Un autre temps. Le temps de l'insouciance, ou plus vraisemblablement du déni. Le Livre blanc de 2013 a pris en moins de dix ans un énorme coup de vieux. Emmanuel Macron n'a pas souhaité le réactualiser. Résultat, le format de la Marine nationale est loin, très loin d'être en adéquation avec ses besoins mais surtout avec les enjeux maritimes dans le domaine militaire du monde d'aujourd'hui. En dépit d'une très louable hausse des crédits budgétaires depuis son élection de 2017, Emmanuel Macron, qui hérite de ces prédécesseurs de cette situation calamiteuse, est aujourd'hui contraint d'accélérer encore le réarmement des forces armées françaises. A commencer par la Marine nationale, outil par excellence de la souveraineté de la France sur toutes les mers et les océans du monde. Car depuis 1990, le format de la marine nationale a été réduit de moitié. Au chef de l'État de mettre en musique son ambition pour la France.
« La guerre resurgissant à nos portes, à nos frontières, a tout changé. Et elle va nous impliquer de changer encore davantage (...) S'il faut aller plus loin, plus fort pour la sécurité de nos concitoyens, pour la préservation de nos valeurs, nous le ferons, car nous en sommes capables. Nous avons su faire des choix, nous saurons en faire d'autres », avait lancé Emmanuel Macron lors de son discours du 13 juillet à l'hôtel de Brienne.
C'est le moment pour faire remonter le format de la Marine nationale. Car le Livre blanc de 2013 a fixé le format de la marine pour 2030 à 15 frégates de premier rang (huit FREMM, deux frégates de défense antiaérienne (FDA) et cinq FDI), quatre sous-marins nucléaires lanceurs d'engins, six sous-marins nucléaires d'attaque, un porte-avions, une quinzaine de patrouilleurs, six frégates de surveillance, trois bâtiments de projection et de commandement, d'avions de patrouille maritime ainsi que d'une capacité de guerre des mines. Ce qui permettait à la Marine nationale d'opérer sur deux à trois théâtres simultanés et sur une mission-cadre.