Pourquoi le satellite Eutelsat 172B s'est offert un aller-retour Toulouse-Cayenne à bord d'un Antonov

Après quelques jours de "transit" sur le tarmac de l'aéroport Felix Eboué (Cayenne), le premier satellite tout électrique européen est finalement revenu jeudi dans les salles blanches d'Airbus Defence and Space à Toulouse. Il attend une nouvelle date de lancement, qui était initialement programmé le 25 avril
Michel Cabirol
Le satellite Eutelsat 172B est resté bloqué plusieurs jours dans un container climatisé, des conditions équivalentes à une salle blanche, a expliqué Eutelsat.
Le satellite Eutelsat 172B est resté bloqué plusieurs jours dans un container climatisé, "des conditions équivalentes à une salle blanche", a expliqué Eutelsat. (Crédits : Airbus Defence and Space)

Retour à la case départ pour le satellite Eutelsat 172B. Après quelques jours de "transit" sur le tarmac de l'aéroport Felix Eboué (Cayenne), le premier satellite tout électrique européen est finalement revenu jeudi dans les salles blanches d'Airbus Defence and Space à Toulouse. Il attend une nouvelle date de lancement, qui était initialement programmé le 25 avril. Avec la crise sociale qui paralyse la Guyane depuis plusieurs jours, la préfecture de Guyane avait décidé qu'il était préférable de maintenir le satellite à l'aéroport Felix Eboué, a précisé Eutelsat à La Tribune.

Le satellite est donc resté bloqué plusieurs jours dans un container climatisé, "des conditions équivalentes à une salle blanche", a expliqué Eutelsat. Un container qui est resté bien à l'abri dans la soute de l'avion de transport Antonov, qui était arrivé en Guyane le 21 mars, vers 3 heures du matin. Les équipes d'Airbus, qui a fabriqué ce satellite, et d'Eutelsat ont surveillé la santé de ce petit bijou technologique pendant son bref séjour en Guyane tout près de l'Equateur.

"Laisser ce satellite dans un container dans son Antonov n'est pas l'idéal. Mais il y a la climatisation dans l'Antonov et il n'y a aucun risque de dégradation du satellite", avait assuré lundi le directeur général délégué du Centre national d'études spatiales (CNES), Joël Barre, avant d'indiquer que "le satellite (était) sécurisé".

Un aller-retour évitable?

Bien évidemment Eutelsat avait obtenu l'autorisation de la préfecture de la Guyane d'envoyer sur place le satellite 172B. "Nous avons travaillé en collaboration avec la préfecture, Airbus, le CSG et Arianespace sur un transfert vers Kourou dans la nuit de mardi (21 mars, ndlr)) à mercredi (22 mars, ndlr)", a même précisé Eutelsat. Mais ce scénario a échoué avec la nette dégradation de la situation sociale en Guyane dans la journée de mardi 21.

Pour autant, il semble que cet aller-retour aurait pu être évité. Selon des sources concordantes, la préfecture avait finalement déconseillé à Eutelsat peu de temps avant le départ de 172B d'envoyer son satellite au vu de la situation sociale de plus en plus explosive en Guyane. Mais cet avertissement n'a pas été pris en compte par l'opérateur européen, qui a préféré prendre le pari de pouvoir transférer son satellite au centre spatial guyanais (CSG) en dépit de la situation sociale... Pari perdu. Ce qui a permis au satellite 172B de s'offrir un luxueux aller-retour Toulouse-Cayenne en Antonov.

Michel Cabirol

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Commentaires 6
à écrit le 17/04/2017 à 11:06
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voici ce qui arrive quand on a m hollande qui refuse le dialogue qui considera les Français comme des sans dents allors la consideration des habitans de guyanne un pays non pas ignore se sa part mais considere comme le fait m macron comme une il...

à écrit le 03/04/2017 à 9:15
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Ce sujet lie besoin industriel et état politique du département. Parmi ceux qui commentent beaucoup ne sont ni qualifiés pour le faire et ne regardent que jusqu'au bout de leur nez sans prendre du recul sur les problématiques politiques et industrie...

à écrit le 01/04/2017 à 11:14
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Pourquoi ce gaspillage de millions d'euros ? Parce qu'une ministre de la République s'est permis durablement de ne pas faire son travail au gouvernement et en a rejeté in extremis la faute sur nous tous. Elle a donc occupé donc un emploi fictif ; mai...

à écrit le 31/03/2017 à 22:31
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'Ce qui a permis au satellite 172B de s'offrir un luxueux aller-retour Toulouse-Cayenne en Antonov. ' Ceux qui connaissent l'Antonov apprécieront à sa juste valeur le qualificatif luxueux du déplacement.... Quant à M. Joël Barre nous sommes ravis d...

le 02/04/2017 à 10:27
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Au prix de l'affretement de l'Antonov c'est effectivement du luxe

à écrit le 31/03/2017 à 15:40
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Donc bien sur c'est de la faute à Airbus et à Eutelsat...

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