Spatial : après deux annulations, le vaisseau Starliner de Boeing va à nouveau tenter de décoller
latribune.fr
Le premier décollage avec des astronautes du vaisseau Starliner de Boeing sera tenté pour la troisième fois en un mois ce mercredi (photo d'illustration).
Après de nombreux déboires et des années de retard, le vaisseau du constructeur américain va de nouveau tenter de décoller ce mercredi. Sa mission : emmener deux astronautes à la Station spatiale internationale.
Cette fois sera-t-elle la bonne ? Le premier décollage avec des astronautes du vaisseau Starliner de Boeing sera tenté pour la troisième fois en un mois ce mercredi, une mission attendue depuis des années et qui représente un enjeu majeur pour le géant aéronautique et la Nasa. Le décollage est prévu à 10h52 de Cap Canaveral en Floride (16h52 à Paris) et la météo s'annonce favorable.
Dans le détail, les astronautes américains Butch Wilmore et Suni Williams doivent prendre place à bord de la capsule Starliner, placée au sommet d'une fusée Atlas V du groupe ULA, qui doit la propulser en orbite. Ils doivent ensuite passer environ une semaine dans la Station spatiale internationale (ISS), puis revenir - toujours à bord de Starliner - afin de prouver que ce nouveau véhicule est sûr et peut commencer ses vols réguliers.
Le vaisseau doit s'amarrer à l'ISS vers 12H15 jeudi (18H15 à Paris). Il emporte avec lui une cargaison inattendue : une nouvelle pompe pour le système permettant de recycler l'urine des astronautes en eau dans l'ISS. La pompe à bord a récemment cessé de fonctionner et l'urine doit en attendant être stockée dans des réservoirs, mais ses capacités sont limitées.
Ebranlé par des problèmes de sécurité sur ses avions, Boeing joue gros sur cette ultime mission test, qui doit permettre à son vaisseau de rejoindre le club très privé des véhicules spatiaux ayant transporté des êtres humains. Elle doit également lui permettre de démontrer que son vaisseau est sûr avant de commencer les missions régulières vers la Station spatiale (ISS). Surtout que le constructeur américain a accumulé des années de retard sur son programme, se laissant ainsi largement battre par SpaceX, qui achemine déjà les astronautes de la Nasa vers l'ISS depuis 2020.
Par deux fois, début mai puis la semaine dernière, le décollage a été annulé au dernier moment à cause de problèmes techniques, alors que les astronautes avaient déjà pris place à bord et que la fusée était remplie de carburant. Un problème de valve sur la fusée, puis un problème d'alimentation en électricité d'un des ordinateurs au sol, responsables de ces annulations, ont depuis été réparés. Une petite fuite d'hélium sur l'un des propulseurs du vaisseau de Boeing a également entraîné du temps d'analyse supplémentaire, mais il a finalement été décidé de ne pas la réparer, celle-ci ne représentant pas de danger selon la Nasa.
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Auparavant, le développement de Starliner a été entaché de multiples déconvenues. Après un premier vol test sans équipage raté en 2019, le véhicule à vide n'a réussi à atteindre l'ISS qu'en mai 2022. D'autres problèmes découverts ensuite - sur les parachutes freinant la capsule lors de son retour dans l'atmosphère, ou encore du ruban adhésif inflammable devant être retiré de l'intérieur du véhicule - ont encore retardé son premier vol avec équipage. Celui-ci est indispensable pour que Starliner obtienne la certification de la Nasa tant convoitée.
Pour la Nasa, qui a commandé ce véhicule il y a dix ans, l'enjeu est aussi d'avoir un deuxième véhicule en plus de celui de SpaceX pour transporter les astronautes américains. Cette capacité permettra de pouvoir mieux répondre à différents scénarios d'urgence, par exemple en cas de problème sur l'un des vaisseaux.
Seule une poignée de vaisseaux américains ont transporté des astronautes par le passé. Après l'arrêt des navettes spatiales américaines en 2011, les astronautes de la Nasa ont dû voyager à bord des vaisseaux russes Soyouz. C'est pour mettre fin à cette dépendance qu'en 2014, l'agence spatiale américaine avait passé contrat avec Boeing et SpaceX pour le développement de nouveaux vaisseaux.
Alors que l'ISS doit être mise à la retraite en 2030, Starliner comme Dragon pourraient ensuite servir à acheminer des humains vers de futures stations spatiales privées, que plusieurs entreprises prévoient déjà de construire.
La NASA a de plus en plus recours aux entreprises privées. En effet, pendant la Guerre froide, l'agence spatiale américaine dépensait sans compter et se chargeait de superviser chaque mission jusqu'au dernier écrou. Le nouveau paradigme adopté parie lui sur l'économie de marché et la concurrence entre entreprises, afin d'accomplir des exploits pour une fraction seulement des coûts passés.