Hermès affiche des recettes insolentes, mais l'horlogerie est à la peine, pénalisée par la loi chinoise et l'évolution de la demande. Le maroquinier tente d'y répondre avec des créations pour femmes et de nouvelles formes de commercialisation.
La mécanique de l'horlogerie Hermès coince toujours, surtout en Chine. De toutes ses activités, elle est là seule à enregistrer un recul (de 6,7% à 67,2 millions d'euros) au premier semestre d'après les résultats publiés ce jeudi. Ces derniers sont globalement positifs: son chiffre d'affaires croît de 12% à taux constants et son résultat opérationnel atteint 621 millions d'euros, les fluctuations de devises pesant à hauteur de 70 millions d'euros sur son activité.
L'environnement économique incertain et le marché fortement concurrentiel ont provoqué un ralentissement des achats des détaillants horlogers multimarques.
Dans ce contexte, Hermès avance une ébauche de solution. Axel Dumas, le PDG d'Hermès, a précisé lors de la conférence suivant la publication de ces résultats ce jeudi: "il faudra prévoir une requalification" de l'offre " sur le "féminin notamment".
Loi anti-corruption et montres
Le patron de la maison familiale dit vouloir "miser sur le long terme". Le maroquinier compte lancer un nouveau "plan de création et de commercialisation". Il faudra donc s'attendre à de nouvelles collections et des investissements, notamment en marketing. Sur ce point, Hermès a de quoi voir venir puisque le groupe détenait 1,017 milliard de trésorerie nette au total. Et pour la seule année 2014, il a prévu en tout 300 millions euros d'investissements (en ouvertures et rénovations de magasins, mais aussi dans des sites de productions en Franche-Comté).
Pour l'instant, le maroquinier se montre plutôt frileux vis-à-vis de la vente en ligne. Pour célèbres sacs Birkin ou Kelly, par exemple, son site officiel renvoie vers son réseau de magasins physiques. Pour s'en procurer en ligne, il faut passer par des sites - florissants - spécialisés dans les ventes de seconde main. Toutefois, le célèbre sellier du Faubourg Saint-Honoré semble succomber peu à peu aux sirènes du e-commerce, même pour ses produits-phares. Ainsi fin septembre prévoit-il le lancement d'un site dédiés à ses fameux carrés de soie...