Cinq enseignes de la grande distribution promettent des actions concrètes pour soutenir les agriculteurs. Sans pour autant inclure le maillon intermédiaire de la chaîne : l’agro-industrie.Le moment, inédit, a attiré en grand nombre les journalistes présents cette semaine au Salon international de l'agriculture (SIA) : mercredi matin, les patrons de cinq des six grandes enseignes de distribution de l'Hexagone y étaient réunis pour une conférence de presse commune. L'objectif : présenter trois actions partagées « pour soutenir l'agriculture française », à l'initiative de l'animatrice de l'émission L'amour est dans le pré, Karine Le Marchand.
Alors même que la consolidation en cours du secteur de la grande distribution aiguise de plus en plus la concurrence entre ses acteurs, Alexandre Bompard, PDG de Carrefour, Thierry Cotillard, président des Mousquetaires, Guillaume Darrasse, DG d'Auchan Retail, Philippe Palazzi, DG du groupe Casino, et Dominique Schelcher, PDG de Coopérative U, s'y sont aimablement passé le microphone pour décrire à tour de rôle leurs projets. Seul Leclerc, le leader du marché, était absent.
Alertes et observatoire
Concrètement, les cinq grandes enseignes se sont engagées à « écouler en direct, sans intermédiaire », et à mettre en avant dans leurs magasins les productions des petits exploitants en difficulté financière au prix que ces derniers auront eux-mêmes fixés, sans les négocier. La démarche sera ouverte aux producteurs situés à moins de 100 kilomètres de quelque 20 000 points de vente, ayant au maximum deux salariés et pas d'accord en cours avec une plateforme de la distribution. Une charte précise les engagements des deux parties.
Les distributeurs ont également promis de lancer un dispositif d'« alerte surproduction ». Lorsque FranceAgriMer constatera des prix sous un seuil de prix anormalement bas pendant plusieurs jours consécutifs (de deux à cinq jours selon le produit), les distributeurs feront « leur maximum afin d'écouler les excédents, avec une signalétique dédiée, une théâtralisation » (etc.), a assuré Alexandre Bompard, en expliquant qu'il s'agit d'« industrialiser ce que chaque magasin fait déjà aujourd'hui » tout seul. Karine Le Marchand envisage également une « mobilisation des médias pour une
diffusion massive des alertes », et donc des consommateurs, « toujours aux côtés du monde agricole ».