Restauration : bientôt un label pour garantir le respect des normes d'hygiène ?

Vert, orange ou rouge, le smiley aurait une fonction à la fois "d'information et de pégagogie", selon la Direction générale de l'alimentation (DGAL) du ministère de l'Agriculture, qui espère l'expérimenter dès "le courant 2015".
La mesure traduit le principe de la mise en transparence des résultats des contrôles effectués par la DGAL dans tous les établissements, inscrit dans la Loi d'avenir pour l'agriculture qui doit être formellement adoptée jeudi par le Parlement.
La mesure traduit "le principe de la mise en transparence des résultats des contrôles" effectués par la DGAL dans tous les établissements, inscrit dans la Loi d'avenir pour l'agriculture qui doit être formellement adoptée jeudi par le Parlement. (Crédits : © 2009 Thomson Reuters)

Il y a déjà le label "Maître restaurateur" né en 2008 et, depuis juillet, celui "fait maison". Une nouvelle étiquette, obligatoire celle-ci, pourrait bientôt être affichée par les restaurants: un smiley annonçant la conformité de l'établissement aux normes sanitaires.

Vert, orange ou rouge en fonction du niveau d'hygiène reconnu par la Direction générale de l'alimentation (DGAL) du ministère de l'Agriculture, qui contrôle la sécurité des assiettes françaises, il permettrait non seulement de renseigner les clients mais aussi d'inciter les restaurateurs à plus de vertu, espère le directeur de la DGAL Patrick Dehaumont.

Une expérimentation dès "le courant 2015"

La mesure doit être formellement adoptée jeudi par le Parlement, lors du vote définitif de la Loi d'avenir pour l'agriculture, qui inscrit "le principe de la mise en transparence des résultats des contrôles" effectués par la DGAL dans tous les établissements (industrie et restauration commerciale), a expliqué lundi à l'AFP Patrick Dehaumont. Celui-ci souhaite lancer une expérimentation dès "le courant 2015", en commençant par une région ou un département.

Il reconnaît néanmoins que la fréquence de révision des contrôles doit encore être affinée. "On ne va pas laisser un établissement au vert pendant dix ans sans vérifier", relève-t-il, en soulignant que, de toute façon, un restaurant classé "rouge" fera l'objet de contrôles intenses voire d'une mesure immédiate ordonnant des travaux de mise aux normes ou la fermeture.

Faute de pouvoir compter sur des effectifs supplémentaires, les 4.700 agents actuels de la DGAL pourraient d'ailleurs s'appuyer sur des "organismes délégataires" rémunérés par les professionnels, indique encore Patrick Dehaumont.

Une pratique qui "existe déjà dans certains pays"

Cette pratique, visant à garantir que "tout citoyen" ait "accès au résultat des contrôles", "existe déjà dans certains pays", observe Patrick Dehaumont, citant le Danemark, New York ou Shanghai. "Les professionnels sont tous demandeurs car c'est un bon moyen d'assainir la profession", assure-t-il.

Selon l'AFP, toutefois, ces derniers s'en réjouissent modérément, jugeant parfois l'annonce un peu précoce alors que la mesure, dans sa philosophie, n'a été qu'évoquée au ministère de l'Agriculture. Si pour Dominique Bénézet, délégué général du Syndicat national de l'alimentation et de la restauration rapide (SNARR) "l'idée n'est pas mauvaise, sous réserve qu'elle soit correctement mise en oeuvre", Jean-Pierre Chedal, président de la branche "restauration" du Syndicat national des hôteliers, restaurateurs, cafetiers et traiteurs (Synhorcat) souligne pour sa part le risque de "stigmatiser" certains établissements.

 Le gouvernement tempère

Lundi soir, dans un communiqué, le ministre de l'Agriculture Stéphane Le Foll a donc tenu à se montrer prudent:

"La manière dont les résultats de ces contrôles (effectués par la DGAL, ndlr) seront rendus publics n'est pas prévue par la loi (d'avenir de l'agriculture, ndlr). les modalités de cette publicité seront arrêtées suite à une large concertation" entre le gouvernement et les professionnels.

La secrétaire d'Etat chargée de la Consommation, Carole Delga, s'est pour sa part dite "très réservée" quant à la proposition de la DGAL, ajoutant qu'elle serait "très vigilante quant à la concertation menée avec les professionnels de la restauration".

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Commentaires 7
à écrit le 11/09/2014 à 0:15
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Ces smileys vert orange ou rouge apposés au dessus de la caisse des restaurants existent en Chine depuis plus d'une décennie...

à écrit le 10/09/2014 à 23:45
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Une pastille verte n'est pas gage de bonne cuisine mais juste que les règles d'hygiène sont respectés ce qui est un minimum du minimum

à écrit le 10/09/2014 à 22:00
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D'accord avec Guess ! Le respect des règles d'hygiène n'est pas une option facultative. Et la garantie qu'elles sont respectées doit être apportée par l'Etat qui a une obligation de moyens : des contrôleurs en nombre suffisants sur tout le territoire...

à écrit le 10/09/2014 à 18:58
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L'autocollant est juste une fumisterie de trop . Les règles d'hygiène doivent être appliquées , il n'y a pas de demi mesures .La santé des gens en dépend. Au restaurateur d'appliquer les règles, sinon il change de métier.

à écrit le 10/09/2014 à 17:08
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Garanti 100 % minerai du fondement...

à écrit le 10/09/2014 à 15:31
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un autocollant représentant une crotte de chien ... devrait l'affaire !

à écrit le 10/09/2014 à 15:15
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Idée ridicule vue la fréquence des contrôles dans notre pays. Étant donnée la conjoncture actuelle, c'est pas demain que la situation risque de s'améliorer !

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