Safran va ouvrir de nouvelles usines dans les pays "low cost"
Fabrice Gliszczynski

Philippe Petitcolin, directeur général de Safran
R. Meigneux / SIPA
Fabrice Gliszczynski

Philippe Petitcolin, directeur général de Safran
R. Meigneux / SIPA
Après avoir fait le choix en début d'année d'ouvrir deux nouveaux sites de production en France, à côté de Bordeaux pour l'une, dans la région lyonnaise pour l'autre, le groupe Safran va également investir dans les pays à faibles coûts de main d'oeuvre.
Ces deux usines, qui nécessiteront chacune un investissement d'une centaine de millions d'euros, seront mises en service en 2022 pour la première, en 2024-25 pour la seconde. Pour rappel, une usine pour la production de pièces de rechange du moteur Leap vient d'ouvrir en Inde, à Hyderabad.
Construit par General Electric et Safran dans le cadre d'une entreprise commune, CFM International, le moteur Leap équipe une partie des A320 Neo, mais aussi les B737MAX aujourd'hui immobilisés depuis le mois de mars et l'avion chinois C919 en cours de certification. Lancé officiellement en 2008, avant d'être choisi par Airbus en 2010 pour la remotorisation de l'A320, ce moteur connaît un succès extraordinaire avec plus de 18.700 exemplaires commandés.
Une autre usine pourrait également voir le jour l'an prochain au Mexique cette fois dans l'activité des cabines d'avions héritée de Zodiac Aerospace, racheté par Safran l'an dernier.
Visiblement, Safran peut avoir à disposition un site neuf très rapidement ("en trois mois"), et Philippe Petitcolin veut des "retombées positives dès la fin de l'année 2020".
'activité "intérieur d'avions"
était de 5% environ, en hausse d'environ deux points.Ce transfert d'activités au Mexique vise à compenser le "trou d'air" de livraisons qui se profile en raison de l'absence de prises de commandes enregistrée il y a quelques années par Zodiac Aerospace, quand Airbus et Boeing avait tous deux déréférencés ses produits en raison des problèmes de qualité rencontrés et des retards de livraisons.
Chaque jour à 13h, l’essentiel de l’actualité industrielle.

vant son rachat par Safran, Zodiac a connu une crise industrielle majeure il y a quatre ans, qui s'est traduite non seulement par des gros retards des livraisons de sièges et autres équipements de cabine d'avion, mais aussi par des problèmes de qualité.
À lire également
Philippe Petitcolin a convaincu les avionneurs de les maintenir dans leur catalogue. Les questions de retard et de qualité ont été effacées et les ventes reviennent. Le groupe vient même de signer un contrat pour fournir les sièges de classe affaires sur les A350 d'une compagnie, dont le nom n'a pas été communiqué. Mais les livraisons ne commenceront pas avant 2022.
Fabrice Gliszczynski
GravitHy : derrière l’investissement de l’américain Ecolab, la problématique de l’enjeu hydrique
Farine d'insectes : Innovafeed lève 51 millions d'euros mais supprime 60 postes
Nucléaire : une nouvelle chaire industrielle pour mieux estimer la durée de vie des centrales
Décarbonation de l’aviation : le pari du e-SAF dans le sud de la France