Trump menace Boeing d'acheter ses avions présidentiels à d'autres pays
latribune.fr
Le président américain Donald Trump et la première dame Melania Trump montent à bord d'Air Force One à Asheville, en Caroline du Nord, le 24 janvier dernier.
Reuters/Leah Millis
Le président américain a déclaré mercredi que son administration « examinait des alternatives » à l'Air Force One de Boeing, l'avion de la présidence américaine. Car le groupe aéronautique, chargé d'en livrer deux avant 2024, a finalement repoussé l'échéance à 2027.
La menace plane au-dessus de Boeing. Et elle vient directement du président américain. « Je ne suis pas satisfait de Boeing », a déclaré mercredi Donald Trump à des journalistes à bord de son avion. La cause : des retards de livraison de deux nouveaux modèles de l'Air Force One, l'avion présidentiel.
Pour rappel, en 2018 sous la première mandature du républicain, le géant de l'aérospatiale avait signé un contrat de fourniture de deux avions 747-8 avant fin 2024, pour 3,9 milliards de dollars (environ 3,7 milliards d'euros). Mais un sous-traitant a depuis fait faillite et la pandémie de Covid-19 a perturbé la production. Si bien que Boeing a repoussé la date de livraison à 2027 et 2028.
Un décalage qui ne plaît pas à l'actuel locataire de la Maison-Blanche. « Nous étudions des alternatives car Boeing tarde à livrer », a prévenu Donald Trump. Il s'est dit ouvert à l'idée d'un achat d'avions « d'un autre pays », sans toutefois envisager que le rival européen de Boeing, Airbus, construise ces avions.
Air Force One, qui ne porte ce nom que lorsque le président est à bord, est un avion hautement personnalisé. Il comprend des installations de communication de haute technologie, une antenne médicale et un système de défense. Il permet ainsi au chef de l'État d'exercer toutes les prérogatives de son mandat pendant qu'il est dans les airs, y compris déclencher une frappe nucléaire. Les actuels modèles en service sont confrontés à des coûts de maintenance croissants et utilisent des pièces de plus en plus obsolètes, d'où le souhait du gouvernement américain de les remplacer.
Nouveau coup dur pour Boeing
Boeing n'avait pas besoin de ce nouveau coup sur le capot. Le groupe a en effet traversé une année de fortes turbulences en 2024, qui s'est achevée avec une perte colossale de 11,8 milliards de dollars (11,3 milliards d'euros). Et, plus globalement, tous les indicateurs sont ressortis au rouge. Dont le chiffre d'affaires, qui a fondu de 14 % comparé à l'année précédente, pour s'établir à 66,5 milliards de dollars (63,7 milliards d'euros).
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L'entreprise continue de subir les conséquences d'une grève de plus de sept semaines à l'automne dernier. Celle-ci a entraîné la fermeture de deux grandes usines d'assemblage et un arrêt de la production du 737 MAX, la vache à lait de Boeing, qui était déjà mal en point.
Plus tôt dans l'année, les performances du groupe ont également été entachées par l'accident d'un 737 MAX piloté par Alaska Airlines en janvier 2024. Un atterrissage d'urgence avait dû être opéré après l'éclatement d'un panneau de fenêtre en plein vol. À la suite de cet incident, Boeing avait fait l'objet d'une surveillance accrue de l'autorité de régulation américaine du transport aérien et avait ralenti sa production. Boeing souffre par ailleurs d'anciens contrats de défense à coûts fixes qui ont entraîné des pertes pour l'entreprise.
Mais le géant américain ne compte pas se laisser abattre. Kelly Ortberg, son nouveau directeur général arrivé en août, compte opérer une profonde transformation du groupe pour lui faire remonter la pente. Parlant d'un véritable « changement de culture », il a prévenu, en janvier, qu'il s'agira « d'un voyage de plusieurs années ». Cela passera par la réduction des niveaux de gestion et des frais généraux et par des décisions stratégiques. Certaines sont d'ailleurs déjà engagées, comme la suppression de 10 % des effectifs, soit 17 000 personnes à travers le monde. La cession de certaines activités serait aussi envisagée.