Perseverance a déboulé sur Mars à très, très grande vitesse. A plus de 21.000 km/h. Mais le rover n'a eu que quelques minutes pour se poser à moins de 3 km/h. Pendant cette phase critique, décrite comme les « sept minutes de terreur » par la communauté spatiale, entièrement programmée, plus aucune intervention humaine n'est possible. La précision visée, après un voyage de sept mois et 470 millions de kilomètres, est d'environ sept kilomètres. L'astromobile s'est posé ce jeudi près du cratère de Jezero, qui est vraisemblablement l'emplacement d'un ancien lac. Ce lieu d'atterrissage avait déjà été envisagé pour de précédentes missions, notamment Curiosity, mais il avait été écarté car jugé trop dangereux. L'évolution technologique a permis aujourd'hui de tenter cette manoeuvre avec des risques plus maîtrisés.
En raison du Covid-19, la salle de contrôle de la NASA sera beaucoup moins remplie qu'à l'accoutumée, mais, "cela ne nous empêchera pas de sauter en l'air" de joie une fois l'atterrissage confirmé, a promis Matt Wallace, responsable adjoint de la mission. Après l'atterrissage, de premières photos de la surface arriveront rapidement en basse résolution. Des images vidéo, y compris de l'entrée dans l'atmosphère, sont attendues plus tard.
Perseverance est le véhicule le plus gros et le plus avancé jamais envoyé sur la planète rouge. Construit au mythique Jet Propulsion Laboratory de l'agence spatiale américaine, il pèse une tonne, est équipé d'un bras robotique de plus de deux mètres, de pas moins de 19 caméras et, pour la première fois, de deux micros. La mission Mars 2020, qui a décollé fin juillet de Floride, suscitera énormément d'attente et d'excitation dans le monde entier.