Le satellite d'observation militaire CSO-3 doit être lancé ce lundi par Ariane 6. Quelques déboires d’origine industrielle et la crise européenne des lanceurs a reporté plusieurs fois ce satellite, qui initialement devait être lancé en 2021. Au final, le stockage du satellite espion a coûté cher au ministère des Armées.Les retards répétés d'Ariane 6, dont le premier vol était initialement programmé en 2020, ont coûté cher au ministère des Armées. Le stockage du satellite d'observation optique CSO-3 (Composante spatiale optique) chez Airbus Space à Toulouse - les panneaux solaires étaient quant à eux stockés chez Thales Alenia Space à Cannes - a coûté un million d'euros par mois au ministère des Armées, selon des sources concordantes. Soit une facture supplémentaire substantielle que l'on peut évaluer entre 25 et 30 millions d'euros pour le confinement du satellite espion. Sur le plan opérationnel, le retard de la mise en service de CSO-3 est quant à lui inquantifiable pour les armées.
CSO-3, un satellite espion maudit ?
Le satellite CSO-3 a connu une histoire très tourmentée. Initialement, CSO-3 devait être mis en orbite en octobre 2021 par une Ariane 62. Il devait former une constellation de trois satellites, après sa mise en service aux côtés de CSO-1 lancé en décembre 2018 et de CSO-2 mis en orbite en décembre 2020 (initialement mai 2020). Mais le programme CSO-3 connait quelques déboires industriels dans sa conception. Résultat, le ministère des Armées a subi un premier report du lancement de CSO-3 en raison des délais de réparation liés à deux anomalies d'origine industrielle ainsi qu'aux conséquences de la crise sanitaire COVID-19.
L'armée de l'air a dû prévoir un plan B avec un vol programmé fin 2022 au Centre spatial guyanais (CSG) sur le lanceur russe Soyuz ST, qui avait déjà lancé les deux premiers satellites CSO. Mais la malchance poursuit CSO-3. L'arrêt des opérations de Soyuz à Kourou décidé fin février 2022 par la Russie en rétorsion des sanctions occidentales qui l'ont visées après l'invasion en Ukraine, contraint une nouvelle fois l'armée de l'air à trouver un nouveau plan alternatif : attendre la mise en service d'Ariane 6. Le ministère des Armées estimait alors le retard du vol de CSO-3 à un an. « L'option qui se dessine c'est d'utiliser Ariane 6 dont le premier vol opérationnel est attendu dans les prochains mois », affirmait en mars 2022 le porte-parole du ministère, Hervé Grandjean. Soit un lancement prévu fin 2023. Ce ne sera évidemment pas le cas avec les nouveaux retards d'Ariane 6.