Catastrophe de l'AF447 : dernières heures décisives au procès d'Air France et d'Airbus
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Le procès de l'accident du vol Rio-Paris prendra fin le 8 décembre.
CHARLES PLATIAU
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Le procès de l'accident du vol Rio-Paris prendra fin le 8 décembre.
CHARLES PLATIAU
Mardi 6 décembre, cette antépénultième journée du procès de l'accident du vol Rio-Paris était assurément redoutée par Airbus et Air France. C'était en effet la dernière journée pour les plaidoiries des parties civiles, avec le passage de plusieurs des avocats les plus présents et les plus incisifs depuis le début de l'audience à l'image de Maîtres Busy et Jakubowicz, avocats de l'association Entraide et solidarité AF447, ou de Maître Koubbi, représentant la famille d'une navigante disparue. Si la responsabilité d'Airbus a été, sans surprise, au centre des plaidoiries, Air France n'a pas été oubliée. Demain, ce sera au parquet de prononcer son réquisitoire, sans que chacun sache encore pour l'instant qu'elle sera sa position. En fonction de celle-ci, certains des ayants-droits ont d'ores et déjà prévu de manifester leur possible mécontentement.
Représentants de la principale association de victimes et travaillant de concert sur ce dossier depuis le début, Maîtres Busy et Jakubowicz sont passés les derniers, se répartissant habilement les tâches. Au premier, celle de remettre Airbus puis Air France face à leurs chefs d'accusation sans pour autant partir dans un rappel fastidieux des débats qui se sont tenus depuis huit semaines, au second celle de conclure dans l'émotion parfois primaire. Alors qu'ils avaient jusque-là largement épargné Air France pour concentrer leurs efforts sur Airbus, les deux avocats n'ont pas oublié la compagnie aérienne dans leurs plaidoiries.
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S'il a commencé son propos en déclarant que plaider le dernier était sans doute sa pire idée depuis 13 ans, Maître Busy a fait preuve d'une subtilité qu'il n'avait que peu manifestée jusque-là. Bien que rappelant à plusieurs reprises la douleur des familles de victimes, les « 13 ans de combat, de doutes et de désespoir » qu'elles ont menés, il a tout de même recentré le propos : « Ce qui nous intéresse aujourd'hui, c'est le sort qui doit être réservé à Airbus et Air France sur le plan pénal. Que Thales ou l'AESA (l'agence européenne de sécurité aérienne, Ndlr) ne soit pas là aujourd'hui ne m'intéresse pas. » De même, les pilotes ont été rapidement décrétés intouchables. « Je n'accable pas les morts pour exonérer les vivants », a ainsi déclaré Maître Busy tandis que Maître Jakubowicz a admis qu'il y avait « peut-être eu des erreurs de pilotage » tout en affirmant que seuls le pourquoi et le comment comptaient.