L'expérience passager, une stratégie différenciante pour les compagnies

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La cabine de l'A350, long-courrier d'Airbus.
La cabine de l'A350, long-courrier d'Airbus. (Crédits : reuters.com)
La cabine, c'est la signature d'une compagnie aérienne. C'est pourquoi les demandes adressées aux constructeurs d'avion sont si variées. Aiguillonnés par ces défis, les avionneurs - et les équipementiers français - misent sur l'action proactive, axée sur l'innovation.

Regarder l'avion avec les yeux ....de Chimène ? Non, avec ceux du client. Dans le jargon des affaires, on parle d'une attitude « customer centric ». Dans l'aérien, cela veut dire se mettre, toujours et encore, à la place du passager. Et améliorer le plus possible son expérience, aussi bien en vol qu'au sol et en transit.

« Après tout, un avion, c'est une cabine qui vole », remarque, avec bon sens, Olivier Zarrouati, président du directoire de Zodiac Aerospace et l'un des panélistes du Paris Air Forum, qui se penchait, au cours d'un débat, sur la course au confort dans les cabines et les défis que cela pose aux industriels.

Du low-cost au grand luxe

La cabine étant la signature de la compagnie aérienne, les demandes sont en conséquence très variées.

« Nous avons noté une diversification de plus en plus forte », confirme à cet égard Yann Barbaux, directeur de l'innovation Airbus. De fait, certaines compagnies misent sur le luxe, et souhaitent une cabine qui transportera une centaine de passagers en classe affaires seulement, ou au contraire, d'autres cherchent à offrir un passage low cost à un maximum de passagers. Et bien entendu, les constructeurs et équipementiers doivent répondre à toutes ces demandes, tout en respectant les réglementations en vigueur.

Un défi lancé aux constructeurs et aux équipementiers

« Nous avons défié Boeing, en demandant des sièges plus confortables pour dormir sur certains des appareils que nous voulions utiliser, des cabines aux allées plus larges, des matériaux plus résistants, qui permettent à la cabine d'avoir l'air toujours neuf », raconte de son côté Shane O'Hare, le vice-président et directeur du marketing de Etihad Airways, la compagnie des Emirats Arabes Unis, connue pour son luxe.

Autant dire qu'en voulant se différencier, ou en répondant tout simplement à la demande des clients, les compagnies aériennes poussent les constructeurs et les équipementiers à innover, réfléchir, proposer des solutions améliorant la fameuse expérience en vol (et au sol) des passagers.

Numérique, nouveaux matériaux, réacteurs moins gourmands en kérosène (qui permettent des longs-courriers encore plus longs), connexion des cabines pour une nouvelle expérience d'in-flight entertainement, et même plus grande purification de l'air, les industriels ont fait des miracles pour innover et relever ces défis.

« Il y a une volonté sans faille d'améliorer l'efficacité de l'appareil, relève encore Shane O'Hare : cela va du réacteur à la moquette. Et si la demande est là, nous serons, nous, là pour le satisfaire. »

Gageons que les équipementiers et les constructeurs seront eux-aussi au rendez-vous.

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DEBAT Course au confort dans les avions: quels défis pour les industriels ?

 

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Commentaires
a écrit le 13/06/2015 à 13:57 :
Depuis la chasse aux coûts et l'optimisation de l'espace à bord des bétaillères volantes, nettoyées sommairement en 30mn à l'escale, voyager en avion n'est plus un plaisir.

C'est même devenu le dernier choix, celui que l'on fait quand c'est vraiment trop long, en voiture, en train ou en bateau. Des aménagements intérieurs plus respectueux des passagers inciteront certains (dont nous) à reprendre ce moyen de transport si rapide et pratique, qu'ils réservent essentiellement aux déplacements professionnels.

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