C'est un projet de constellation européenne en orbite basse (LEO) qui va faire beaucoup de bruit dans l'écosystème spatial français et européen. Il devrait même certainement le bousculer, notamment certains acteurs du NewSpace. Car il est mené par Loft Orbital et Helsing, deux sociétés extrêmement choyées depuis leur création par leurs partenaires financiers. Il faut dire qu'à elle deux, elles ont levé plus d'un milliard d'euros depuis leur début : 770 millions pour Helsing et plus de 300 millions pour Loft Orbital. Selon Marc Fontaine, président d'Helsing France, « ce partenariat entre les deux entreprises associe les approches New Space (Loft Orbital) et New Defense (Helsing) ».
Les deux partenaires européens travaillent ensemble sur ce projet depuis depuis l'année dernière. Ils ont notamment défini ce que pouvait apporter l'Intelligence artificielle (IA) embarquée dans un satellite afin de bâtir une constellation satellitaire résiliente qui pourra répondre au fur et à mesure des nouveaux besoins opérationnels des armées. Et ce grâce à la possibilité de reprogrammer les logiciels embarqués à bord des satellites et, donc, de redéfinir les missions afin de les adapter aux nouvelles menaces. « L'année dernière, nous avons réfléchi aux limites mais aussi au potentiel du software (logiciel, ndlr) embarqué dans le cadre de missions futures que personne ne connait encore », explique Marc Fontaine.
Une chose est sûre, les deux partenaires veulent aller vite, très vite : l'ensemble de la constellation sera lancée dès 2026. Fabriqués en série en Europe, les plateformes satellitaires sont d'ailleurs déjà en production chez Airbus, puis Loft Orbital réalisera l'assemblage de ces satellites multi-missions de la classe des 200 kg pour former une constellation multi-intelligence. Ils seront notamment équipés de plusieurs capteurs (hyperspectral, infrarouge, thermique, optique et de radiofréquence) permettant de couvrir un large spectre de missions au bénéfice des armées. Ils auront une durée de vie de huit ans. Les deux entreprises autofinancent ce projet d'une douzaine de satellites environ. Pour autant, Helsing et Loft Orbital n'ont souhaité préciser le montant de l'investissement, ni le nombre de satellites prévus dans la constellation.