... f Lune" au sein de l'ANRT.
La Tribune : Parler d'écosystème entrepreneurial sur la Lune n'est-ce pas de la science fiction ?
Jean-Yves Le Gall, président du CNES : Non pas du tout. C'est une réalité : avec Artemis, on va retourner sur la Lune dans la deuxième partie de la décennie 2020. L'Europe joue déjà un rôle très important au niveau industriel. Des contrats ont été récemment signés à la suite de la conférence ministérielle de Séville qui s'est tenue fin 2019. Puis, on constate que la Lune est de plus en plus au centre des ambitions des grandes puissances. Alors qu'Artemis est en quelque sorte le prolongement de la Station spatiale internationale, la Russie a annoncé qu'elle s'associait avec la Chine pour retourner sur la Lune. Il y a un véritable foisonnement d'initiatives autour de la Lune durant cette décennie.
Patrice Caine, président de l'ANRT : On voit effectivement que les grandes puissances se réintéressent à la Lune. La France et l'Europe ne peuvent pas ne pas en être. Si l'ANRT a rejoint le projet du Moonshot Institute porté par le CNES, c'est parce que nous avions déjà commencé des réflexions sur ce sujet dès 2019. Nous sommes ravis d'être associés à ces travaux pour contribuer, par de la réflexion essentiellement, à préparer ces futures grandes aventures de l'exploration lunaire. Ce projet va également permettre de sensibiliser les responsables politiques sur les enjeux lunaires. Car à la fin des fins, il y aura bien des décisions, qui seront à prendre au niveau européen et au niveau français, pour concrétiser cette ambition de créer tout un écosystème entrepreneurial lié à la Lune, et, in fine, dépasser la phase de réflexion. Pour autant, nous devons déjà commencer par cette phase de réflexion et de « production intellectuelle ». Il faut que l'ANRT et le CNES soient moteurs dans ces domaines-là. Le train... pardon la fusée... est en passe de partir aujourd'hui, il faut monter dedans.