls à les porter, cela aurait été beaucoup trop onéreux pour nous. En outre, Eutelsat disposera de 75% au minimum de la capacité d'IRIS² sur l'orbite LEO (orbite basse). C'est le principal intérêt dans ce projet pour Eutelsat. IRIS² sera en synergie parfaite avec notre constellation OneWeb. Elle nous apporte près de 1,5 térabits de capacités supplémentaires, voir plus si le besoin s'en fait sentir, grâce à des satellites très technologiques de dernière génération. Ces satellites auront également une capacité de bandes passantes Ka pour la partie souveraine. Enfin, il est important pour nous Eutelsat de disposer d'un écosystème industriel dans le spatial en Europe compétitif et compétent sur les dernières technologies. IRIS² est la réponse européenne face aux avancées technologiques de Starlink et potentiellement celles de Kuiper, qui réalisent d'importants investissements. IRIS² est un programme qui permet de maintenir un écosystème industriel européen vivant dans le spatial.