Dans le rapport d'information sur le contrôle des exportations d'armements, le député LREM Jacques Maire estime que "les équipements d'envergure acquis par l'Égypte n'ont qu'un lointain rapport avec les besoins pressants d'une armée". Pourtant, Le Caire, qui est revenu sur les marchés financiers, est confronté à plusieurs préoccupations de sécurité légitimes."Des échanges et de la mission effectuée en Égypte, votre rapporteur garde le sentiment que les équipements d'envergure acquis par l'Égypte n'ont qu'un lointain rapport avec les besoins pressants d'une armée dont la vocation est la défense du territoire national", a estimé à l'issue d'un déplacement de la mission en Égypte Jacques Maire, le co-rapporteur d'un rapport d'information sur le contrôle des exportations d'armement. Cet ancien diplomate évoquait entre autre les achats auprès d'industriels français d'avions de combat Rafale, de corvettes Gowind, de frégate FREMM et de BPC. Au-delà, "de nombreux pays de l'Union européenne exportent vers l'Égypte, comme la Belgique, l'Italie, la République tchèque ou l'Allemagne,qui a vendu des sous-marins à l'Égypte", a rappelé Jacques Maire.
Et pourtant, l'Égypte, qui se voit comme une puissance qui compte en Méditerranée et la grande puissance arabe, a de très nombreuses préoccupations de sécurité légitimes : risque terroriste très élevé, forte instabilité de son voisin libyen, situation compliquée au Sinaï et relations dégradées avec la Turquie, qui soutient les Frères musulmans et qui a des visées sur les ressources gazières offshore en Méditerranée orientale. Dans ce cadre, elle a opéré un net rapprochement stratégique avec la Grèce et Chypre, notamment au moyen de ses nouvelles capacités navales. Ainsi, le Caire a déployé début 2020 une frégate et un sous-marin en soutien d'une opération de recherche pétrolière et s'est attachée à en faire la publicité. Enfin, l'Égypte est très concernée par la construction du méga-barrage hydroélectrique que construit l'Éthiopie. Le Caire dépend à plus de 90% du Nil pour ses besoins en eau. D'où sa colère conjointe avec le Soudan.
L'Égypte, un pays qui assainit ses finances publiques
Jacques Maire a également assuré que ces achats posaient également "question sur le plan de la solvabilité de l'État client, alors que le huitième critère de la Position commune de 2008 prévoit que les exportations de matériels militaires doivent être compatibles avec la capacité économique du pays destinataire". Pourtant, la direction générale du Trésor a indiqué en décembre 2019 que l'Égypte, en quasi situation de défaut de paiement à l'été 2016, a procédé à "un assainissement conséquent de ses finances publiques via des mesures de consolidation budgétaire". En outre, en matière énergétique, elle est devenue exportatrice nette d'hydrocarbures en 2019 à la suite de l'entrée en activité du champ gazier Zohr notamment.