A l'Office français de la biodiversité, les propos de Bayrou ne passent pas
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Les tensions ne cessent de croître entre les agriculteurs et l'Office français de la biodiversité (OFB), avec au milieu un gouvernement tiraillé. Au point que vendredi, la présidente du conseil d'administration de l'agence étatique chargée de protéger la faune et la flore du pays, Sylvie Gustave-Dit-Duflot, s'est saisie de sa « liberté de parole d'élue locale » -elle est vice-présidente de la Région Guadeloupe-, pour exprimer publiquement sa « colère ». « Nous en avons assez de ce qui se passe depuis plus d'un an et demi à l'encontre de l'OFB et des agents », a-t-elle déclaré dans une interview à l'AFP.
La présidente s'est notamment explicitement adressée à François Bayrou. « Lorsque le Premier ministre prend directement à partie l'OFB sans avoir pris la peine de s'intéresser à nos missions, à ses enjeux, c'est inconcevable, c'est une faute (...) », a-t-elle lancé. Dans la foulée, ce sont les organisations des salariés de l'agence qui se sont publiquement et collectivement insurgées. L'intersyndicale OFB a diffusé un « mot d'ordre ». « En réponse à la remise en cause incessante de (leurs) missions et afin d'éviter de commettre des 'fautes' », l'intersyndicale a appelé « l'ensemble des personnels à rester au bureau », en suspendant toutes leurs missions de police, mais aussi toute autre mission vers le monde agricole.
Tout au long de l'année passée, les tensions entre le monde agricole et l'OFB, créé en 2019 pour répondre selon Emmanuel Macron au « combat du siècle », ont crû proportionnellement à la colère des agriculteurs. Dans leurs revendications et manifestations, ces derniers ont ciblé de plus en plus l'Office, qu'ils accusent de mener des contrôles humiliants et sources de tracas. Après un incendie du siège de Brest en 2023, depuis 2024 « plus de 55 agressions » auraient été subies par l'établissement et les agents, calcule Sylvie Gustave-Dit-Duflot.
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Une paix éphémère semblait toutefois avoir été trouvée depuis l'envoi, le 3 décembre dernier, d'une circulaire des ministres de l'Agriculture, Annie Genevard, et de la Transition écologique, Agnès Pannier-Runacher, à l'OFB et aux préfets. Cette circulaire demandait « un port discret des armes » lors de contrôles administratifs des installations agricoles.