Le nombre d'attaques terroristes a doublé dans les pays occidentaux (Aon)

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Les attaques terroristes ont un impact économique sur le tourisme
Les attaques terroristes ont un impact économique sur le tourisme (Crédits : Reuters)
Le nombre d'attaques terroristes a plus que doublé dans les pays occidentaux en 2017 mais le nombre de victimes est resté stable, selon la 21e édition de la cartographie internationale "Risques politiques, Terrorisme et Violences politiques" éditée chaque année par Aon.

Le risque terroriste ne faiblit pas malgré la défaite militaire de Daech au Levant. Bien au contraire. Le nombre d'attaques terroristes a plus que doublé dans les pays occidentaux en 2017 (204 contre 96 en 2016), mais le nombre de victimes est resté stable (1.092 en 2017 contre 1.133 en 2016), répertorie le leader mondial du conseil en gestion des risques et du courtage en assurance et en réassurance Aon dans la 21e édition de la cartographie internationale annuelle "Risques politiques, Terrorisme et Violences politiques".

Pourquoi une stabilité du nombre de victimes ? En raison d'un "modus operandi plus individualisé" des terroristes, qui passent à l'action, précise Aon. Soit clairement des loups solitaires, ce qui les rend plus difficilement détectable. Notamment les terroristes qui utilisent des véhicules comme des armes. Ils ont représenté pour la deuxième année consécutive en 2017 le type d'attaques le plus mortel dans les pays occidentaux avec une moyenne de 2,7 morts par attaque. En revanche, la mortalité de ces attaques a baissé de 75 % par rapport à 2016 (11 morts en moyenne par attaque) grâce à des mesures de sécurité plus drastiques pour les locations de véhicules de grand gabarit.

Cette différence provient "au moins en partie de l'utilisation de gros camions dans les attaques de Nice et Berlin en 2016, comparé à l'utilisation de véhicules plus petits en 2017. L'examen plus minutieux des personnes cherchant à louer de grands véhicules dans des pays occidentaux a probablement contribué à ce changement", explique Aon.

Le secteur touristique, cible de choix des terroristes

Au global, 40% des pays sont classés comme exposés aux risques de terrorisme et de sabotage, selon Aon. Mauvaise nouvelle, pour la troisième année consécutive, les pays dont l'indice de risque de terrorisme et de violence politique a augmenté (17) sont plus nombreux que ceux dont l'indice a diminué (6), dont le Portugal. Logique, un certain nombre de zones de guerre servent encore de foyers au terrorisme international, confirme l'étude d'Aon.

"Les pays qui voient leur note dégradée cette année sont majoritairement situés sur le continent européen ; citons par exemple la République Tchèque, la Norvège, la Finlande, la Slovaquie, la Pologne ou l'Espagne, remarque le responsable du Pôle Risques Politiques d'Aon France, Jean-Baptiste Ory. Ce constat confirme l'installation durable du risque de terrorisme sur ce continent et la nécessaire prise en compte de ce risque dans la stratégie des entreprises".

Selon Aon, le secteur touristique est une cible de choix pour les organisations terroristes et doit donc tout particulièrement s'organiser face aux conséquences d'un risque terroriste accru. En 2017, les branches majeures de cette industrie (hôtels, boîtes de nuit, aviation civile et parcs d'attraction) ont été visées par 44 attaques dans le monde, dont 20 dans les hôtels. Ces attaques ont un impact sur l'économie touristique. Selon la ville de Barcelone, 20 % des touristes qui devaient venir de façon imminente dans la ville catalane ont annulé leur voyage après l'attaque à la fourgonnette des Ramblas en août 2017. En outre, l'économie touristique a également eu des pertes à Londres après une nouvelle série d'attaques terroristes au Royaume-Uni en 2017.

Daech, toujours aussi actif

"La menace que représente le groupe Etat Islamique ne s'étend plus même si elle n'a pas pour autant amorcé de recul", constate l'étude d'Aon. Ce groupe a revendiqué des attaques terroristes dans 29 pays répartis sur cinq continents en 2017, chiffre stable par rapport à 2016. Pour mémoire, la hausse avait été importante en 2016 puisqu'on ne dénombrait "que" 19 pays touchés en 2015. "La portée des attaques du groupe Etat Islamique semble donc marquer le pas et nous anticipons une baisse du nombre de pays touchés pour 2018", estime Aon.

Ainsi, l'État Islamique a revendiqué moins d'attaques dans les pays occidentaux en 2017 (14 contre 19 en 2016) et le nombre d'attaques inspirées par Daech a très légèrement progressé (de 14 à 15). En revanche, le nombre d'attaques terroristes a particulièrement augmenté en Asie du Sud, notamment aux Philippines, qui a été le théâtre d'une attaque spectaculaire à Marawi, et au Moyen-Orient, les deux régions les plus affectées par le terrorisme en 2017. Au Moyen Orient, l'Arabie Saoudite a vu considérablement chuter le nombre d'attaques entre 2016 et 2017 (29 contre 6 en 2017). Les cinq pays les plus touchés par les attaques étaient en 2017 l'Irak, l'Inde, la Somalie, le Pakistan et le Nigeria.

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Commentaires
a écrit le 12/04/2018 à 9:03 :
Seule solution : doubler le contingent en Opex au Moyen Orient et au Mali !
a écrit le 11/04/2018 à 20:47 :
Microsoft avait mis en ligne un robot en 2016... le robot au contact des réseaux... est devenu «  raciste »...
Si chaque personne dans le monde se remet en question sur les sujets : liberté , responsabilité, dignité et «  intègre «  ces valeurs humaines .
Il n’y aurait plus de violence et de fous qui se tuent ou tuent les autres.
Tuer «  est » un crime contre toute l’humanité.( c’est mal)
Aucune raison ne peut justifier ces actes ignobles ,barbares, inhumaines.
La violence n’est pas génétique c’est un comportement ( une maladie)
a écrit le 11/04/2018 à 16:07 :
La religion n'est qu'un prétexte dont se servent les psychopathes pour tuer, si il n'y avait pas Daech, ces terroristes trouveraient un autre prétexte pour commettre leurs crimes, d'ailleurs aux usa, les tueurs de masse ne se donnent même pas la peine de chercher un motif pour tuer.
D'ailleurs on se rend compte souvent que les terroristes étaient des minables qui avaient consacré leur existence à pourrir celle des autres (délinquance, violence conjugale etc...).
Peut-être que les médias ont également leur part de responsabilité en donnant trop d'importance à des minables dont on aurait du taire le nom.
a écrit le 11/04/2018 à 15:30 :
C'est surtout dû à la corruption et à la misère. Helas, le monde ne sera jamais débarrassé de ces barbares.
a écrit le 11/04/2018 à 9:56 :
Un problème de productivité donc des terroristes, obligés d'être plus nombreux pour tuer autant de gens, on ne les félicite pas, d'ailleurs ils perdent marché sur marché en ce moment.

Merci au peuple Kurde de leur avoir mit une sacrée branlée à ces minables.
a écrit le 11/04/2018 à 9:20 :
Un méfait ne devient terroriste que si il est médiatisé en tant que tel! La peur n'est plus qu'une diffusion d'information vrai ou fausse! Quelqu'un en profite pour manipuler la population!
a écrit le 11/04/2018 à 9:20 :
Un méfait ne devient terroriste que si il est médiatisé en tant que tel! La peur n'est plus qu'une diffusion d'information vrai ou fausse! Quelqu'un en profite pour manipuler la population!

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