Comment la concurrence peut relancer l’Europe spatiale
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Le lanceur européen Ariane 6 effectuera son vol inaugural le 9 juillet prochain.
S.Martin/ESA/CNES/Ariane Espace/Ariane Group
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Le lanceur européen Ariane 6 effectuera son vol inaugural le 9 juillet prochain.
S.Martin/ESA/CNES/Ariane Espace/Ariane Group
Tic tac, tic tac, tic tac... Ariane 6 est enfin proche de son premier vol qui était initialement prévu... en juillet 2020. Le futur lanceur lourd de l'Europe devrait s'envoler le 9 juillet. Un premier vol crucial pour Ariane 62, qui comporte logiquement une part de risques non négligeable comme tous les lancements inauguraux. En cas de réussite, il soulagerait une filière lanceur européenne en grande souffrance depuis 2020 et une succession inédite d'aléas et de déboires industriels et techniques : Covid-19, arrêt de l'exploitation de Soyouz en Guyane en raison de la guerre russo-ukrainienne, retards répétés du programme Ariane 6, période de transition complètement ratée entre Ariane 5 et Ariane 6, dysfonctionnements des lanceurs italiens Vega. Soit une industrie tombée en quatre ans de Charybde en Scylla...
« Il est clair que le lancement d'Ariane 6 sera le début d'un fort rebond », a estimé le P.-D.G. du CNES dans une interview accordée à La Tribune. À condition toutefois qu'ArianeGroup, le fabricant du lanceur européen, et sa « supply chain » gèrent d'une main de maître la montée en cadence de la production d'Ariane 6. C'est également vrai pour le lanceur léger européen Vega C, conçu dans la difficulté par le constructeur italien Avio, qui doit régler ses problèmes de qualité. Après son échec en décembre 2022 (premier lancement commercial), le retour en vol de Vega C est attendu au quatrième trimestre de cette année.
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L'entrée en scène d'Ariane 6 sur le marché du lancement combinée au retour en vol de Vega C devrait en grande partie effacer les conséquences de cette crise brutale aux facteurs multiples, qui a durement impacté la filière européenne des lanceurs tant sur le plan opérationnel que financier. Ces deux lancements cruciaux doivent notamment permettre à l'Europe de retrouver un accès autonome à l'espace. Car la souveraineté du Vieux Continent a été cruellement mise à l'épreuve par des lancements (Galileo notamment) confiés par la Commission européenne et l'Agence spatiale européenne (ESA) à l'ogre américain SpaceX, qui taille allègrement des croupières aux deux industriels européens, ArianeGroup et l'Italien Avio. La société de lancements d'Elon Musk, qui évolue désormais dans une autre galaxie, a d'ailleurs établi en 2023 un nouveau record avec 97 vols sur une seule année, soit 50 % de plus qu'en 2022, et près de la moitié des lancements mondiaux.