L'alignement des planètes avaient permis à Florence Parly de relancer une très belle dynamique budgétaire en faveur des militaires. La ministre des Armées avait ainsi pu bâtir une loi de programmation militaire (LPM) de réparation, voire de préparation de l'avenir. Elle avait également bénéficié d'une très belle fenêtre pour gagner de nombreux contrats à l'exportation cruciaux pour l'industrie de défense tricolore, notamment pour la filière aéronautique, et permettant de ne pas mettre en danger les objectifs de la LPM. Le nouveau ministre des Armées, Sébastien Lecornu, qui lorgnait vraiment l'Hôtel de Brienne, bénéficiera-t-il du même alignement des planètes ? Des menaces pèsent sur la poursuite de cette belle trajectoire même si Emmanuel Macron, en tant que chef des armées, a jusqu'ici envoyé des signaux positifs aux armées.
Emmanuel Macron s'est engagé à respecter les trois marches à trois milliards d'euros entre 2023 et 2025. Ce qui permettra au budget des armées d'atteindre 50 milliards d'euros conformément à la LPM 2019-2025. Après 2025, le candidat Macron s'en remet d'abord à l'élaboration d'une revue stratégique plutôt que d'un livre blanc avant de définir un éventuel nouveau pallier budgétaire. Mais comme l'a souligné la Cour des comptes, la dégradation des finances publiques française pourrait amener l'exécutif à faire des choix. Très clairement, confirmer les ambitions de la LPM nécessitera des arbitrages difficiles avec d'autres dépenses publiques pour que la France parvienne à tenir son engagement de réduire son déficit à 3% du PIB d'ici à 2027. Premier signal important pour Sébastien Lecornu : récupérer les 300 millions d'euros coupés dans le budget des Armées. Une réduction soi-disant "temporaire", selon les équipes de Florence Parly qui avaient assuré que ces crédits budgétaires déjà gelés seraient "récupérés" lors de la prochaine loi de finances rectificative prévue en juillet.