Les négociations entre les distributeurs et leurs fournisseurs de marques nationales doivent se conclure, selon la loi française, avant le 1er mars. Les distributeurs se montrent confiants sur leur capacité à obtenir une stabilisation des tarifs.Tous les ans, le scénario est le même : dans les espaces dévolus aux négociations commerciales entre les distributeurs et leurs fournisseurs de marques nationales, l'atmosphère est plus incandescente que jamais le 28 février. La loi française fixe en effet au 1er mars la date limite pour la conclusion de leurs négociations commerciales annuelles, et on continue de se battre jusqu'à la dernière minute.
Cette année ne fait pas exception. Il y a dix jours, lors du dernier comité de suivi des négociations organisé par le gouvernement, plus de la moitié des contrats des plus grandes entreprises agroalimentaires devaient encore être signés. La ministre de l'Agriculture, Annie Genevard, avec celle chargée du Commerce, Véronique Louwagie, ont insisté sur la nécessité de respecter la date butoir, en promettant des contrôles.
Un enjeu de survie pour les enseignes
Le différend est lui aussi toujours le même. Les agro-industriels essaient d'obtenir des hausses de leurs tarifs, en faisant valoir des augmentations de leurs coûts de production, ainsi que leur besoin de préserver leurs marges pour pouvoir investir. Les grandes enseignes demandent, elles, des baisses, au nom de la défense du pouvoir d'achat des consommateurs. Chaque partie use des moyens de pression dont elle dispose : menaces de quitter la table, de déréférencer certains produits, mais aussi prises de parole publique, communiqués de presse, lobbying politique, etc.
Jusqu'aux premiers bilans qui seront faits début mars, on ne peut pas savoir exactement quel sera le résultat commercial de la bataille cette année — lequel ne sera d'ailleurs qu'un préalable des prix pratiqués en rayon, qui dépendront ensuite des stratégies de la grande distribution. Mais les distributeurs se montrent très confiants. « Dans 98 % des cas, on parviendra à un accord dans les temps », a assuré mercredi, au Salon international de l'agriculture, Alexandre Bompard, PDG de Carrefour et président de la Fédération du commerce et de la distribution. « On obtiendra au moins une stabilisation des tarifs », estime son entourage.