Et si l'industrie spatiale européenne en avait enfin terminé avec la réglementation ITAR dans le domaine des circuits intégrés (ASIC). La Commission européenne a lancé le programme Promise, confié à Thales Alenia Space, en vue de réduire la dépendance de l'Europe vis-à-vis de pays tiers, dont les États-Unis.Des satellites entièrement "Made in Europe", ce sera possible à partir de 2022. C'est un contrat certes très modeste (2,8 millions d'euros) mais qui pourrait avoir une portée stratégique très importante pour l'industrie spatiale européenne. La Commission européenne a confié en début d'année à Thales Alenia Space Espana le projet Promise (PROgrammable MIxed Signal Electronics), qui pourrait, selon Thales Alenia Space, assurer "l'indépendance technologique de l'Europe pour les futures missions spatiales et garantir sa compétitivité" dans le domaine des satellites, des mini aux très gros.
"Promise positionnera l'industrie spatiale européenne à la pointe des solutions compétitives et permettra aux entreprises participantes de jouer un rôle de premier plan dans les projets spatiaux du futur", a estimé le PDG de Thales Alenia Space Espana, Eduardo Bellido.
C'est dans ce cadre que Thales Alenia Space (TAS) Espana a été sélectionné parmi une dizaine de concurrents pour diriger un consortium dans le cadre du programme Horizon 2020 de la Commission européenne. Épaulé par sa maison mère, TAS Espana est accompagné de PME innovantes comme ISD en Grèce et MENTA en France, ainsi que les instituts de Recherche & Technologie IMEC en Belgique, IT au Portugal et VTT en Finlande. Le contrat de la Commission court sur trois ans (1er janvier 2020 au 31 décembre 2022) et les résultats seront présentés lors d'un colloque prévu au second semestre 2022.
La commission vise 50% du marché des satellites
Concrètement, le projet va créer une bibliothèque où seront entreposés tous les design de circuits intégrés pour applications spécifiques (ASIC) en vue d'être utilisés dans la fabrication des micropuces. Ils seront développés pour toutes les fonctions applicables aux micropuces électroniques dans le spatial (voltage, circuits pilotes, oscillateur, convertisseurs analogiques/digital ou inversement....). Et cette bibliothèque permettra aux entreprises européennes d'acheter un design européen et de fabriquer des micropuces électroniques, qui sont les cerveaux des satellites et l'un des éléments les plus coûteux à produire. Pour garantir le bon fonctionnement de tous les contenus de la bibliothèque, le consortium s'est engagé à produire une puce prototype. "Cette étape est déterminante pour l'avenir de l'industrie spatiale européenne", estime Eduardo Bellido.