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Sous-marins : une année 2017 critique pour DCNS en Australie

Photo de Michel Cabirol

Michel Cabirol

Publié le 02 mars 2017 à 05:56 - Mis à jour le 13 décembre 2024 à 02:46

DCNS Australie Shortfin Barracuda sous-marins

DCNS Australie Shortfin Barracuda sous-marins

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  • L'instant Sélection
Où en est DCNS Australie ? Après sa sélection en avril 2016 et l'accord intergouvernemental signé en décembre entre l'Australie et la France, le groupe naval a d'importantes échéances en 2017.

Pour DCNS, 2017 sera une année critique en Australie qui veut acheter douze sous-marins de conception française. Une sélection qui doit beaucoup à l'implication du ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian. Aujourd'hui sous l'impulsion de la directrice générale adjointe Marie-Pierre de Bailliencourt, le groupe naval négocie actuellement deux nouveaux jalons importants en 2017.

En parallèle, DCNS doit finaliser cette année un accord-cadre de partenariat stratégique (Strategic partnership Agreement ou SPA) avec Canberra ainsi que le contrat de design et d'études des futurs sous-marins de la marine australienne. "Nous n'avons pas de retard, nous sommes à l'heure", souligne-t-on en interne à La Tribune.

Le contrat de design signé fin 2017

Les négociations sur l'accord-cadre SPA, qui ont commencé début février, vont permettre de mettre en musique l'accord intergouvernemental AGS en cours de ratification. Elles portent sur les conditions et le processus de transferts des savoir-faire de DCNS au profit de Canberra ainsi que des sous-traitants australiens sélectionnés. Ce qui n'est pas simple en Australie qui accueille énormément de main d'oeuvre étrangère venant principalement des États-Unis, du Canada et de Grande-Bretagne. "Il faut tout verrouiller, tout contrôler et s'assurer de la pérennité des sous-traitants australiens sélectionnés sur les 20 prochaines années", explique-t-on.

L'accord SPA devra également définir précisément comment seront protégées les propriétés intellectuelles de DCNS. Par ailleurs, il devra trouver un modèle économique et financier. En clair, comment le groupe naval va gagner de l'argent. Ce qui est vraiment l'un des éléments les plus critiques pour DCNS. Une fois signé l'accord SPA, DCNS pourra finaliser le contrat de design des sous-marins australiens, dont le programme est dirigé par le spécialiste de la discrétion acoustique Didier Husson.

Ce contrat pourrait être signé fin octobre, mais plus surement en fin de l'année. Il lancera officiellement les activités du bureau d'études du groupe naval en matière de design et d'analyse fonctionnelle des futurs bâtiments. Il permettra de définir non seulement les spécificités opérationnelles des sous-marins mais également de déterminer le coût et les délais de fabrication. C'est d'ailleurs pour cela que Lockheed Martin devrait sélectionner en juin le sonar (Thales?), puis décider définitivement en septembre après une analyse fonctionnelle des bâtiments. Un contrat estimé entre 1 et 1,5 milliard d'euros. Puis, fin 2019, DCNS devrait signer le contrat de fabrication des sous-marins, dont la construction sera lancée en 2020. "Ce calendrier est sûr", assure-t-on à La Tribune.

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DCNS et Lockheed Martin tout près de se pacser

Avant de finaliser ces deux jalons importants en 2017, DCNS doit prochainement signer, selon nos informations, un accord bilatéral avec le groupe américain Lockheed Martin, qui fournira les systèmes de combat des bâtiments. Cet accord porte notamment sur la gestion de l'interface et l'intégration des équipes des deux groupes, qui vont devoir échanger des données très confidentielles.

Tout se met progressivement en place pour DCNS en Australie en dépit de l'éloignement des deux pays et des différences culturelles. "En 2016, on s'est marié. En 2017, on consomme", précise-t-on. Enfin, la construction des infrastructures à Cherbourg pour accueillir les Australiens, dont une cinquantaine de familles, et à Adélaïde a été lancée. Le coût est évalué à environ 800 millions d'euros.

Une sélection verrouillée

En dépit d'une petite année de négociations encore à venir, la sélection du groupe naval tricolore par Canberra semble aujourd'hui bien verrouillée. Car l'Australie et la France ont d'ores et déjà mis en place une relation très intime en matière de défense dans le cadre de la fourniture des prochains sous-marins australiens. Cette intimité stratégique sera définie via la signature le 8 décembre dernier d'un accord de partage d'informations classifiées dit AGS, puis quelques jours plus tard le 20 à Adélaïde de l'accord intergouvernemental (AIG) entre les deux pays, qui a beaucoup enthousiasmé (trop?) les médias français.

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En outre, DCNS a signé en septembre 2016 un premier contrat opérationnel d'environ 300 millions d'euros, dénommé "Design and Mobilisation Contract". Il a permis de lancer les activités de structuration du programme et de coordination avec le groupe américain Lockheed Martin, l'intégrateur du système de combat et les partenaires australiens. A ce jour, c'est le seul contrat lié aux sous-marins australiens dans le carnet de commandes de DCNS. La part de Lockheed Martin s'élève entre 15% et 20% du contrat, qui est évalué au total à 50 milliards de dollars australiens (36,2 milliards d'euros).

Michel Cabirol

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