Le consortium SpaceRISE et la Commission européenne signent ce lundi dans le cadre d'un partenariat public privé le contrat de concession qui lance la constellation satellitaire IRIS². Les pouvoirs publics européens financeront à plus de 60% IRIS², qui va coûter 10,6 milliards d'euros. Réunis dans le consortium SpaceRISE, les trois opérateurs (Eutelsat, SES et Hispasat) vont quant à eux investir autour de quatre milliards dans la constellation européenne.Environ 10,6 milliards d'euros. Peut-être même jusqu'à 11 milliards... C'est le coût estimé à ce jour pour le développement, la fabrication et le lancement des satellites de la future constellation européenne, baptisé IRIS² (Infrastructure de résilience, d'interconnectivité et de sécurité par satellite) dans le cadre d'un partenariat public privé (PPP). Beaucoup plus modeste en nombre de satellites que la constellation d'Elon Musk, Starlink (jusqu'à 42.000) et celle d'Amazon, Kuiper (3.236), IRIS² sera composée de 282 satellites, dont 264 sur l'orbite terrestre basse dite LEO (entre 200 et 2.000 kilomètres) et 18 sur l'orbite terrestre moyenne dite MEO (entre 2.000 et 36.000 km).
Sur le coût de la constellation, les pouvoirs publics européens (Union européenne et Agence spatiale européenne) financent plus de 60% de la constellation (soit plus de 6,3 milliards d'euros) tandis que les trois opérateurs réunis dans le consortium SpaceRISE (Eutelsat, SES et Hispasat) vont investir autour de quatre milliards d'euros, dont près deux milliards mis sur la table par Eutelsat. A travers France 2030, Paris, qui a soutenu ce projet européen contre vents et marées, va pour sa part financer la constellation européenne à hauteur de 300 millions d'euros environ.
Une constellation mise en service en 2030/2031
Lancée enfin par la Commission européenne, la constellation européenne sera mise en service fin 2030 ou début 2031 dans un marché extrêmement encombré. Soit après les constellations américaines (Starlink et Kuiper, dont les premiers satellites ont été lancés) et chinoise Thousand Sails (G60), qui est développée par Shanghai Spacecom Satellite Technology. Deux autres projets de constellations chinoises (Honghu-3 et Guowang) ont également été lancés. Les trois opérateurs d'IRIS² prévoient le lancement des premiers satellites environ deux ans avant la mise en service de la constellation.
Lancés sur l'orbite LEO, les premiers satellites de la constellation européennes devraient avoir une durée de vie de huit à dix ans. Elle dépendra des progrès en matière de technologie des batteries. Plus lourds, les satellites MEO devraient quant à eux durer plus longtemps.