Le chef de la FAA va lui-même piloter le Boeing 737 MAX pour le tester!
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Karen Ducey
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... du 737 MAX. Cette plainte intervient alors qu'un rapport du Congrès accable Boeing et la FAA.
Avant de donner le "go" à un retour en service du Boeing 737 MAX, cloué au sol depuis mars 2019 à la suite de deux accidents qui ont fait 346 morts, Steve Dickson, le responsable depuis août 2019 (après les accidents du MAX) de la direction de l'aviation civile américaine, la Federal Aviation Agency (FAA) veut avoir le coeur net sur la fiabilité des modifications apportées sur cet appareil. A 63 ans, cet ancien pilote de l'armée de l'air américaine, puis de la compagnie Delta où il devint responsable des opérations aériennes, va lui-même tester le 737 MAX. Après avoir procédé à un entraînement sur un simulateur de vol, Steve Dickson prendra les commandes d'un exemplaire à l'occasion d'un vol d'évaluation la semaine prochaine à Seattle. Il partagera ensuite ses observations avec le personnel technique de la FAA. Cette étape est importante pour la remise en service du 737 MAX.
Ce vol test interviendra alors que l'Agence européenne de la sécurité aérienne (AESA) a indiqué ce vendredi que le MAX pourrait obtenir une nouvelle autorisation de vol en novembre et reprendre une exploitation commerciale d'ici la fin de l'année.
Saluant ces propros, l'action Boeing a clôturé en hausse de 7% à Wall Street.
De quoi redonner le sourire aux membres du conseil d'administration et des dirigeants, anciens ou actuels de Boeing, qui font l'objet d'une une plainte de certains actionnaires. Comme l'a révélé vendredi le Wall Street Journal, des actionnaires ont en effet actualisé en septembre leur plainte déposée en juin devant un tribunal du Delaware accusant les membres du conseil d'administration, dont l'actuel patron David Calhoun et son prédécesseur Dennis Muilenburg, et d'autres dirigeants du groupe, de ne pas avoir pris toutes les mesures nécessaires pour empêcher la crise du 737 MAX.
Les plaignants demandent que les membres du conseil et les dirigeants montrés du doigt remboursent à Boeing les pertes financières générées par leur manque de supervision ainsi que toutes les rémunérations reçues dans le cadre de leurs fonctions. La facture s'élève à plusieurs dizaines de milliards de dollars!
Pour les plaignants, les membres du conseil n'ont pas mis en place des outils (comme comité dédié à la sécurité ou un système d'alerte, qui aurait permis d'évaluer et de contrôler la sécurité du 737 MAX avant les accidents mortels de Lion Air fin 2018 et d'Ethiopian Airlines en mars 2019. Les membres du conseil d'administration n'ont, à leurs yeux, "aucune excuse" pour ne pas s'être assurés de la sécurité de l'appareil, surtout dans la mesure où ils ont été, à plusieurs reprises, alertés de problèmes sur la conception, la fabrication et la commercialisation d'autres avions de la compagnie.
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Pour Boeing, ces accusations sont sans fondement" et l'avionneur va s'employer à faire rejeter la plainte d'ici à la fin de l'année, a indiqué un porte-parole du groupe.
Pour autant, le rapport d'enquête final de la commission des Transports du Congrès américain est sans concession pour le constructeur et la FAA.
A la lecture de ce rapport, la commission a conclu mercredi que les accidents mortels du 737 MAX représentent "l'horrible aboutissement" d'une série de défauts d'ingénierie, de mauvaise gestion de la part de Boeing et d'une manque de supervision de la part du régulateur de l'aviation (FAA). Ce rapport final de 239 pages sur les crashs de Lion Air en octobre 2018 et de Ethiopan Airlines en mars 2019 est le fruit de 18 mois d'enquête, de plus d'une vingtaine d'auditions et de l'examen de 600.000 pages de documents.
Il "contient des révélations troublantes sur la façon dont Boeing - sous pression pour concurrencer Airbus et réaliser des bénéfices pour Wall Street - a échappé à l'examen de la FAA, a caché des informations critiques aux pilotes et a finalement mis en service des avions qui ont tué 346 personnes innocentes", a commenté le président de la commission des Transports de la Chambre des représentants Peter DeFazio dans un communiqué.
Le document apporte "au Congrès une feuille de route sur les mesures que nous devons prendre pour renforcer la sécurité aérienne et la transparence réglementaire, accroître la surveillance fédérale et améliorer la responsabilité des entreprises afin de garantir que l'histoire du Boeing 737 MAX ne se répète jamais", a-t-il ajouté.
"Nous avons travaillé d'arrache-pied pour renforcer notre culture de sécurité et rétablir la confiance avec nos clients, les régulateurs et le public", a aussi souligné le groupe.
Ce rapport met en avant cinq thèmes, à commencer par la forte pression financière mise sur Boeing et le programme du 737 MAX pour faire vite, afin de faire face au nouvel appareil d'Airbus, le A320 Neo.
Le document blâme également les hypothèses faites par Boeing sur des technologies essentielles de l'appareil, dont le logiciel antidécrochage MCAS mis en cause dans les deux accidents, ainsi que la culture de dissimulation qui prévaut chez le constructeur et l'a empêché de partager des informations cruciales avec les autorités, ses clients et les pilotes du 737 MAX.
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Les auteurs du rapport mettent également en avant la façon dont le régulateur, la FAA, supervise Boeing, qui crée selon eux des "conflits d'intérêt inhérents", ainsi que l'influence à leurs yeux trop importante de Boeing sur la FAA.
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