La rentabilité des fermes françaises est aussi grevée par leur petite taille, de 70 hectares en moyenne, « qui rend plus difficile d'opérer des économies d'échelle », analyse Aurélie Catallo, directrice Agriculture France à l'Iddri.
Les partisans du texte insistent sur les effets catastrophiques des normes environnementales sur la compétitivité de l'agriculture française. Mais d'autres facteurs pèsent beaucoup plus lourdement.
« Cette loi, d'initiative parlementaire, vise à répondre à une situation d'urgence que vivent certaines filières et à éviter, demain, qu'elles ne s'éteignent. Une filière française qui s'éteint, c'est une filière qui ne réapparaîtra pas », a mis également en garde lundi, dans un message sur X, la ministre de l'Agriculture Annie Genevard, en réagissant elle aussi à la pétition.
Des obstacles aux« capacités de production française »
L'inquiétude face au constat d'une perte croissante de compétitivité de l'agriculture française est très largement partagée. Les derniers chiffres, publiés par l'Insee le 3 juillet, sur « les comptes nationaux provisoires de l'agriculture en 2024 », font état d'une baisse de 9 % de la production agricole par rapport à l'année précédente. Or « toute baisse de la production a un effet sur la disponibilité et donc sur les exportations », rappelle Thierry Pouch, chef du service économique de Chambres d'agriculture France.
En parallèle, « on importe de plus en plus de produits qui ne correspondent pas à nos standards de production », déplore Dominique Chargé, président de La Coopération agricole : poulets, œufs, moutons etc., énumère-t-il. Résultat : « le commerce extérieur français est en train de plonger », s'alarme Thierry Pouch. En 2024, selon l'Insee, le solde de la balance commerciale agroalimentaire calait à 5 milliards d'euros : le deuxième plus bas record (après 2009) depuis 2000.
Pour les partisans de la loi Duplomb, cette perte de compétitivité dépend étroitement des obstacles aux « capacités de production française » (produits phytosanitaires, eau) qu'elle veut justement lever. « En France, on n'a pas les moyens de produire ce que mangent les Français. On a trop misé sur une agriculture haut de gamme que peu de gens peuvent se permettre de consommer », analyse Dominique Chargé. « Tous les agriculteurs sont concernés par cette difficulté à développer une production "entrée ou cœur de gamme", de qualité mais accessible : le poulet du sandwich, pour faire un exemple. Et la loi Duplomb, même si elle ne va pas assez loin, adresse ce problème », estime l'agriculteur.
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