En dépit d'une trajectoire financière de 9 milliards d'euros sur les trois prochaines années annoncée par la Première ministre Élisabeth Borne, la France n'a pas vraiment pris la mesure des enjeux stratégiques liés à l'espace. Cette trajectoire financière s'éloigne des grandes ambitions française fixées dans le spatial par Emmanuel Macron à Toulouse en février.Neuf milliards d'euros... C'est le montant des investissements (hors spatial militaire, selon le CNES : 4,3 milliards d'euros dans l'actuelle loi de programmation militaire) que la France va réaliser dans le spatial dans les trois prochaines années, a révélé dimanche la Première ministre lors de la cérémonie d'ouverture du 73ème Congrès International d'Astronautique (IAC). « Au total, ce sont plus de 9 milliards d'euros que la France s'apprête à investir sur le secteur spatial dans les trois prochaines années, pour la recherche et notre industrie spatiale », a claironné Élisabeth Borne au Paris Convention Centre à la Porte de Versailles à Paris
Mais à y regarder de plus près, trois milliards par an en moyenne est un montant qui ne reflète pas réellement les ambitions qu'exigent tous les nouveaux enjeux liés au spatial (climatique, numérique, sécuritaire et scientifique) même si au CNES, on se félicite des annonces financières de la Première ministre. « La trajectoire financière annoncée par Élisabeth Borne est en croissance et va nous permettre de bien préparer les enjeux de la conférence ministérielle de l'ESA (Agence spatiale européenne, ndlr) », assure-t-on au sein du Centre national d'études spatiales. Dans un communiqué publié dimanche, le CNES indique que la trajectoire financière annoncée par Élisabeth Borne, "représente par rapport à la triennale précédente une augmentation de 24% de l'investissement".
ESA : la France va-t-elle décrocher ?
En 2022, le budget du CNES s'élève à 2,56 milliards d'euros, dont 1,18 milliard pour la contribution à l'Agence spatiale européenne (ESA). La Première ministre a également évoqué le plan France 2030, qui prévoit 1,5 milliard d'euros pour le spatial. Si la France a l'ambition d'atteindre les « trois premières ambitions » (autonomie d'accès à l'espace, constellations, climat) évoquée par la Première ministre, « nous avons besoin de moyens forts et d'une recherche de pointe », a-t-elle avancé. Le budget sera certes en croissance ces prochaines années comme le souligne le CNES mais les montants annoncés par Élisabeth Borne dénotent pourtant un manque d'ambitions de la France dans le spatial alors qu'elle est la nation pionnière dans le spatial en Europe. Pourtant, le diagnostic de la Première ministre sur les enjeux liés au spatial est le bon :