Salon du Bourget : un très bon millésime malgré une baisse des commandes

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(Crédits : Airbus)
Malgré une baisse des prises de commandes par rapport à la précédente édition en 2017, le Salon du Bourget a été marqué par des annonces fortes pour l'évolution du marché aéronautique et du transport aérien.

Un lancement de programme réussi (l'A321 XLR) qui peut changer la donne sur le marché long-courrier; une lettre d'intention pour une commande géante de 737 MAX  inespérée pour Boeing (200 exemplaires par IAG) qui redonne le moral au constructeur américain en pleine crise depuis l'accident mortel d'Ethiopian Airlines le 10 mars dernier;  une situation complètement incertaine sur le marché des avions moyen-courriers  (150-220 sièges), mais aussi sur le marché long-courrier de moyenne capacité (200-300 sièges); des projets dans tous les sens pour parvenir à tenir les objectifs de baisse des émissions de CO2 du secteur : le Salon aéronautique du Bourget, qui a fermé ses portes aux professionnels jeudi soir pour laisser place au grand public jusqu'à dimanche, a été riche en actualités.

Lire aussi : B737 MAX, "NMA", "NSA", la terrible équation pour Boeing

« Un bon Bourget »

En cela, ce fut un "bon Bourget", malgré un niveau de commandes d'avions en retrait par rapport à l'édition précédente. Ce n'est pas étonnant. Les carnets de commandes des avionneurs sont pleins à craquer et la crise que traverse Boeing n'incite pas les compagnies à passer commande aujourd'hui. Sans surprise le match Airbus-Boeing a tourné à l'avantage du constructeur européen : 159 commandes fermes à zéro. Si l'on tient compte des intentions d'achat, l'avantage est moins net grâce à la lettre d'intention des 200 Boeing 737 MAX de IAG. Airbus totalise ainsi 393 commandes (dont 95 A220, l'ex C-Series de Bombardier dont il détient 51% du programme), contre 302 pour Boeing (dont 55 Embraer que l'Américain a rachetés récemment). Si l'on retire l'A220 et les avions Embraer, lesquels, ni l'un ni l'autre n'étaient encore sous la coupe des deux géants de l'aéronautique il y a deux ans, le match est plus serré : 298 commandes ou intentions d'achat pour Airbus, contre 247 pour Boeing. À eux deux, ils totalisent donc près de 550 commandes contre près 900 en 2017.

Lancement de l'A321 XLR

Comme c'est le cas, lors de chaque lancement de programme, l'annonce du lancement de l'A321 XLR, une version disposant d'un rayon d'action encore plus important que celui de l'A321 LR, s'est accompagné d'un bon niveau de prises de commandes.

"C'est déjà un succès", s'est exclamé Christian Scherer, le directeur commercial d'Airbus.

En incluant la centaine de conversions d'appareils (des A320 ou des A321 classiques déjà réservés), 247 exemplaires d'A321 XLR ont été commandés au Salon du Bourget. Surtout, au-delà du nombre, c'est le profil des clients de cet appareil qui est intéressant puisque l'on retrouve des grands noms du secteur, des compagnies classiques (American, Qantas...) des compagnies low-cost qui veulent tenter l'aventure du long-courrier (JetBlue) des sociétés de leasing (ALC), des compagnies de toutes les zones géographiques.... Ce portefeuille de clients en dit long sur potentiel de cet appareil capable de transporter près de 200 passagers sur des vols de 10 heures.

"On voit les yeux des dirigeants de compagnies qui pétillent", s'est réjouit le président exécutif du groupe Airbus.

Lire aussi : L'A321 XLR, le « game-changer » d'Airbus débute sa carrière en fanfare au Salon du Bourget

En face, Boeing a frappé un grand coup en signant une lettre d'intention avec le groupe IAG (British Airways, Aer Lingus, Iberia, Level, Vueling) portant sur une commande de 200 B737 MAX. Même si cette lettre n'est en rien engageante, elle donne une marque de confiance énorme pour l'avenir de ce programme, même s'il faudra ensuite convaincre les passagers de monter à bord.

Lire aussi : Boeing relève la tête en signant une commande géante de 200 B737 MAX

Et au final,  c'est un motoriste, CFM International, a enregistré au Salon du Bourget, un niveau de commandes digne d'un avionneur : la valeur des moteurs commandés s'élève à 50 milliards de dollars au prix catalogue !

Lire aussi : La moisson historique de commandes de moteurs LEAP (Safran et GE) au Salon du Bourget

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Commentaires
a écrit le 23/06/2019 à 12:45 :
« Un bon salon »,à la veille d.une semaine caniculaire cette nouvelle réchauffe mon cœur.
a écrit le 23/06/2019 à 11:11 :
C'est quoi "un bon salon" ? la vente de pleins d'appareils qui vont transporter des hordes de barbares qui arrivés à destination vont tout ravager... des transporteurs qui brûlent un kérosène qui va se raréfier et vendent des billets à des prix si bas qu'ils ne permettent pas de traiter correctement leurs personnels ni de survivre... en 2019, vous n'avez pas plus de recul ? vos écrits auraient été acceptables dans les années 60 pas aujourd'hui !
a écrit le 22/06/2019 à 9:39 :
"annonces fortes "

Ben oui quand nos hommes d'affaires sont aussi bavards que nos politiciens devenus aussi cupides que nos hommes d'affaires.

Moi je retiens le 0.04% d'utilisation de carburant moins polluant.

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