Dans un procès dont les derniers jours ont été submergés par l'émotion, les avocats d'Airbus en ont appelé « au droit, rien que le droit » lors de leur plaidoirie. Et s'ils en ont aussi appelé à la dimension humaine, c'est pour dire qu'Airbus est aussi une « aventure humaine », avec des hommes pouvant eux aussi être faillibles... comme les pilotes. Ils ont ainsi clôturé l'audience d'un procès entamé il y a neuf semaines et qui doit désormais rendre son verdict. Les trois juges se prononceront le 17 avril.
A l'instar de celle de Maître Saint-Pierre pour Air France la veille, la plaidoirie de Maître Ndiaye pour Airbus a pointé « l'antagonisme entre émotion et raison » pour en revenir au droit, « même si c'est humainement difficile ». Il a été rejoint sur ce point par son confrère, Maître Beauquier, qui pour appuyer son propos s'est fendu d'une citation du livre Soit je gagne, soit j'apprends de Maître Jakubowicz, c'est-à-dire le principal avocat des parties civiles, portant sur le procès de l'incendie du tunnel du Mont-Blanc : « A chaque objection qui était faite par tel ou tel prévenu, à chaque argument avancé, j'opposais des larmes, des cendres et des morts. Bref, j'avais fait triompher l'affect sur le droit. Je dois convenir que, s'ils n'avaient pas entièrement raison, ils n'avaient pas complètement tort... ». Un procès que le célèbre pénaliste avait lui-même cité en exemple dans sa plaidoirie deux jours plus tôt, et qu'il considère dans son livre comme une réussite « pour chacun des protagonistes mais surtout - cela doit être signalé tant c'est rare - pour la justice ».