Pour l'industrie spatiale européenne, la manne financière du programme d'observation de la Terre de nouvelle génération Copernicus ne pouvait pas mieux tomber. L'Agence spatiale européenne (ESA) a parfaitement joué avant l'heure le rôle de "Père Noël" en signant avec les industriels les contrats pour six satellites (2,5 milliards d'euros) dans une période de crise inédite due au Covid-19. Un bol d'oxygène pour les trois grands maîtres d'oeuvre (Airbus, Thales et OHB) mais également pour leurs fournisseurs, qui profitent à plein de la politique de retour géographique de l'ESA. Ainsi, l'Agence spatiale a annoncé jeudi la signature du dernier des six contrats en confiant à Thales Alenia Space (TAS) Italia un contrat de 482 millions d'euros, dont la première tranche s'élève à 90 millions.
"C'est vrai que cette campagne ESA a été un grand succès pour Thales Alenia Space, souligne à La Tribune le PDG de TAS, Hervé Derrey. Sur l'ensemble des six missions, nous avons été sélectionnés sur cinq, dont trois en tant que maître d'oeuvre (CHIME, ROSE-L et CIMR) et deux pour la fourniture d'instruments (CO2M et Christal). Au total, ces programmes représentent un volume d'affaire de l'ordre de 1,8 milliard d'euros si on prend en compte la maîtrise d'oeuvre des programmes sous notre responsabilité et la fourniture des instruments. Nous gagnons des parts de marché sur celle que Thales Alenia Space occupe en général dans les programme de l'ESA. Sur les trois constructeurs de satellites en Europe (OHB, Airbus et TAS), nous étions en général au deuxième rang. Sur Copernicus, nous sommes premiers".
Dans ce cadre, l'Agence spatiale a confié à TAS le développement et la construction du satellite de surveillance de l'environnement ROSE-L (Radar Observation System for Europe in L-band). TAS bénéficiera sur toute la durée du contrat d'un montant de 220 millions d'euros tandis que son partenaire principal Airbus Defence and Space (Airbus DS) sélectionné pour l'instrument radar obtiendra 193 millions. Les autres fournisseurs sont : OHB System (8 millions), le suisse Ruag (5 millions). Enfin, les entreprises de taille moyenne (ETI) et les PME se partagent respectivement 13 millions et 33 millions. Une dizaine de millions reste encore à allouer.