Une grève pourrait geler la production de l'avion vedette de Boeing
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Une grève chez Boeing gèlerait la production de son avion vedette, le 737, et du gros porteur 777.
Peter Cziborra
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Une grève chez Boeing gèlerait la production de son avion vedette, le 737, et du gros porteur 777.
Peter Cziborra
La direction de Boeing pensait la menace d'une grève massive écartée. Fruit de plusieurs mois de négociations avec l'antenne locale du syndicat des machinistes (IAM), un accord préliminaire a été annoncé le 8 septembre dans le cadre du projet de nouvelle convention collective. Elle doit remplacer celle en vigueur depuis seize ans, et prévoit une hausse salariale de 25% sur quatre ans ainsi qu'un engagement d'investissements dans la région. Et en particulier, la construction du prochain avion dans le berceau historique de l'avionneur qui assurerait des emplois pour plusieurs décennies.
Boeing espérait que ces concessions suffiraient à écarter tout risque de grève, alors que sa situation financière est précaire depuis le crash de deux 737 MAX 8 en 2018 et en 2019 (346 morts) et une multitude de problèmes de qualité de la production. Un mouvement social gèlerait la production de son avion vedette, le 737, et du gros porteur 777. Mais la réaction des adhérents de l'IAM a douché ces espoirs. Un message posté dimanche sur la page Facebook du syndicat, annonçant l'accord préliminaire, a reçu des centaines de commentaires, négatifs pour beaucoup et appelant à la grève. Il a depuis été retiré.
Les télévisions ont montré des rassemblements quotidiens d'ouvriers dans les usines, pour protester contre des mesures salariales qu'ils estiment inadéquates face à l'inflation.
Les mécontents arguent que la hausse salariale est trop éloignée des demandes du syndicat (+40% initialement) et que le volet sur les retraites est insatisfaisant. Leeham News, site spécialisé dans l'aviation, a qualifié l'accord de « difficile à vendre ». Il « a marqué des avancées sur les sujets prioritaires des membres mais reste éloigné des objectifs fixés en amont par le syndicat dans la plupart d'entre eux », a-t-il noté, anticipant un rejet. Mais il restait incertain sur la probabilité d'atteindre les deux-tiers nécessaires pour lancer un arrêt de travail dès l'expiration de la convention jeudi à minuit.
Or, si une majorité simple refuse la convention collective mais que le seuil des deux-tiers n'est pas atteint pour faire grève, elle sera ratifiée « par défaut », d'après le règlement du syndicat. Stephanie Pope, présidente de Boeing Aviation Commerciale (BCA), est également montée au créneau pour défendre le texte. Selon elle, il prévoit la plus importante hausse salariale jamais accordée et ce malgré l'endettement de quelque 60 milliards de dollars de l'avionneur.
Boeing fait l'objet d'une supervision accrue depuis un incident en vol début janvier sur un 737 MAX 9 de la compagnie Alaska Airlines. Survenu après une série de problèmes de conformité et de contrôle qualité, il a ravivé les questions soulevées sur ces mêmes lacunes après les deux crashes. L'avionneur a été mis sous surveillance par le régulateur FAA, qui a aussi plafonné sine die la production du 737.
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Un vent de syndicalisation souffle sur les Etats-Unis, avec des négociations notamment chez Starbucks ou des velléités de rattachement à des organisations syndicales chez les constructeurs automobiles étrangers présents sur le territoire. Et les trois groupes auto historiques - Ford, General Motors, Stellantis - ont subi une grève inédite de six semaines à l'automne 2023. Le géant de la logistique UPS y a échappé in extremis, tout comme dans l'aérien (pilotes, hôtesses/stewards).
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La copilote du Boeing d'Alaska Airlines qui a perdu en janvier une porte en vol a raconté dans une interview diffusée mercredi n'avoir étonnamment découvert le trou béant qu'une fois de retour sur le tarmac. « Une explosion dans mes oreilles, puis un souffle d'air », s'est souvenue Emily Wiprud dans cet entretien accordé à la chaîne CBS News. Ce 5 janvier 2024, elle copilote un Boeing 737 MAX 9, qui a décollé peu de temps avant de Portland, dans l'Oregon, pour rejoindre la Californie. « Mon corps a été poussé vers l'avant et il y a eu également une forte détonation », a-t-elle ajouté. « C'était incroyablement bruyant. » Capitaine et co-pilote se concentrent alors sur un atterrissage en urgence. Emily Wiprud l'ignore, mais l'appareil vient de perdre une porte-bouchon, un opercule condamnant une issue de secours redondante. « Je n'ai pas su avant notre atterrissage qu'il y avait un trou dans l'avion », relate-t-elle. Une fois l'appareil de retour sur la terre ferme, son souci est de vérifier que tout le monde est bien là : « J'ai ouvert la porte du poste de pilotage et j'ai vu des centaines d'yeux calmes et silencieux qui me regardaient. » Avec le pilote, elle recevra jeudi un prix remis par l'Association des pilotes de ligne (Air Line Pilots Association), pour son professionnalisme. L'Agence de sécurité des transports (NTSB) a publié début février un rapport préliminaire accablant pour Boeing : quatre boulons prévus pour empêcher que la porte-bouchon ne se déplace étaient manquants.
(Avec AFP)
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