C'était attendu, mais le chiffre fait mal. Au quatrième trimestre 2024, Boeing n'a livré que 57 appareils, son total le plus bas depuis le troisième trimestre 2020, alors que le monde était encore plongé dans la crise sanitaire et que le secteur aéronautique était au plus bas et que les livraisons du 737 MAX redémarraient à peine après les incidents qui avaient touché l'appareil en 2018 et 2019. Cette performance tient largement à la grève qui a touché l'avionneur pendant deux mois les usines de Boeing dans l'État de Washington, stoppant l'assemblage du moyen-courrier le temps du mouvement social. Cela étant dit, les chiffres de livraisons des autres programmes ne sont pas plus brillants.
Sur l'année entière, le résultat n'est guère plus réjouissant : Boeing a remis à peine 348 appareils à leurs clients en 2024. C'est 180 de moins qu'en 2023, loin des objectifs de remontée en cadence auxquels le groupe pouvait prétendre il y a un an avant d'être touché par des déboires à répétition : perte d'une porte-bouchon en vol par un 737 MAX, problèmes récurrents de qualité, limitation des cadences par l'Administration fédérale américaine de l'aviation (FAA)... et enfin l'une des grèves les plus dures et coûteuses de son histoire.
Après avoir réussi à augmenter (très) progressivement sa production depuis la crise sanitaire, Boeing repart donc trois ans en arrière, dépassant à peine son niveau de 2021. Si Airbus n'arrive pas à réaliser ses ambitions en termes de montée en cadence, ratant son objectif de quelques unités avec 766 livraisons en 2024, Boeing semble à des années-lumière d'un tel niveau.