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Boeing : les ouvriers mettent fin à une grève historique

latribune.fr

Publié le 05 novembre 2024 à 05:54 - Mis à jour le 05 novembre 2024 à 05:54

Après avoir rejeté deux offres, l'IAM-District 751, branche du syndicat des machinistes (IAM) de Boeing, a indiqué avoir approuvé à 59% l'accord prévoyant une hausse salariale.

Après avoir rejeté deux offres, l'IAM-District 751, branche du syndicat des machinistes (IAM) de Boeing, a indiqué avoir approuvé à 59% l'accord prévoyant une hausse salariale.

Reuters

Le Quotidien Numérique

11 juillet 2026

Photo d'illustration de l'article
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Les ouvriers grévistes de Boeing ont accepté lundi soir un nouveau projet d'accord social, mettant ainsi fin à un débrayage de plus de sept semaines de quelque 33.000 employés aux Etats-Unis.

La troisième tentative aura été la bonne. Après avoir rejeté deux offres, l'IAM-District 751, branche du syndicat des machinistes (IAM) de Boeing, a indiqué avoir approuvé à 59% l'accord prévoyant une hausse salariale très proche de ses revendications, mais pas le rétablissement de l'ancien dispositif de retraite, une ligne rouge pour le constructeur car « excessivement cher ».

Ce vote met ainsi fin à un débrayage de plus de sept semaines de quelque 33.000 employés aux Etats-Unis, qui a coûté plus de dix milliards de dollars à l'entreprise et ses fournisseurs. Pour rappel, la grève a débuté le 13 septembre.

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D'après le cabinet Anderson Economic Group, il s'agit de la plus coûteuse grève de ce siècle aux Etats-Unis avec plus de 11,56 milliards de dollars d'impact direct en sept semaines, dont 6,50 milliards de manque à gagner pour Boeing et 2,87 milliards pour ses fournisseurs.

La première offre avait été rejetée le 12 septembre par près de 95% des syndiqués qui ont aussi voté une grève immédiate. Elle prévoyait une hausse salariale de 25%. Boeing a ensuite proposé 30%, puis 35% et, finalement, 38%. Le groupe a également rétabli une prime annuelle (4% du salaire annuel), augmenté la prime de ratification (de 3.000 à 12.000 dollars) et accru la contribution au plan de retraite par capitalisation. Il a maintenu son engagement à fabriquer son prochain avion - attendu pour 2035 - dans la région de Seattle, berceau de Boeing, ce qui représente une garantie de dizaines de milliers d'emplois pour plusieurs décennies.

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Grève chez Boeing : un nouvel accord social soumis au vote des salariés

Les dirigeants syndicaux avaient recommandé la ratification de la première offre, arguant n'avoir aucune garantie d'obtenir davantage avec un débrayage, mais ils s'étaient abstenus pour le deuxième vote (rejet à 64%). Cette fois-ci, Jon Holden, avait été très clair : « Vous pouvez, en toute confiance, déclarer victoire, voter en faveur de cet accord et en faire bénéficier les générations à venir », a-t-il écrit sur le site du syndicat. Selon lui, la hausse salariale atteindra en réalité 43,65% à l'échéance du contrat puisque la rémunération de référence va augmenter d'année en année.

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Ryanair va pouvoir souffler

« Avec de la chance, ils vont l'approuver. Une hausse salariale de 38%, ils devraient sauter sur l'aubaine », a commenté lundi Michael O'Leary, patron de Ryanair, sur CNBC.

Gros client de Boeing, il estime que les retards de livraison et de certification (737 MAX 7 et 10) vont le priver de 15 millions de passagers en 2024 et 2025. La fin de la grève est cruciale pour Boeing, en grandes difficultés financières car le débrayage paralyse les deux usines produisant le 737 - son avion vedette -, le 777, le 767 et plusieurs programmes militaires. Pour les ouvriers grévistes, il était aussi temps qu'une solution soit trouvée. Sans assurance santé depuis fin septembre, les grévistes percevaient du syndicat 250 dollars par semaine, depuis la quatrième semaine de grève.

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L'horrible année 2024 de Boeing en quelques dates

 -  5 janvier : un 737 MAX 9 d'Alaska Airlines, livré en octobre 2023, perd une porte-bouchon en vol. Il n'y a que quelques blessés légers.

-   6 février : l'Agence de sécurité dans les transports (NTSB) révèle qu'il manquait quatre boulons permettant de bloquer cet opercule du fuselage.

-   26 février : une commission d'experts ayant enquêté entre mars 2023 et février 2024, dénonce des lacunes en matière de sécurité et édicte 53 recommandations.

-   28 février : un audit du régulateur de l'aviation (FAA) identifie des « problèmes de non-conformité ». Il gèle notamment la cadence de production mensuelle du 737 MAX.

-  25 mars : annonce du départ d'ici fin 2024 du patron Dave Calhoun et, avec effet immédiat, du responsable de la branche aviation commerciale et du président du conseil d'administration.

-  14 mai : le ministère de la Justice considère que Boeing a enfreint un accord conclu en 2021 concernant les crashes de deux 737 MAX 8 (346 morts au total) et risque des poursuites fédérales pénales.

-    7 juillet : Boeing et le ministère annoncent un accord de principe sur un plaider-coupable.

-    24 juillet : l'accord de plaider-coupable est déposé auprès du tribunal fédéral de Fort Worth (Texas). Il appartient au juge Reed O'Connor de le valider, ou non. Au 4 novembre, il ne s'est toujours pas prononcé.

-  31 juillet : Kelly Ortberg est désigné pour succéder à Dave Calhoun dès le 8 août.

-   21 août : suspension des essais de certification du programme de gros porteur biréacteur 777X à cause d'une pièce défaillante. Ses premières livraisons étaient prévues à l'origine en 2020.

- 13 septembre : début d'une grève après le rejet, la veille par les syndiqués, de cet accord social. Les usines du 737, du 777, du 767 et de programmes militaires sont paralysées.

- 15 octobre : Boeing annonce des mesures pour renflouer sa trésorerie, dont une levée de fonds jusqu'à 25 milliards de dollars.

- 23 octobre : Boeing publie sa plus grosse perte nette trimestrielle en quatre ans, à 6,17 milliards de dollars. Les syndiqués rejettent à 64% le projet d'accord social.

(Avec AFP)

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