Thales relocalise la fabrication de composants électroniques dans l'Eure
Nathalie Jourdan
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Le montage de certains micro-composants quasi invisibles à l'oeil nu est réalisé manuellement
ECPAD/Lara Priolet
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Le montage de certains micro-composants quasi invisibles à l'oeil nu est réalisé manuellement
ECPAD/Lara Priolet
Le site a senti passer le vent du boulet. En 2020, Thales envisageait de diminuer de moitié les effectifs (300 personnes au total) de son usine de Pont-Audemer, dans l'Eure, passée dans son giron à la faveur du rachat de Gemalto. L'établissement devait réduire la voilure en raison de la décroissance progressive des cartes SIM, justifiait sa maison mère à l'époque. Mis sous pression par les salariés et les élus locaux, le groupe avait finalement décidé d'y investir 30 millions d'euros pour ajouter un volet défense à ses activités civiles.
Annoncé en 2023, ce plan prévoyait d'internaliser une partie de la fabrication des cartes électroniques de type PCBA (Print Circuit Board Assembled) qu'il achetait à l'étranger. Trois ans plus tard, le coup est parti. Dotée d'une première ligne - une seconde est attendue en fin d'année -, l'usine est appelée à fournir annuellement une trentaine de milliers de ces composants critiques dont l'industrie de l'armement ne sait plus se passer.
La guerre électronique faisant des pas de géant comme on le voit en Ukraine, ces assemblages à haute valeur ajoutée équipent en effet un nombre croissant de matériels de défense : radars, radios, brouilleurs de drones, avions (dont le Rafale)....
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En pratique, la production normande vient compléter celle des équipes de Thales à Cholet (Maine-et-Loire) et Etrelles (Ille-et-Vilaine) déjà actives sur ce segment. « Grâce à ces nouvelles lignes, nous augmentons la résilience et la robustesse de l'approvisionnement pour maîtriser la souveraineté de la supply chain », résume Dominique Redureau, directeur de l'industrialisation.
Nathalie Jourdan